Syrie : deux explosions non loin de l’hôtel où se trouvait Emmanuel Macron pendant sa visite à Damas

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Deux explosions ont retenti, mardi 7 juillet 2026, à proximité de l’hôtel Four Seasons de Damas, quelques heures après le départ du président français Emmanuel Macron, qui y avait passé la nuit lors d’une visite historique en Syrie. Premier dirigeant occidental à se rendre dans le pays depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024, le chef de l’État français était venu discuter avec son homologue Ahmad al-Chareh de la reconstruction du pays et de la consolidation de son unité, dans un contexte sécuritaire toujours très fragile.

Alors que la Syrie traverse un fragile processus de pacification après plus d’une décennie de guerre, le chef de l’Elysée était arrivé lundi dans la soirée. Avant tout, le président français avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, au moment où il avait fait le pari d’accompagner la transition syrienne en s’affichant à l’Elysée avec cet ancien jihadiste. Et de fait, malgré les critiques de ses opposants de droite et d’extrême droite en France, pays encore marqué par les attentats jihadistes de 2015, orchestrés depuis la Syrie.

La localisation des deux bombes qui ont explosé

D’après la présidence française, le chef de l’État Emmanuel Macron avait quitté l’hôtel Four Seasons au moment où les deux explosions sont survenues. Il se trouvait par la suite en milieu de journée au palais présidentiel pour un entretien élargi des dirigeants français et syriens avec leur délégation, qui devait être suivi d’un tête-à-tête avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Le ministère de l’Intérieur précise que l’une des bombes « artisanales » était placée dans un véhicule garé en bord de route, tout en faisant état de 18 blessés, dont quatre policiers. Un cambiste témoin de la scène a relaté à l’Agence France-Presse (AFP) « J’ai vu trois membres des forces de sécurité blessés étendus par terre ». D’un autre côté, selon une source du ministère de l’Intérieur, citée par l’agence officielle Sana, les forces de sécurité ont découvert les bombes qui ont explosé au moment où elles tentaient de les démanteler.


Les mesures d’urgences prises par les forces de l’ordre

Selon deux journalistes de l’AFP qui en faisaient partie, les déflagrations n’ont pas été entendues depuise cortège présidentiel. Cependant, d’autres journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont vu des traces de sang sur le trotoir et des fragments métalliques, près de l’hôtel Four Seasons. En face, des fenêtres du ministère du Tourisme ont été brisées par les explosions. En ce sens,  des forces de sécurité sont déployées en force sur les lieux et interdisent l’accent à la presse alors que des ambulances se sont dirigées vers les lieux. De plus, le locataire de l’Elysée s’était réuni plus tôt le matin avec des représentants de la société civile dans cet hôtel. Ces derniers ont été emmenés par la sécurité de l’hôtel au garage par mesure de précaution après les deux explosions, a indiqué l’un des participants à l’AFP.

Aucune inquiétude sur la poursuite de l’agenda du président français

Malgré les deux explosions, le programme présidentiel est maintenu. En effet, au moment des attentats, le chef de l’État et la délégation française, ministres et chefs d’entreprise, venaient d’arriver au palais présidentiel, puis accueillis par le président Amed al-Charaa, ancien djihadiste devenu président il y a 18 mois, de ce pays que la France veut aider à reconstruire après dictature et 14 ans de guerre civile.

Ainsi, malgré les événements, tout se maintient. « Nous avons fait ce voyage en connaissance de cause. J’ai une pensée pour les blessés de ce matin. J’espère que la santé et la situation de chacun s’amélioreront dans les meilleurs délais », a déclaré Emmanuel Macron. Au total il y a 18 blessés.

Une visite effectuée par le locataire de l’Élysée au moment inopportun

« Les actes terroristes ne vont pas nous dissuader de stabiliser le pays », a réagi une source du ministère des Affaires étrangères syrien auprès de l’Agence France-Presse (AFP). De son côté, l’Élysée avait souligné « C’est une visite de courage », surtout que le président français a choisi de passer la nuit dans la capitale syrienne malgré les risques de sécurité. Or, Paris avait refusé d’annoncer sa visite jusqu’à son aterrissage.

En marge de cette visite, Emmanuel Macron participé à un « forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie », au cours duquel il a souligné, comme son homologue, le souhait de voir la Syrie retrouver son rôle de carrefour énergétique, notamment après le verrouillage par Téhéran du détroit stratégique d’Ormuz

« Nous voulons que la France soit notre premier partenaire dans ce parcours », a dit M. Chareh.

Ainsi, le président français a dans la soirée, comme prévu, quitté la Syrie avec des promesses de contrat pour les entreprises françaises.

« Premier déplacement d’un chef d’État occidental depuis la chute de Bachar al-Assad. Cette visite aura été aussi historique que mouvementée dans ce pays où la paix reste encore très fragile », commente Arnaud Miguet, de France Télévisions Moyen-Orient.

En effet, si l’Elysée inscrit ce déplacement à Damas dans le droit fil du soutien français à la révolution syrienne, le président de la République Française devrait insister sur la nécessité d’inclure pacifiquement à l’État syrien les Kurdes, qui ont combattu avec les occidentaux contre le groupe jihadiste Etat islamique. Et de protéger les minorités. En ce sens le président syrien Ahmad al-Chareh s’est engagé, mais le pays a été le théâtre de massacres d’alaouites en mars 2025 et d’affrontements sanglants avec des combattants druzes il y a un an.

Qui sont le groupe jihadiste, les Kurdes et les druzes ?

Quand on évoque les groupes armés contre lesquels luttent les forces nationales et internationales au Sahara et au Sahel, de qui parle-t-on ?

Cette question a été posée à Mathieu Pellerin par la RFI.

Mathieu Pellerin répond : On parle de deux entités jihadistes principales. D’un côté, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), qui regroupe différents groupes au Sahel se revendiquant d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) : il s’agit principalement d’Ansar Dine et de sa katiba Macina, de la katiba al-Furqan et d’al-Mourabitoune. De l’autre, l’État islamique dans la Province d’Afrique de l’Ouest (Iswap) qui opère à travers deux branches, l’une dans le lac Tchad et au nord-est du Nigeria, la seconde dont le foyer se situe dans la région de Ménaka, au Mali, et qui s’étend dans une zone du Liptako-Gourma, et même désormais au-delà (EIGS). Deux autres groupes opèrent au Nigeria, l’aile de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau et appelée Groupe sunnite pour la prédication et le jihad et Ansaru, lui-même dissident historique de Boko Haram.

TV5Monde note que les Kurdes c’est une minorité organisée, qui représentent entre 8 et 15 % des Syriens. Longtemps opposés au régime de Bachar Al-Assad, ils étaient l’une de ses cibles favorites. Ils s’opposaient aussi aux djihadistes, refusant de choisir un camp ou l’autre. C’est la raison pour laquelle il avait fondé les Forces démocratiques syriennes (FDS), l’un des principaux groupes armés lors de la guerre civile.

Pour ce qui est des Druzes, ce sont des nouvelles cibles. Les derniers en date à avoir été visés par les attaques. Des Bédouins, une autre minorité, puis l’armée syrienne ont pénétré la région de Soueïda, fief de cette communauté. Selon la Radio France Internationale (RFI), des affrontements ont fait une centaine de morts en deux jours. Après des frappes israéliennes dont on ignore le bilan pour le moment, un cessez-le-feu a été annoncé. Plus de 3 % de la population syrienne est Druze. Minority Rights note que cette communauté se distingue par une pratique de la foi musulmane dissidente. Surtout, elle ne fait aucun prosélytisme.

Par ailleurs, il s’agit des Alaouites, récemment déchus. En réalité, pendant un demi-siècle, ce sont des Alaouites qui ont dirigé la Syrie. La dynastie Al-Assad était de ce courant religieux, qui comme les Druzes, s’écarte de l’Islam traditionnel. Voilà pourquoi cette communauté fait l’objet de nombreuses attaques depuis la chute de Bachar Al-Assad. Or avant cela, alors que le despote était encore au pouvoir, les Alaouites étaient ciblés par des groupes djihadistes, qui les accusaient d’être trop étroitement liés et favorisés par le régime syrien. Parallèlement trop proches des Assad pour être laissés tranquille quand ils étaient au pouvoir, trop proche aussi pour ne pas subir la vengeance de leurs ennemis après.


RÉFÉRENCES

https://www.rts.ch › Damas : deux bombes explosent non loin de l’hôtel de Macron/consulté le mercredi 8 juillet 2026.

https://www.midilibre.fr › Druzes, Alaouites, Kurdes… qui sont les minorités victimes de violence ?/consulté le mercredi 8 juillet 2026.

https://www.ifri.org › Qui sont les djihadistes en Afrique de l’Ouest ?/consulté le mercredi 8 juillet 2026.

https://www.tvanouvelles.ca › Deux attentats à la bombe se sont produits mardi matin à proximité de l’hôtel où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit, dans le centre de Damas, faisant 18 blessés selon les autorités syriennes/consulté le mercredi 8 juillet 2016.

https://www.franceinfo.fr › Explosions à Damas : la visite d’Emmanuel Macron en Syrie sous haute tension/consulté le mercredi 8 juillet 2026.

https://www.noovo.info › Attentats à la bombe à Damas lors de la visite d’Emmanuel Macron/consulté le mercredi 8 juillet 2026.

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