Revirement à droite : la présidentielle au Pérou remportée par la candidate ultraconservatrice Keiko Fujimori

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Lundi 29 juin 2026, au Pérou, c’est le retour du « fujimorisme » au pouvoir, avec la victoire de la candidate de droite Keiko Fujimori de la présidentielle péruvienne, après un suspense de trois semaines, plus de deux décennies après la fin de règne de son père, Alberto Fujimori.

La série des pays en Amérique latine faisant des virages au point de vue idéologique vers l’extrême droite se poursuit. Peu de temps après le revirement de la Colombie avec Abelardo de la Espriella, ajoutant les premiers comme Nayib Bukele au Salvador, Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili, Laura Fernández au Costa Rica, le Pérou vient de rentrer dans la liste avec Keiko Fujimori. Selon les résultats définitifs publiés sur le site internet de l’Office National des Processus Electoraux (ONPE), la candidate de droite Keiko Fujimori a été officiellement déclarée vainqueure du second tour de la présidentielle par l’autorité électorale avec 50,13 % des voix contre 49,86 % à son arival de gauche, Roberto Sanchez.

Lundi 29 juin 2026, au Pérou, selon les résultats définitifs publiés sur le site internet de l’office national des processus électoraux (ONPE) par la commission électorale, le second tour de l’élection présidentielle péruvienne a été remportée par la candidate de la droite autoritaire Keiko Fujimori avec une très faible majorité de 50, 13 % des voix.

La candidate ultraconservatrice est la fille du défunt dictateur Alberto Fujimori, elle a devancé le candidat de gauche Roberto Sanchez, lors de sa quatrième candidature à la présidence. En effet, selon ce que rapporte le correspondant de la Radio France Internationale (RFI) à Lima, Martin Chabal, après 15 ans d’échec à la présidentielle, Keiko Fujimori est virtuellement élue présidente de la République au Pérou.

Âgée de 51 ans, sa victoire vient de marquer le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la fin du règne de son père Alberto Fujimori (1990-2000), qui a gouverné le pays d’une main de fer avant de tomber en disgrâce, condamné pour corruption et crimes contre l’humanité pour des massacres et des stérilisations forcées perpétrés pendant qu’il dirigeait le pays entre 90 et 2000 et son image cristallise ou cristallisait beaucoup de rejet de la part des Péruviens.

Le déroulement du deuxième tour remporté par la candidate ultraconservatrice

Ce second tour est l’un des scrutins les plus serrés de l’histoire récente en Amérique latine, entre les deux rivaux l’écart final étant de 50 000 voix sur plus de 18 millions de votants. Keiko Fujimori hérite tout de même d’un pays coupé en deux, où quasiment 50 % des électeurs, notamment dans les Andes et les régions rurales, ont voté pour son adversaire, et les prochaines semaines s’annoncent déjà agitées alors qu’elle n’aura pas encore été officiellement déclarée vainqueure. Dans un pays frappé par une montée de la criminalité, elle a fait de l’«ordre» son principal slogan. « La gauche conduit à la pauvreté et au chaos », a-t-elle assuré en parlant de son adversaire.

Par ailleurs, le camp Fujimori attendait l’officialisation de la victoire, la candidate ayant depuis la semaine dernière une avance que son rival ne pouvait plus combler. Cependant, Roberto Sanchez, son adversaire, lui, âgé de 57 ans, héritier politique de l’ex-chef de l’État Pedro Castillo, a laissé entendre qu’il ne reconnaîtrait pas le résultat et réclame du même coup, l’annulation des votes des Péruviens à l’étranger, dénonçant des irrégularités.

Depuis 2016, sur fond de crises institutionnelles, en d’autres termes en raison de la forte instabilité politique dans le pays andin, huit présidents se sont succédé, ce scrutin était censé y mettre un terme. Ainsi, la passation de pouvoir avec le président par intérim, José Maria Balcazar, est prévue le 28 juillet.

La nouvelle présidente élue dans un pays divisé

« Chaque jour plus près d’un chemin d’ordre et d’espoir pour tous les Péruviens », a publié Mme Fujimori sur X. « Attendons avec beaucoup d’humilité, de prudence et de responsabilité la proclamation du JNE », le Jury national électoral qui la désignera présidente élue, a-t-elle ajouté. Mme Fujimori a reconnu hériter d’un pays « fragmenté » par une campagne polarisée et le faible écart sorti des urnes au second tour. « Nous savons que le pays est divisé. Nous avons la grande responsabilité d’écouter les deux camps. Les portes du dialogue sont ouvertes » pour Roberto Sanchez et l’ensemble des forces politiques du pays, a-t-elle assuré.

Elle est issue d’une famille d’origine japonaise, elle est connue des Péruviens comme Keiko, mais aussi surnommée « la china », un sobriquet souvent utilisé au Pérou pour désigner les personnes d’origine asiatique.  La candidate ultraconservatrice a passé plus d’un an en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent liée au scandale Odebrecht, une affaire de corruption dans le BTP qui a touché une grande partie de l’Amérique du Sud. « J’ai aussi commis des erreurs, notamment en ayant parfois une attitude très conflictuelle », reconnaît cette mère de deux filles, divorcée d’un Américain.

Le profil de la candidate péruvienne de droite élue, Keiko Fujimori

Keiko Fujimori qui a remporté la présidentielle au Pérou au terme d’un scrutin extrêmement serré, est quadruple candidate en raison de ses trois défaites lors des scrutins de 2011, 2016 et 2021. Elle est la fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori (président de 1990 à 2000). Ce moment qu’elle attendait depuis seize ans est enfin arrivé. Selon la description que font nombreux analystes, elle est non seulement une figure incontournable, mais aussi « la personnalité la plus imfluente de la politique péruvienne ».

La dirigeante du parti Fuerza Popular (FP, Force Populaire) a emporté l’élection avec 50,13% des voix et 49.641 voix d’avance. De plus, ancienne députée, Keiko Fujimori est diplômée en administration aux États-Unis, elle a grandi au plus près du pouvoir. Après le divorce de ses parents, a seulement 19 ans, elle devient Première dame du Pérou sous la présidence de son père, Alberto Fujimori, et côtoie alors chefs d’État et dirigeants étrangers.

Par ailleurs, compte tenu de son héritage politique lourd à porter, au Pérou, son nom reste intimement lié à celui de son père, personnage aussi influent que controversé. Crédité de la défaite des guérillas du Sentier Lumineux et du Mouvement Revolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), Alberto Fujimori a également été condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité pour deux massacres de civils par un escadron de l’armée dans le cadre de la lutte contre la guérilla maoïste.

En effet, si cette filiation lui a assuré une base électorale solide, être l’héritière d’Alberto Fujimori continue d’alimenter une forte hostilité envers elle, au point de lui avoir barré à trois reprises l’accès à la présidence. « C’est une marque bien positionnée, qu’on l’apprécie ou non », a résumé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) le politologue Jorge Aragon.

La perception du camp de la candidate ultraconservatrice et de ses adversaires

Keiko Fujimori au Pérou, une « fille de » sans remords. De ce fait, pour ses partisans comme pour ses détracteurs, elle reste indissociable de la figure tutélaire de son père. Cet héritage lui a garanti un électorat fidèle mais suscite également un profond rejet, car Alberto Fujimori est jusqu’à présent un personnage clivant au Pérou.

Keiko Fujimori, l’ancienne Première dame et députée de droite, estime que cette opposition au fujimorisme a dominé la vie politique du pays depuis la chute de son père. « Depuis vingt-cinq ans, le Pérou est gouverné par des gouvernements antifujimoristes », affirme-t-elle, accusant ses adversaires d’avoir alimenté la « haine » et la « division ». Ses détracteurs lui reprochent, au contraire, d’avoir contribué à l’instabilité chronique du pays, qui a connu huit présidents en dix ans, du fait de l’influence exercée par son camp au Parlement.

Entre quelques opinions en sa faveur et la réaction du candidat malheureux Roberto Sanchez

« Elle va bien gouverner parce qu’elle a de bonnes propositions et qu’elle a la volonté de faire quelque chose pour le Pérou », a estimé à l’Agence France-Presse (AFP) Jenny Martínez, commerçante de 40 ans dans un quartier populaire au nord de Lima. Par ailleurs, Mme Fujimori a promis de “sévir” contre les extorsions et les assassinats commandités, alors que l’insécurité constitue l’autre grande préoccupation des électeurs : près de 70% des Péruviens espèrent que la lutte contre la criminalité sera la priorité du futur président, selon un récent sondage.

Le pays a “un besoin urgent” de “résultats à très court terme”, concède à l’AFP Ricardo Valdés, directeur de l’Observatoire du crime et de la violence. Mais “cela va s’avérer très complexe car ces mesures nécessitent du temps”.

D’un autre côté, Roberto Sanchez, le candidat vaincu, a pris la tête samedi, pour le second week-end consécutif, d’une marche de centaines de sympathisants à Lima dénonçant “une grave atteinte au processus électoral”.

« Nous allons saisir des instances internationales pour que la volonté du peuple soit reconnue », a-t-il lancé à la foule depuis un balcon avant le début de la mobilisation. Ainsi, les partisans du candidat de gauche à la présidence péruvienne, Roberto Sanchez, participe à une manifestation à Lima le 27 juin 2026.

Les promesses de la présidente élue et l’ancienne députée

Fraîchement déclarée vainqueure de la présidentielle, Fujimori promet « réconciliation et unité ». De ce fait, la présidente désignée du Pérou, Keiko Fujimori, a promis mardi d’engager un processus de « réconciliation et d’unité » pour « soigner » les blessures du pays, lors de sa première interview depuis sa victoire.

« Le Pérou doit soigner ses blessures et l’une des responsabilités les plus grandes qui m’incombent est de rechercher un processus profond de réconciliation et d’unité », a-t-elle expliqué au présentateur et ex-journaliste cubain de CNN Ismael Cala dans son balado. Ainsi, parmi les principaux défis qu’elle devra relever figure la hausse de la criminalité dans un pays particulièrement instable politiquement, avec huit présidents différents sur la dernière décennie.

Par ailleurs, elle a également dit espérer que son projet de gouvernement et la composition de son équipe incarneront un « facteur de confiance, de crédibilité et de prédictibilité dont le secteur privé a besoin ».

« Je suis très institutionnelle, totalement respectueuse de l’État de droit et de la démocratie », a-t-elle répondu, questionnée sur l’héritage politique de son père. En bref, la présidente désignée, fille de l’ex-dirigeant Alberto Fujimori (1990-2000), prendra ses fonctions le 28 juillet, pour un mandat courant jusqu’en 2031.

RÉFÉRENCES

https://www.rfi.fr › Présidentielle au Pérou : la candidate ultraconservatrice Keiko Fujimori déclarée vainqueure, avec 50,13%/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

https://www.cnews.fr › Pérou : qui est Keiko Fujimori, la nouvelle présidente ?/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

https://www.lemonde.fr › Au Pérou, Keiko Fujimori officiellement élue présidente avec 50,13 % des voix/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

https://www.huffingtonpost.fr › Trois semaines après le second tour, le résultat de la présidentielle au Pérou est enfin officiel/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

https://information.tv5monde.com › Le Pérou repasse avec Keiko Fujimori, proclamée gagnante de la présidentielle/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

https://www.lapresse.ca › Tout juste victorieuse de la présidentielle, Fujimori « réconciliation et unité »/consulté le jeudi 2 juillet 2026.

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