Russie : pénurie de carburant après des frappes ukrainiennes sur des raffineries pétrolières

Loading

Quatre ans après le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le conflit continue de produire des conséquences inédites sur le territoire russe. Dans le troisième pays producteur mondial de pétrole, de longues files d’attente se forment désormais devant les stations-service encore ouvertes, où les automobilistes patientent parfois des heures pour obtenir quelques litres d’essence. Cette situation est directement liée aux frappes ukrainiennes contre des infrastructures pétrolières russes.

Lors d’un entretien accordé à la presse le dimanche 29 juin 2026, le président russe, Vladimir Poutine, a reconnu pour la première fois l’existence d’« une certaine pénurie » de carburant, tout en assurant qu’elle ne constituait pas une crise critique. Il a annoncé plusieurs mesures d’urgence afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de « déficit temporaire ».

Une pénurie qui s’étend à plusieurs régions

Sur les réseaux sociaux, la colère des Russes confrontés à la pénurie de carburant devient de plus en plus visible. En reconnaissant publiquement les conséquences des frappes ukrainiennes sur les raffineries, Vladimir Poutine admet, pour la première fois, l’impact de cette campagne militaire menée en profondeur par Kiev.

La crise touche désormais de nombreuses régions du pays, y compris Moscou et sa périphérie. De longues files d’attente se sont formées devant les stations-service encore approvisionnées. Certaines stations ont fermé leurs portes, d’autres ne distribuent plus que du diesel, tandis que les ventes d’essence sont limitées à 20 ou 30 litres par véhicule.

Les régions du centre figurent parmi les plus touchées, mais la Sibérie n’est pas épargnée. Depuis le 23 juin, les autorités régionales, notamment à Irkoutsk, Omsk et Novossibirsk, ont instauré des mesures de rationnement. À Irkoutsk, le gouverneur Igor Kobzev a même déployé des policiers et des membres de la garde nationale dans les stations-service afin de prévenir les trafics, les altercations et les troubles à l’ordre public.

L’Ukraine intensifie ses frappes

Depuis plusieurs semaines, l’Ukraine multiplie les frappes contre des sites militaires, industriels et pétroliers russes. Cette campagne s’inscrit dans une opération baptisée « 40 jours », annoncée le 26 juin 2026 par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Deux jours plus tard, Vladimir Poutine reconnaissait que son pays traversait « une période difficile, voire décisive pour son avenir », lors d’un discours prononcé devant les membres du parti Russie unie.

Selon les autorités ukrainiennes, cette opération ne vise pas principalement des gains territoriaux, mais cherche à affaiblir les capacités militaires russes et à faire ressentir le coût de la guerre jusque dans la vie quotidienne des citoyens russes. Grâce au renforcement de ses capacités en drones et en missiles, Kiev mène désormais des frappes quasi quotidiennes contre plusieurs infrastructures stratégiques russes.

La Russie affirme avoir abattu 419 drones ukrainiens au cours de la nuit du 29 au 30 juin.

Les réseaux sociaux reflètent le mécontentement

Les réseaux sociaux sont devenus le principal espace d’expression des Russes confrontés aux difficultés d’approvisionnement.

Sur Instagram, un habitant de la région d’Irkoutsk affirme avoir parcouru près de 50 kilomètres sans trouver une seule station disposant encore d’essence. Une autre habitante raconte avoir attendu dix-huit heures pour obtenir seulement 20 litres de carburant.

Sur Telegram, plusieurs chaînes diffusent des vidéos humoristiques tournant la situation en dérision. « Le bidon d’essence est devenu l’accessoire le plus tendance de l’été », ironise notamment la chaîne Govoritnié Moskva.

Des infrastructures stratégiques ciblées

Les frappes ukrainiennes visent notamment les dépôts de carburant, les raffineries, les centrales électriques ainsi que plusieurs infrastructures stratégiques.

Selon la correspondante de Radio France Internationale (RFI) à Kiev, Emmanuelle Chaze, deux importantes raffineries ont récemment été touchées : celle de Slaviansk-sur-Kouban, dans la région de Krasnodar, et celle de Iaroslavl, située à plus de 250 kilomètres au nord de Moscou. Cette dernière est capable de produire plus de 15 millions de tonnes de produits pétroliers par an, notamment du diesel et du kérosène destinés à l’aviation.

En Crimée, un pont ferroviaire a également été détruit, tandis que plusieurs explosions ont été signalées à Simferopol, Sébastopol et Féodossia. Une partie importante de la péninsule est désormais privée d’électricité et les autorités russes y ont décrété l’état d’urgence.

Entre ouverture aux négociations et poursuite des combats

Le 29 juin, Vladimir Poutine s’est déclaré prêt à reprendre les négociations avec l’Ukraine sous l’égide des États-Unis.

« Nous sommes prêts à poursuivre les négociations et à discuter de tous les détails ainsi que de toutes les modalités », a-t-il déclaré.

Cependant, quelques heures après cette annonce, la Russie lançait de nouvelles frappes contre les villes ukrainiennes de Dnipro et de Zaporijjia, faisant au moins sept morts et une trentaine de blessés.

Les mesures annoncées par Moscou

Pour faire face à la crise, Vladimir Poutine a annoncé une série de mesures destinées à rétablir rapidement l’approvisionnement en carburant.

Le gouvernement prévoit notamment d’augmenter les importations de carburant, de suspendre temporairement certaines exportations, d’accélérer les réparations des raffineries endommagées et de renforcer la production de systèmes de défense aérienne afin de mieux protéger les infrastructures énergétiques contre les attaques ukrainiennes.

Le président russe a également promis d’accroître les livraisons de carburant vers la Crimée par voie terrestre et maritime, affirmant que les difficultés actuelles seraient rapidement résolues.

Cette pénurie de carburant constitue l’une des conséquences les plus visibles de l’intensification des frappes ukrainiennes sur le territoire russe. Si Moscou assure que la situation reste sous contrôle, elle révèle néanmoins la vulnérabilité croissante des infrastructures énergétiques russes face aux attaques de Kiev.

About The Author


En savoir plus sur

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Close
error: Contenu protégé !!

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Share via
Copy link