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Le dimanche 21 juin 2026 marque un virage à droite en Colombie avec la victoire au second tour du candidat pro-Trump Abelardo de la Espriella après les résultats de la présidentielle sur le dauphin du président sortant Gustavo Petro, Iván Cepeda, le candidat de gauche. Cette victoire rentre dans la série de revirement dans l’Amérique latine vers l’extrême droite comme Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili, Daniel Noboa en Équateur et Nayib Bukele en Salvador. L’outsider d’extrême droite Abelardo de la Espriella surnommé « Le Tigre » a créé la surprise dans le paysage politique en Colombie. On le qualifie de « Bukele colombien ».
En effet, la Colombie vient de faire un virage à droite avec la victoire d’un candidat pro-Trump à la présidentielle Abelardo de la Espriella. Selon ce dernier, il est entré en politique pour éviter que son pays ne soit « détruit » par la gauche. Ainsi, des partisans du candidat extrême droite Abelardo de la Espriella ont célébré dimanche soir, le 21 juin 2026, les résultats du second tour de l’élection présidentielle au monument Ventana al Mundo à Barranquilla, en Colombie.
Abelardo de la Espriella, l’avocat antisystème soutenu par les États-Unis, a promis ce soir-là une « nouvelle ère » après avoir remporté l’élection présidentielle en Colombie, faisant basculer très à droite un pays frappé par la violence des groupes armés. De ce fait, l’homme d’affaires, novice en politique, a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda lors du second tour. Les résultats préliminaires donnent Abelardo de la Espriella gagnant avec 49,7 % des voix, contre 48,7 % pour le philosophe et défenseur des droits humains Ivan Cepeda. Le président élu prendra ses fonctions le 7 août 2026, dans un contexte de résurgence de la violence dans ce pays plongé dans un conflit armé interne depuis plus de six décennies.
En effet, jeudi 25 juin, le président élu de Colombie, Abelardo de la Espriella, a lancé un ultimatum aux groupes armés du pays.
« A tous les hors-la-loi : vous disposez d’un mois pour organiser votre reddition », a déclaré l’outsider d’extrême droite de 47 ans, lors de son premier discours depuis l’officialisation, mercredi 24 juin 2026, de sa victoire par l’autorité électorale. Avant tout, dès la campagne, le candidat qui allait devenir le nouveau président voyait d’un mauvais oeil cette question de dialogue intentée par le président sortant de gauche, il ne se voyait pas dans cette politique, le chef d’entreprise millionnaire et avocat, Abelardo de la Espriella. Il a estimé que cette politique n’avait pas produit les résultats et avait promis du même coup, d’y mettre un terme.
« Dans mon gouvernement, il n’y aura ni offres généreuses ni concessions inacceptables », a ajouté M. de Espriella, déclenchant parmi la foule des « Vive le Christ Roi » et « Fermeté pour la patrie ! », son slogan de campagne.
Par ailleurs, selon ce qu’a lancé celui qui a promis de « bombarder » les groupes armés qui se financent grâce au narcotrafic dans le pays premier producteur mondial de cocaïne avec le soutien armé des Etats-Unis qui pourraient établir des bases militaires dans le pays, la Colombie sera régie par « l’empire de la loi ».
Alors que le second tour s’est tenu le dimanche 21 juin 2026, avant d’y parvenir, beaucoup s’interrogeaient en disant si la gauche allait céder la place à l’extrême droite, d’autres se demandent si le pays allait virer à droite comme de nombreux pays d’Amérique latine. À cet effet, le premier président de gauche de toute l’histoire de la Colombie, Gustavo Petro, pour lui succéder, les Colombiens devaient trancher entre le sénateur Ivan Cepeda son dauphin, et l’avocat Abelardo de la Espriella, le millionaire d’extrême droite.
Selon les derniers sondages, Abelardo de la Espriella, pourtant novice en politique et soutenu par le locataire de la Maison-Blanche, l’emporterait. De fait, il faut dire que la gauche, au pouvoir depuis quatre ans, a déçu certains, notamment au sein de la classe moyenne.
Ainsi, comme d’autres quartiers de Bogota, Barrios Unidos, situé dans le nord de la capitale, avait voté majoritairement pour Gustavo Petro en 2022. Par contre, quatre ans plus tard, ce même quartier a changé de bord dès le premier tour, plaçant en tête Abelardo de la Espriella.
Un reproche majeur qui explique un tel revirement : la stratégie de « paix totale » du président sortant, qui consiste en négocier avec les groupes armés pour les convaincre de déposer les armes, n’a pas fonctionné. En clair, aujourd’hui la Colombie connaît une vague de violences jamais vue depuis deux ans et la signature des accords avec la guérilla des Farc.
Un habitant de Barrios Unidos croisé alors qu’il promène son chien, Juan, regrette d’avoir voté pour Gustavo Petro.
« Son plan de paix totale, ça a été un plan d’immunité totale. Au lieu de régler les problèmes de la Colombie, comme il l’avait promis, il a aggravé la situation. Je ne veux pas que le pays tout entier tombe aux mains de la guérilla. C’est ma plus grande peur. Ni Petro ni Cepeda ne comptent attaquer les groupes armés comme il faudrait le faire », se désole ce retraité de 73 ans.
En effet, pour Jonatan Gonzalez, barbier de 39 ans, la gauche a besoin de plus de temps.
« Les gouvernements de droite qui ont employé la force contre les groupes armés n’ont quasiment rien obtenu. Alors que la stratégie de Gustavo Petro, avec notamment la substitution des cultures de coca, a donné des résultats en peu de temps. Pas autant qu’on aurait voulu, mais quand même, a-t-il souligné. On ne peut pas prétendre que la gauche résolve un conflit qui dure depuis plus de 50 ans en seulement quatre ans ».
De son côté, Sara Rodriguez, elle, est étudiante en philosophie à l’Université d’Antioquia, où des affrontements ont éclaté il y a quelques jours : des hommes cagoulés y ont lancé des fumigènes et affronté les forces de l’ordre.
« Je suis très stressée. Il a environ deux semaines, je descendais d’un bus et une personne m’a tendu un flyer de l’autre candidat. Je l’ai refusé. Et là, tout le groupe a commencé à m’insulter, raconte-t-elle. La tension est aussi évidente entre voisins, ou avec les autres personnes, elle est super latente ».
Juan David Garcia, lui, un étudiant en sociologie, est aussi inquiet.
« Je suis très anxieux parce que l’ambiance est vraiment très hostile et notamment depuis qu’un candidat a promis d’éviscérer l’adversaire et les bases politiques ainsi que ses soutiens électoraux, explique-t-il. Et en ce sens, une nouvelle grogne sociale pourrait bien sûr éclater ».
En raison de ces tensions, il était prévu que plus 120 000 policiers allaient être déployés le dimanche 21 juin 2026, en vue d’assurer le scrutin.
Le nouveau président élu colombien s’inspire Nayib Bukele, son futur homologue salvadorien, en promettant d’employer la manière forte. Avec surtout un peu de ressemblance, même barbe noire impeccablement taillée, mêmes idées extrémistes. Abelardo de la Espriella est celui qui a défendu des paramilitaires et des narcotrafiquants, qui veut construire dix méga-prisons et promet la mort aux criminels qui ne se soumettraient pas.
Comparativement à son rival Ivan Cepeda, c’est un discours sécuritaire totalement différent. Comme étant pholosophe et défenseur des droits humains, le dauphin de Gustavo Petro entend globalement poursuivre la ligne du président sortant.
La Colombie avec Abelardo de la Espriella devient le dernier pays latino-américain en date à virer à droite, après l’argentine avec Javier Milei, le Chili avec José Antonio Kast ou encore l’Équateur avec Daniel Noboa dont ces dirigeants, alignés sur Washington, ont rapidement félicité le président élu « Le Tigre », comme le surnomment ses partisans. Par la suite, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a avancé sur X une future collaboration « matière de sécurité » et pour « mettre fin à l’immigration clandestine vers les États-Unis ».
De son côté, le président américain Donald Trump, a publié sur son réseau Truth Social une photo du millionnaire colombien, accompagnée du message : « il a gagné, et largement ! ».
D’une part, pour manifester leur contentement, les partisans de l’excentrique avocat de 47 ans sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Colombie pour laisser éclater leur joie, avec sur le dos le maillot jaune de l’équipe nationale de football qu’il avait adopté lors de la campagne.
D’autre part, à Cali, troisième ville du pays, des manifestants de l’issue du scrutin ont au contraire brûlé des drapeaux américains et affronté la police antiémeute, ont constaté l’Agence France-Presse (AFP).
Dans la capitale colombienne, à Bogotá également, des protestations ont eu lieu.
« Nous n’allons pas soutenir ce gouvernement, il ne me représente pas en tant que jeune », a déclaré à l’AFP Brandon, un étudiant de 19 ans, en promettant « beaucoup d’autres manifestations » à venir.
Abelardo de la Espriella, novice en politique, candidat anti-establishment, a créé la surprise au premier tour de l’élection présidentielle en devançant la gauche. Par ailleurs, aux yeux des observateurs de la politique colombienne, un tel triomphe aurait sans doute paru relever d’une divagation fiévreuse : le 31 mai, à mesure que le précomte se précisait, la tendance se confirmait pourtant bel et bien. Abelardo de la Espriella, le candidat d’ultradroite, n’était pas seulement en train de dépasser la droite traditionnelle, il était en train de l’écraser ; il n’allait pas seulement talonner la gauche unitaire, mais bien la devancer.
Abelardo de la Espriella est, selon l’édition argentine d’elDiario, « Favori de Milei », il est d’après Democracy Now, « allié de Trump » et comme le craint Jacobin, « suivant les traces de Nayib Bukele, du Salvador ». L’avocat pénaliste de 47 ans en effet, a remporté le scrutin « à l’issue du second tour d’une élection parmi les plus serrées depuis des décennies », précise elDiario AR. Un écart de seulement 300 000 voix a fait la différence entre de la Espriella et le candidat de gauche Iván Cepeda.
Une partie des Colombien.nes et des observateur.ices désormais, s’inquiètent pour l’avenir.
« De la Espriella incarne clairement une approche criminelle de la politique : mensonges, propagande, coordination et collusion avec le trafic de drogue, restriction des droits et blanchiment d’argent », accuse Manuel Rozental, un activiste colombien, sur le média état-unien Democracy Now !.
« Nous nous attendons à ce qu’il y ait des opérations militaires et une intervention des États-Unis sur le territoire national. Nous nous attendons à des violations des droits humains. Nous nous attendons à une militarisation », énumère le militant.
RÉFÉRENCES
https://www.lemondw.fr › Colombie : le président élu d’extrême droite un mois donne « un mois » aux groupes armés pour se rendre et promet la fermeté contre le narcotrafic/consulté le mardi 30 juin 2026.
https://www.rfi.fr › Présidentielle en Colombie : la gauch va-t-elle céder la place à l’extrême droite ?/consulté le mardi 30 juin 2026.
https://www.ledevoir.com › La Colombie vire à droite avec la victoire à la présidentielle d’un candidat pro-Trump/consulté le mardi 30 juin 2026.
https://theconversation.com › La Colombie va-t-elle basculer à l’ultradroite ?/consulté le mardi 30 juin 2026.
https://potail.basta.media › Quel avenir pour la Colombie après l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir ?/consulté le mardi 30 juin 2026.
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