Jacmel : le CEP clôture trois jours de formation pour préparer les journalistes aux enjeux électoraux

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À l’approche des prochaines échéances électorales, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) tente de renforcer un acteur devenu central dans les périodes de crise politique : les médias. Du 8 au 10 mai 2026, une quarantaine de journalistes du département du Sud-Est ont participé à une session de formation organisée à Manoir Adriana Hôtel autour de la gestion de l’information en matière électorale. Éthique journalistique, désinformation, vérification des faits, responsabilité des médias, autant de sujets abordés dans un contexte où une information mal diffusée peut rapidement influencer l’opinion publique ou alimenter les tensions.

Mais dans une Haïti marquée par la méfiance politique et la circulation massive de rumeurs, former les journalistes suffira-t-il réellement à garantir une couverture électorale crédible et apaisée ?

Le CEP veut préparer les médias aux défis électoraux

Le Conseil Électoral Provisoire a clôturé, ce dimanche 10 mai 2026, trois journées de formation destinées aux journalistes du département du Sud-Est autour de la gestion des informations en période électorale. Organisée à Jacmel, cette initiative a réuni environ quarante journalistes issus de différents médias du département. Selon les responsables du CEP, cette initiative vise à mieux outiller les professionnels de la presse afin qu’ils puissent jouer un rôle plus efficace dans le processus démocratique et dans la couverture des prochaines élections.

D’après les organisateurs, cette formation ne se limite pas au Sud-Est. Le programme est également déployé dans les dix départements du pays avec un objectif annoncé, former environ 400 journalistes à travers le territoire national. Cette démarche traduit une volonté du CEP de standardiser certaines pratiques liées au traitement de l’information électorale dans un contexte souvent marqué par la désinformation, les tensions politiques, les rumeurs, la circulation rapide de contenus non vérifiés sur les réseaux sociaux, etc.


Par ailleurs, le porte-parole du CEP, Kenley Vilsaint, a indiqué que cette étape précède le processus d’accréditation des journalistes pour les prochaines élections. Cette précision révèle un enjeu important, le CEP cherche non seulement à former les journalistes, mais également à structurer davantage leur participation dans la couverture du processus électoral. L’accréditation pourrait ainsi devenir un outil permettant d’identifier les professionnels appelés à couvrir les élections, de faciliter leur accès aux informations officielles, mais aussi d’encadrer davantage la circulation des informations électorales

Donc, durant ces trois journées, plusieurs thématiques ont été abordées avec des spécialistes du domaine. Les échanges ont notamment porté sur l’éthique et la déontologie journalistique, la vérification des faits, la lutte contre la désinformation, le traitement des contenus sensibles, le rôle des médias dans la préservation d’un climat électoral apaisé. Ces discussions interviennent dans un contexte où les médias jouent un rôle de plus en plus stratégique dans la perception des événements politiques.

Les médias face à une responsabilité grandissante

Renous PIERRE, Directeur Général de Top Média Haïti.

En Haïti, les périodes électorales sont souvent accompagnées de controverses, de tensions et de fortes batailles narratives sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, les journalistes se retrouvent face à une double pression, informer rapidement, mais informer correctement, où une information mal vérifiée ou sortie de son contexte peut rapidement provoquer des réactions en chaîne et influencer le climat politique. La montée des plateformes numériques complique davantage ce travail, avec une circulation accélérée des rumeurs et des contenus manipulés.

Si cette initiative du CEP est saluée par plusieurs participants, certains observateurs estiment que la formation seule ne suffira pas à résoudre les difficultés structurelles auxquelles les médias haïtiens sont confrontés. Parmi les défis souvent évoqués, les conditions précaires de travail, l’accès limité à l’information publique, l’insécurité pour certains journalistes, les pressions politiques et économiques. Autant d’éléments qui influencent directement la qualité du traitement médiatique.

Par contre, en accueillant cette session, Jacmel confirme également son rôle dans les activités de réflexion et de formation liées aux médias et à la vie démocratique. La participation d’une quarantaine de journalistes montre l’intérêt porté à ces questions dans un département où les médias locaux jouent un rôle important dans la circulation des informations de proximité. Donc, à travers cette formation, le Conseil Électoral Provisoire cherche à renforcer la capacité des journalistes à couvrir les prochaines élections avec plus de rigueur et de responsabilité.

Mais au-delà des modules et des certifications, une réalité demeure, dans un climat politique fragile, les médias peuvent contribuer à renforcer la démocratie comme ils peuvent aussi devenir des amplificateurs de tensions. D’où cette question qui reste entière, comment garantir une information électorale crédible et indépendante dans un environnement marqué par la méfiance, les rumeurs et les pressions politiques ?

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