Afrique du Sud : Le président Cyril Ramaphosa en passe d’une éventuelle destitution par la Cour constitutionnelle

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Le vendredi 8 mai 2026 marque un rebondissement judiciaire dans l’affaire de “Phala Phala” entamée en 2022 à l’encontre du président Sud Africain, Cyril Ramaphosa, dans le cadre d’un scandale lié à un important vol d’argent liquide. À ce moment-là, le président a failli démettre de ses fonctions. En raison d’une majorité absolue du parti ANC du président, celui de Nelson Mandela, l’Assemblée avait rejeté à l’époque un rapport parlementaire sur cette question. La Cour constitutionnelle sud-africaine a rouvert la porte à une procédure de destitution du président, en invalidant un vote du parlement qui s’y était opposé. Ainsi, la présidence a dit respecter la décision de la Cour constitutionnelle et le président Ramaphosa réaffirme que nul n’est au-dessus de la loi.

Si en 2022 il ne pouvait pas y avoir une procédure de destitution à l’encontre du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, la majorité absolue de son parti Congrès National Africain (ANC) l’en empêchait, en 2026 le président n’a plus cette majorité au moment où cette affaire vient de rebondir. En effet, l’Assemblée avait rejeté un rapport parlementaire concluant que Cyril Ramaphosa avait « pu commettre » des actes contraires à la loi. Il était de fait, soupçonné d’avoir dissimulé aux autorités un cambriolage intervenu dans sa ferme de Phala Phala, notamment dans le Nord-Est du pays, où plusieurs centaines de milliers de dollars avaient été dérobés. Selon la presse, Ramaphosa, le président du pays depuis 2018, âgé de 74 ans aujourd’hui, avait été tout proche de démissionner à l’époque où le scandale avait été éclaté.

Déclaration et ordonnance de la plus grande juridiction du pays

La présidente de la Cour constitutionnelle, Mandisa Maya, qui examinait une plainte déposée par le parti de gauche radicale les Combattants pour la liberté économique, Economic Freedom Fighters (EFF), a déclaré : « Le vote de l’Assemblée, qui coupait court à une éventuelle procédure de destitution, est incompatible avec la Constitution, invalide et annulé ».

Par ailleurs, le jugement de la Cour ordonne également que le rapport soit “transmis à une commission de destitution”, aux pouvoirs d’enquête plus larges. En effet, si le nouveau rapport de cette commission recommande la destitution, celle-ci doit être votée par l’Assemblée à une majorité des deux tiers.

Or, contrairement à 2022 quand l’ANC pouvait compter sur 57% des députés, il ne dispose plus d’une majorité absolue à l’Assemblée. Depuis les élections de 2024, avec seulement 40% des sièges, le parti a été contraint à une alliance de circonstance avec des opposants historiques, comme la formation de centre-droit Alliance démocratique (DA) qui dispose de 21% des voix dans la chambre.

Le portrait du la personnalité de Cyril Ramaphosa, le président de l’Afrique du Sud

En 1952 qu’est né Matamela Cyril Ramaphosa d’un père policier et d’une mère au foyer, à Johannesburg, dans le Western Native Township. Quelques années plus tard, le quartier est rasé par le gouvernement, et sa famille est relogée à Soweto, berceau de la lutte contre le régime raciste. Le jeune Cyril passe son enfance dans le quartier de Tswiahelo, où se regroupent les membres de la communauté Venda dont il est issu.

Un syndicaliste chevronné est le président sud-africain

Etudiant en droit engagé dès la première heure contre l’apartheid, il est emprisonné à plusieurs reprises pour « terrorisme », et devient avocat. Socialiste convaincu, il participe à la fondation du Syndicat national des mineurs (NUM), qui devient la plus grande centrale syndicale du pays, réunissant 300 000 membres. De fait, lors des grandes grèves de 1987, il se forge une réputation de négociateur hors pair en tenant tête au patronat blanc.

Dauphin de la grande personnalité, l’icône Nelson Mandela

En effet, le 11 février 1990, après vingt-sept ans d’emprisonnement, Nelson Mandela sort de prison. A ses côtés, sur le cliché immortalisant l’événement, Cyril Ramaphosa est l’artisan de sa libération. Personnage clé de la transition démocratique, il préside l’assemblée constituante et dirige la rédaction de la nouvelle Constitution, adoptée en 1996. L’icône Mandela en fait son dauphin, en le considérant, d’après ses mémoires, comme « l’un des plus doués de sa génération ». De plus, en 1997, il subit néanmoins le premier grand revers de sa carrière, lorsque les caciques de l’ANC lui préfèrent Thabo Mbeki dans la course pour la tête du parti.

Le scandale de “Phala Phala” impliquant le président Cyril Ramaphosa

Le scandale dit du “farmgate” est une affaire qui remonte à février 2020, lorsqu’une importante somme en devises étrangères avait été volées dans la femme privée de Phala Phala, propriété de M. Ramaphosa dans la province du Limpopo. Les questions sensibles qu’avait soulevé le scandale sont : l’origine exacte des fonds, leur éventuelle déclaration aux autorités, ainsi que les raisons pour lesquelles cet argent liquide aurait été conservé dans du mobilier plutôt que dans une banque.

Il s’agit, selon l’AFP, d’un scandale connu sous le nom de “Phala Phala” où le président avait reconnu un cambriolage mais nié les accusations d’un ancien patron du renseignement affirmant qu’il avait fait enlever les voleurs pour tenter de dissimuler l’affaire. Il a affirmé qu’il avait signalé l’effraction à la police et expliqué que l’argent provenait de la vente de vingt buffles pour 580.000 dollars. Par contre, Arthur Fraser, ancien patron des services du renseignement sud-africains, avait évoqué le vol d’environ 4 millions de dollars dissimulés dans la propriété. Ainsi, dans ce dossier en octobre 2024, le parquet a abandonné les poursuites pour blanchiment d’argent et corruption, estimant qu’il n’y avait aucune perspective raisonnable de condamnation.

Les réactions de deux parmi les acteurs politiques sur la situation actuelle

D’un côté, le nouveau dirigeant de la DA, Geordin Hill-Lewis, a réagi en disant « Cest un moment grave ». Par la suite, dans un communiqué il a annoncé que son parti “participera pleinement et de manière constructive aux travaux de la commission de destitution.

« On se fondera sur les faits, sur les preuves présentées à la commission et sur notre devoir constitutionnel. On ne préjugera pas de l’issue de la procédure ».

Alors que d’un autre côté, quant au dirigeant de l’EFF, Julius Malema, présent à l’audience de la Cour constitutionnelle, il s’est dit “très heureux que la Constitution ait prévalu” devant les médias présents. Il a ajouté : « C’est à l’ANC de décider s’il souhaite être dirigé par un président sur lequel pèse un tel nuage, un président qui va devoir répondre à des questions très dures et approfondies lors de la procédure de destitution ».

Un rebondissement dans un contexte électoral très proche

C’est un rebondissement judiciaire qui intervient au moment de l’année du scrutin avec des élections locales prévues le 4 novembre 2026. Le parti du Congrès National Africain (ANC), celui de Nelson Mandela, peut craindre de perdre encore du terrain et de grandes métropoles comme Johannesburg au bénéfice de la DA, ou Durban au profit de la formation MK de l’ex-président Jacob Zuma, qui y est particulièrement bien plantée.

Par ailleurs, le mandat de Cyril Ramaphosa entre doucement dans son crépuscule. En ce sens, un congrès de l’ANC en décembre 2027 pour désigner le nouveau dirigeant du parti pourrait l’obliger à quitter la présidence du pays au cas où une faction adverse l’emporterait. Il est à préciser que depuis les premières élections de 1994, aucun chef d’Etat sud-africain n’est allé au bout de son deuxième et ultime mandat.

La réouverture de l’affaire bloquée en 2022 par un vote de l’Assembléep

Le vendredi 8 mai 2026, la justice sud-africaine rouvre la voie à une procédure de destitution du président Ramaphosa, arrêtée en 2022 en raison de sa majorité dans la chambre qui a fait bloc derrière lui jusqu’à empêcher le processus d’aboutir. Ainsi, un nouveau rebondissement dans l’affaire dite Phala Phala, qui dure depuis 4 ans, refait surface après l’invalidation, voire l’annulation du vote de l’Assemblée par la Cour constitutionnelle, le jugeant contraire à la Constitution sud-africaine. Encore une fois, un scandale lié au vol d’une importante somme d’argent liquide (près de 600 000 dollars) sur l’une des propriétés du président.

La justice sud-africaine peut agir en toute liberté contre quiconque

Vendredi, un communiqué de ses services indique que la présidence a dit respecter la décision de la Cour constitutionnelle. De plus, dans le cadre de cette affaire, le président Cyril Ramaphosa n’a cessé d’apporter son entière coopération aux différentes enquêtes menées.  Le président Ramaphosa réaffirme que nul n’est au-dessus des lois.

Toutefois, le président ne risque pas une destitution en raison de ses alliances historiques au niveau de l’Assemblée, même s’il ne possède plus sa majorité qui a bloqué en 2022, la procédure de destitution à son encontre.

Cependant, cette décision met l’ANC en difficulté. Donc cette nouvelle décision de la Cour constitutionnelle rebat les cartes, puisqu’elle déclare ce vote « incompatible avec la Constitution, invalide et annulé ». Elle ordonne la remise du rapport à une « commission de destitution » chargée d’enquêter.

Dans la mesure où celle-ci viendrait à recommander la destitution, cela ferait l’objet d’un vote de l’Assemblée, dans laquelle l’ANC ne détient désormais plus la majorité absolue. Donc, en clair, une décision qui chamboule le parti dirigeant et le gouvernement d’union nationale, et dont s’est félicité le parti EFF, à l’origine de la plainte.

Alors que le procureur général a abandonné les poursuites en 2024, la décision de la Cour de relancer cette affaire fait suite à une plainte déposée par le parti d’extrême gauche Economic Freedom Fighters (EFF).

Ce vendredi, la Cour constitutionnelle annule une décision du Parlement qui bloquait toute procédure de destitution visant le président Cyril Ramaphosa.

On assiste désormais à un revirement de situation qui remet en lumière le scandale lié aux soupçons de dissimulation de fonds.



RÉFÉRENCES

https://information.tv5monde.com › La justice sud-africaine rouvre la porte à une destitution du président Ramaphosa/consulté le dimanche 10 mai 2026.

https://www.lemonde.fr › Afrique du Sud : Cinq choses à savoir sur Cyril Ramaphosa, le nouveau chef de l’ANC/consulté le lundi 11 mai 2026.

https://medias24.com › Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa/consulté le dimanche 10 mai 2026.

https://ici.radio-canada.ca › la justice sud-africaine rouvre la porte à une destitution du président Ramaphosa/consulté le dimanche 10 mai 2026.

https://fr.africanews.com › “farmgate” : le président sud-africain de nouveau menacé de destitution/consulté le dimanche 10 mai 2026.

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