Sommet sino-américain : rencontre bilatérale entre Donald Trump et Xi Jinping après près d’une décennie

Loading

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se sont retrouvés à Pékin, les 13 et 14 mai 2026, pour un sommet bilatéral hautement stratégique, près d’une décennie après leur dernière rencontre en Chine. Entre tensions autour de Taïwan, guerre en Iran, commerce international et rivalité technologique, cette rencontre très attendue par la communauté internationale s’est achevée sans avancée majeure clairement annoncée, malgré les déclarations optimistes des deux dirigeants.



La rencontre des dirigeants des deux superpuissances, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, initialement prévue au mois de mars 2026 avant d’être reportée en raison de l’enlisement du conflit israélo-américain en Iran, a finalement eu lieu. La dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés remonte à octobre 2025, à Busan, en Corée du Sud.

Le mercredi 13 mai 2026, le milliardaire républicain a atterri à Pékin pour deux jours de discussions à forts enjeux avec Xi Jinping. Du côté chinois, il était prévu que les échanges portent principalement sur trois dossiers en « T » : tariffs, Taiwan, technology. En ce sens, ces échanges bilatéraux, très attendus par la communauté internationale, ne pouvaient faire l’impasse sur le détroit d’Ormuz, paralysé depuis dix semaines.

Avant ce sommet organisé dans le cadre d’une visite d’État de deux jours à Pékin, la dernière rencontre entre Xi Jinping et son homologue américain en Chine remontait à 2017, sous la présidence du 45e locataire de la Maison-Blanche, Trump I. Après près d’une décennie, sous le second et dernier mandat de Donald Trump II, 47e président américain, une nouvelle rencontre bilatérale a donc eu lieu entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Selon le quotidien britannique The Guardian, la visite de Donald Trump à Pékin « s’est achevée en grande pompe, mais sans grande clarté quant aux résultats concrets obtenus ». En effet, si le président américain a assuré, vendredi 15 mai 2026, avoir « réglé » avec son homologue chinois « bon nombre de problèmes différents que d’autres n’auraient pas été en mesure de résoudre », il a fourni peu de détails sur la nature exacte de ces solutions.

Un certain scepticisme quant aux résultats du sommet

Le quotidien chinois China Daily rapporte que le dirigeant chinois a également affirmé vendredi avoir trouvé « un consensus important » avec Donald Trump sur plusieurs questions, notamment le maintien de relations économiques et commerciales stables entre Pékin et Washington. Toutefois, lui aussi est resté relativement avare de détails.

Par ailleurs, Al Jazeera souligne que, même si les deux parties ont publié durant ces deux jours des déclarations détaillant les sujets abordés par les deux dirigeants, celles-ci « ne se recoupent que sur un nombre limité de points ». Les comptes rendus de la Maison-Blanche évoquent certains sujets absents des déclarations du ministère chinois des Affaires étrangères, et inversement.

De son côté, la BBC estime que même sur les accords commerciaux, principal objectif de Donald Trump qui avait emmené en Chine plusieurs grands patrons américains, les résultats demeurent incertains. Le locataire de la Maison-Blanche a quitté Pékin en affirmant avoir conclu des « accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays », sans toutefois fournir de précisions concrètes.

Amanda Hsiao, directrice de la section Chine au sein du cabinet d’analyse Eurasia Group, a déclaré au Guardian : « En résumé, malgré tout le cérémonial et le spectacle, ce sommet n’aura pas été, au bout du compte, très important. » Selon elle, « le cœur de la relation n’a pas changé ».

La question des armes au centre des tensions

Du côté américain, le message était clair et non négociable : la Chine devait cesser d’armer l’Iran. Sur ce point, Xi Jinping semble avoir fait une ouverture à Donald Trump, qui a déclaré en quittant la Chine que son homologue et lui partageaient des vues « similaires » sur la nécessité de mettre fin à la guerre en Iran. Toutefois, les contours précis d’un éventuel engagement de Pékin restent volontairement vagues.

Du côté chinois, la ligne rouge demeure Taïwan. À cet égard, le message de Xi Jinping était sans ambiguïté : la poursuite des transferts d’armes américains vers Taipei constitue une provocation que Pékin ne pourra tolérer indéfiniment.

La réponse publique du secrétaire d’État américain Marco Rubio, selon laquelle toute action militaire contre Taïwan serait « une erreur catastrophique », a confirmé qu’un échange direct sur cette question avait bien eu lieu, sans qu’aucune des deux parties ne cède sur le terrain politique.

La Chine, désormais considérée comme un quasi-égal

Ali Wyne, conseiller principal pour les relations américano-chinoises à l’International Crisis Group, explique qu’en 2017 la Chine cherchait encore à prouver qu’elle se trouvait sur un pied d’égalité avec les États-Unis.

« Je pense que la délégation chinoise a, à juste titre, déployé d’énormes efforts diplomatiques pour donner l’impression que le président Xi était l’égal géopolitique du président Trump. Ce qui me frappe, c’est que cette fois-ci, les Chinois n’ont plus besoin de faire valoir cette affirmation », a-t-il expliqué.

Washington reconnaît désormais Pékin comme un « quasi-égal », affirme-t-il, décrivant la Chine comme « sans doute le concurrent le plus puissant auquel les États-Unis aient été confrontés dans leur histoire ».

Discussions autour du détroit d’Ormuz

Dans un entretien accordé à la chaîne Fox News, Donald Trump a affirmé être reparti avec des paroles encourageantes de Xi Jinping concernant la crise au Moyen-Orient. Il a notamment indiqué que le président chinois lui avait déclaré « avec force » qu’il ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran.

Concernant le détroit d’Ormuz, le chef de la Maison-Blanche a assuré que Xi Jinping lui avait dit : « Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider. »

Dans un communiqué publié en marge du sommet, le ministère chinois des Affaires étrangères a réclamé vendredi un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz « dès que possible ».

Parallèlement, l’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington souhaite voir Pékin utiliser son influence sur Téhéran afin de contribuer à une désescalade dans le Golfe, tandis que la Chine continue jusqu’à présent d’observer une certaine retenue diplomatique.

Un sommet jugé décevant par plusieurs observateurs

Du point de vue américain, le résultat immédiat du sommet avec Xi Jinping apparaît relativement limité : aucune grande percée, mais plutôt une stabilisation des relations et une volonté commune d’éviter une aggravation incontrôlée de la rivalité entre les deux puissances.

Quant à Helmut Brandstätter, député libéral autrichien au Parlement européen et proche de plusieurs diplomates chinois, il a déclaré : « On n’a pas l’impression que beaucoup de choses ont été accomplies. »

Il a ajouté : « Trump n’a rien accompli sur le plan économique pour lui-même, pas plus qu’il n’a fait quoi que ce soit pour le reste du monde. »

À l’inverse, Xi Jinping a qualifié la rencontre de « visite marquante », tandis que Donald Trump a évoqué « deux jours formidables » au cours desquels des « accords commerciaux fantastiques » auraient été conclus.

Donald Trump a également rapporté la promesse d’achat par la Chine de 200 avions Boeing. Une annonce importante, bien qu’inférieure aux projections évoquées depuis plusieurs mois par la presse, qui faisaient état d’une commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX ainsi que d’une centaine de gros-porteurs 787 Dreamliner et 777.

Le président américain a aussi assuré que la Chine souhaitait acheter davantage de pétrole et de produits agricoles américains, sans toutefois fournir de chiffres précis.

Enfin, dans un message publié jeudi soir sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé : « Le président Xi a élégamment fait référence aux États-Unis comme étant peut-être une nation en déclin. » Selon lui, Xi Jinping faisait référence à l’Amérique de son prédécesseur Joe Biden et non aux États-Unis actuels.

« Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les États-Unis sont le pays le plus génial de la planète », a-t-il ajouté.

About The Author


En savoir plus sur

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Close
error: Contenu protégé !!

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Share via
Copy link