Le président béninois Romuald Wadagni a effectué, du dimanche 4 au lundi 5 octobre 2026, une visite officielle de travail de 48 heures en France. Reçu à l’Élysée par son homologue français Emmanuel Macron, le chef de l’État béninois a notamment échangé sur le renforcement des relations bilatérales, les investissements, l’agriculture, la culture et la sécurité. Cette visite a également permis la conclusion de plusieurs accords financiers, pour un montant total proche de 100 millions d’euros, destinés à soutenir plusieurs projets structurants au Bénin.
Arrivé à Paris dans la soirée du dimanche 4 octobre, Romuald Wadagni effectuait sa première visite officielle en France depuis son élection à la tête du Bénin. Le lendemain, lundi 5 octobre, il s’est entretenu avec Emmanuel Macron à l’Élysée. Le président français s’est dit « heureux d’accueillir » son homologue béninois et a présenté la relation entre les deux pays comme fondée sur « l’amitié, la confiance et l’ambition », avec l’objectif de construire une relation « d’égal à égal ».
Les discussions ont notamment porté sur le développement des investissements et des partenariats entre les entreprises béninoises et françaises, ainsi que sur l’agriculture, la culture et la sécurité. Selon les données de la diplomatie française, la France détenait, en 2024, un stock d’investissements directs au Bénin évalué à 265 millions d’euros, tandis que les exportations françaises vers le pays s’élevaient à 236 millions d’euros. De son côté, le portefeuille de l’Agence française de développement (AFD) au Bénin représentait 818 millions d’euros pour 40 projets.
Près de 100 millions d’euros mobilisés pour des projets structurants
La visite de Romuald Wadagni à Paris a été marquée par la signature de plusieurs accords financiers. Deux conventions conclues avec l’Agence française de développement représentent 61,9 milliards de francs CFA, soit environ 94,4 millions d’euros. À cette enveloppe s’ajoute une lettre de mandat de 3,54 milliards de francs CFA, équivalant à 5,39 millions d’euros, signée avec Bpifrance.
Au total, les différents engagements représentent environ 65,5 milliards de francs CFA, soit près de 100 millions d’euros. Ces financements doivent notamment soutenir l’accès à l’électricité, le développement de plusieurs filières agricoles ainsi que le renforcement des capacités nationales dans le domaine de l’expertise médico-légale.
L’électricité au cœur des investissements
Le secteur énergétique concentre la plus importante partie de cette mobilisation financière. Dans le cadre du projet PEDER, une enveloppe de 52,1 milliards de francs CFA, soit environ 79,4 millions d’euros, est destinée à l’extension et à la densification du réseau de distribution de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE).
Ce financement comprend notamment un prêt de 32,8 milliards de francs CFA de l’AFD et un don de 19,3 milliards de francs CFA de l’Union européenne. Le programme prévoit la réalisation de plus de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités réparties dans 15 communes du Mono, du Couffo et du Borgou.
L’objectif est également d’améliorer la qualité du service électrique, de réduire les disparités territoriales et de limiter les pertes enregistrées sur le réseau.
L’agriculture parmi les priorités
L’agriculture constitue un autre axe majeur des financements mobilisés lors de cette visite. Une enveloppe de 9,8 milliards de francs CFA est destinée au développement de plusieurs filières, avec une attention particulière accordée à la pisciculture.
Sur ce montant, 6,6 milliards de francs CFA doivent soutenir le développement de la filière piscicole dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga : Banikoara, Gogounou, Kandi, Kérou, Kouandé, Péhunco, Bassila, Copargo, Djougou et Ouaké.
Le programme vise à renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production d’alevins à la commercialisation du poisson, afin de favoriser l’émergence d’une filière plus compétitive et de contribuer davantage à l’approvisionnement du marché national.
Une enveloppe complémentaire de 3,3 milliards de francs CFA est également prévue pour soutenir des investissements productifs dans les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse. Ces financements doivent bénéficier à 16 communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou, avec pour objectif de renforcer la production locale, la création de valeur et l’emploi dans les territoires concernés.
La restitution des biens culturels au cœur des échanges
La culture figurait également parmi les dossiers abordés par les deux dirigeants. Les discussions ont notamment porté sur la coopération bilatérale, la formation professionnelle et la restitution de biens culturels.
Selon Radio France Internationale (RFI), le Bénin réclame la restitution de 35 nouveaux biens culturels, provenant pour la plupart des anciens royaumes du Dahomey et de Porto-Novo et actuellement conservés dans des institutions muséales françaises, notamment au musée du Louvre et au musée du Quai Branly.
Parmi les pièces concernées figureraient notamment le siège du roi Toffa de Porto-Novo et une statue du dieu des forgerons. La question de la nomination d’un nouvel ambassadeur du Bénin à Paris pourrait également avoir été évoquée, le poste étant vacant depuis la nomination de Corinne Brunet au ministère béninois des Affaires étrangères.
La coopération sécuritaire également discutée
La coopération en matière de sécurité constituait un autre volet important des échanges entre Cotonou et Paris. La France participe notamment à la formation de pilotes béninois d’hélicoptères et d’avions de reconnaissance, ainsi qu’à celle de commandos et de forces spéciales engagés dans la lutte contre le terrorisme dans le nord du Bénin.
Les autorités béninoises et françaises maintiennent toutefois qu’aucun soldat français n’est actuellement déployé au sol au Bénin. Cette coopération intervient dans un contexte régional marqué par une dégradation de la situation sécuritaire au Sahel et par des relations difficiles entre le Bénin, le Niger et le Burkina Faso.
Cette visite à Paris marque ainsi une nouvelle étape dans l’agenda diplomatique de Romuald Wadagni, qui avait multiplié les déplacements sur le continent africain depuis son investiture le 24 mai 2026. Le chef de l’État béninois s’était notamment rendu au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau, avant de rencontrer plusieurs autres dirigeants africains, dont Paul Kagame au Rwanda et Denis Sassou-Nguesso en République du Congo.
Références
L’Événement Précis, « Visite de travail du Chef de l’État béninois en France : Wadagni et Macron échangent ce matin à Paris », consulté le 6 octobre 2026.
Hamanies News, « Bénin-France : Reçu par Macron, Wadagni décroche près de 100 millions d’euros pour des projets structurants », consulté le 6 octobre 2026.
Radio France Internationale (RFI), « Le président du Bénin Romuald Wadagni reçu à Paris par son homologue français Emmanuel Macron », consulté le 6 octobre 2026.
Le Nouveau Reporter, « Bénin : Romuald Wadagni reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée », consulté le 6 octobre 2026.
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