Copyright 2026
Top Média Haïti

![]()
Depuis la fin du mois d’avril 2026, l’Afrique du Sud est secouée par une nouvelle vague de manifestations et d’actions ciblant les ressortissants étrangers. Si plusieurs rassemblements se sont déroulés dans le calme, d’autres ont dégénéré en violences, obligeant des centaines de migrants à fuir leur domicile.
Des mouvements anti-migrants, dont March and March, le parti d’opposition ActionSA et d’autres organisations, ont fixé au 30 juin une date limite pour le départ des migrants en situation irrégulière. Lors des manifestations, des participants, munis de bâtons, scandent « Mabahambe », une expression zouloue signifiant : « Ils doivent partir ».
Selon le journal BBC News, plus de 53 000 étrangers ont été déjà expulsés dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine dans le pays de Nelson Mandela, il y a environ cinq semaines.
À Stanford, Gansbaai, Kleinmond, Mossel Bay, Durban, Alexandra et Soweto, des groupes d’habitants ont mené des opérations de porte-à-porte pour exiger le départ des étrangers, qu’ils soient ou non en situation régulière.
Selon plusieurs témoignages recueillis par l’Agence France-Presse (AFP), des familles originaires du Mozambique, du Malawi, du Zimbabwe, du Nigeria et d’autres pays africains ont été contraintes de quitter leur logement et de passer plusieurs nuits dans la brousse ou dans des centres communautaires.
« Ils nous ont chassés comme des chiens », a déclaré Thomas Vincent Baloyi, un Mozambicain vivant depuis seize ans en Afrique du Sud.
À Mossel Bay, plus de 50 habitations ont été incendiées. La police sud-africaine a confirmé la mort de deux personnes, tandis que les autorités mozambicaines font état de cinq décès liés aux violences xénophobes.
Face à cette situation, plusieurs pays africains, notamment le Mozambique, le Ghana, le Nigeria, le Malawi et le Zimbabwe, ont organisé des opérations de rapatriement pour leurs ressortissants. Plusieurs milliers de migrants ont déjà quitté volontairement l’Afrique du Sud.
L’Afrique du Sud accueille plus de trois millions d’étrangers, soit environ 5 % de sa population. Cependant, le pays reste confronté à de profondes difficultés économiques.
Selon Statistics South Africa, le taux de chômage s’élevait à 32,7 % au premier trimestre 2026, avec près de 350 000 emplois perdus, principalement chez les jeunes.
Dans ce contexte, de nombreux Sud-Africains accusent les migrants de contribuer au chômage, à la criminalité, à la saturation des services publics et à la concurrence sur le marché du travail. Plusieurs spécialistes estiment toutefois que les migrants sont devenus des boucs émissaires d’une crise sociale plus profonde.
Les violences ne touchent pas uniquement les personnes en situation irrégulière. Des étrangers disposant de titres de séjour valides affirment également avoir été pris pour cible.
Selon un reportage de Reuters publié le 9 juillet 2026, des groupes de manifestants ont effectué des descentes dans plusieurs quartiers afin d’identifier et d’expulser des ressortissants étrangers. Des résidents zimbabwéens bénéficiant d’un permis de séjour légal ont également été interpellés par des manifestants.
Les responsables des mouvements anti-migrants contestent les accusations de xénophobie. Jacinta Ngobese-Zuma, dirigeante de March and March, affirme que leur objectif est de faire respecter les lois sur l’immigration.
Selon elle, l’Afrique du Sud ne peut pas accueillir indéfiniment les ressortissants des autres pays africains alors que de nombreux citoyens sud-africains peinent eux-mêmes à accéder à l’emploi, à l’éducation et aux soins de santé.
Trente ans après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud demeure l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Malgré les avancées démocratiques, la pauvreté, le chômage et les fortes inégalités continuent d’alimenter les tensions sociales.
Pour de nombreux observateurs, la montée de la xénophobie traduit l’échec d’une partie des promesses économiques de l’après-apartheid et transforme les migrants africains en principales victimes d’une crise qu’ils subissent eux aussi.
Sources : AFP, Reuters, BBC, France 24, Afrique XXI, SenePlus.
Subscribe to get the latest posts sent to your email.