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Alors que la politique migratoire de la Maison-Blanche s’était jusque-là orientée vers la suppression du Statut de Protection Temporaire (TPS), la Chambre des représentants des États-Unis vient de franchir une étape importante en votant sa prolongation pour les ressortissants haïtiens.
Le 16 avril 2026, les élus américains ont adopté un projet de loi visant à prolonger le TPS pour une durée de trois ans, offrant ainsi un répit à environ 350 000 Haïtiennes et Haïtiens vivant aux États-Unis. Cette décision intervient après une période d’incertitude, notamment depuis l’annonce du 3 février 2025 prévoyant la fin du programme, qui avait suscité de vives inquiétudes au sein de la diaspora.
Cette mesure permet, pour l’instant, aux bénéficiaires haïtiens de continuer à vivre et à travailler légalement sur le territoire américain.
Le fondement de cette décision s’inscrit également dans une perspective de droits humains. L’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État, ainsi que de quitter tout pays, y compris le sien, et d’y revenir.
La députée démocrate Ayanna Pressley, à l’origine de cette initiative, a salué une « victoire historique » à l’issue du vote, adopté par 224 voix contre 204.
Coprésidente du groupe de travail sur Haïti à la Chambre des représentants, elle souligne que cette avancée est le fruit d’un long combat mené conjointement avec des organisations de défense des droits des migrants.
« Il s’agit d’une victoire majeure dans la lutte pour protéger la sécurité, la dignité et l’humanité de nos voisins haïtiens », a-t-elle déclaré.
Pour de nombreux bénéficiaires, cette décision représente une véritable bouffée d’oxygène. Elle suspend, au moins temporairement, les risques d’expulsion et garantit la continuité des activités professionnelles.
La députée Laura Gillen a également mis en garde contre les conséquences d’un éventuel renvoi massif vers Haïti.
Selon elle, une telle décision exposerait les concernés à des conditions de vie extrêmement difficiles, tout en ayant un impact négatif sur l’économie américaine.
Le TPS est un programme mis en place par le gouvernement américain permettant aux ressortissants de pays confrontés à des crises majeures, catastrophes naturelles ou conflits, de résider et de travailler légalement aux États-Unis de manière temporaire.
Valable généralement pour une période de 18 mois renouvelable, il donne accès à un permis de travail, appelé Employment Authorization Document (EAD), ainsi qu’à un numéro de sécurité sociale.
Malgré ce vote favorable à la Chambre des représentants, le processus législatif n’est pas encore achevé. Le texte doit encore être examiné par le Sénat américain avant de devenir définitivement applicable.
Parallèlement, une bataille judiciaire est en cours. Un tribunal fédéral a temporairement bloqué la décision visant à mettre fin au TPS pour Haïti, maintenant ainsi les protections en vigueur.
Une décision finale pourrait être rendue d’ici juin ou juillet 2026 par la Cour suprême des États-Unis.
En attendant l’issue des procédures, les titulaires du TPS continuent de bénéficier de leur autorisation de travail.
Les permis de travail (EAD) restent valides, notamment grâce à une prolongation automatique accordée par les services d’immigration américains (USCIS). Une mise à jour récente fixe la validité de ces documents jusqu’au 1er juillet 2026.
Cette mesure permet aux employeurs de maintenir les travailleurs haïtiens en poste en toute légalité.
Les responsables politiques américains insistent également sur la contribution essentielle des Haïtiens à l’économie nationale.
Selon les données évoquées par Ayanna Pressley, une proportion importante des travailleurs haïtiens est engagée dans les secteurs de la santé, notamment dans les soins de longue durée, ainsi que dans la construction et les services à domicile.
« Les Haïtiens ne sont pas le problème. Ils font partie de la solution », a-t-elle affirmé.
Face à cette avancée, plusieurs élus appellent désormais le Sénat à agir rapidement afin de valider définitivement cette mesure.
« La vie de nos familles et de nos communautés en dépend », a insisté Ayanna Pressley, soulignant l’urgence d’une décision durable et humaine.
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