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Au Campus Henry Christophe de Limonade (CHCL), la pratique du « woulib » s’est progressivement imposée dans le quotidien de nombreux étudiants. Chaque matin et chaque après-midi, des dizaines d’étudiants attendent sur les routes dans l’espoir qu’un automobiliste ou un motocycliste accepte de les transporter gratuitement jusqu’à leur destination.
Pour beaucoup d’entre eux, le recours au « woulib » n’est pas un choix, mais une nécessité. Face aux difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles haïtiennes, payer les frais de transport chaque jour représente une charge importante. Ainsi, des expressions comme « Sou woulib m konte a » ou encore « Si m pa jwenn woulib jodi a, m pap ka ale nan inivèsite a » sont devenues courantes dans les conversations estudiantines.
Selon plusieurs étudiants, cette pratique est étroitement liée à l’absence d’un système de transport universitaire fonctionnel et accessible à l’ensemble de la communauté estudiantine.
Autrefois, des autobus étaient mis à la disposition des étudiants pour faciliter leurs déplacements entre différentes communes et le campus. Aujourd’hui, cette réalité a considérablement changé. Bien que l’université dispose encore de certains véhicules, ceux-ci sont principalement utilisés pour d’autres besoins institutionnels, tandis que plusieurs autobus restent immobilisés en raison de problèmes techniques.
Cette situation oblige de nombreux étudiants à chercher quotidiennement d’autres moyens pour rejoindre leurs salles de cours.
Pour plusieurs étudiants, abandonner les cours en raison du coût du transport n’est pas envisageable. Malgré les contraintes financières, ils continuent à chercher des solutions afin de poursuivre leur formation universitaire.
Dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter, certains étudiants expliquent que l’argent dont ils disposent doit également couvrir leurs dépenses alimentaires, leurs matériels académiques et d’autres besoins essentiels. Le « woulib » apparaît alors comme une stratégie leur permettant de réduire certaines dépenses et de maintenir leur présence à l’université.
Des parents reconnaissent également que les coûts de transport représentent une difficulté supplémentaire. Pour plusieurs familles, financer quotidiennement les déplacements de leurs enfants vers le campus demeure un défi important.
Au fil des années, la pratique du « woulib » est devenue une composante importante de la vie estudiantine à Limonade. Cette pratique dépasse même le cadre des déplacements vers l’université. Plusieurs étudiants affirment y recourir pour se rendre dans d’autres localités ou accomplir certaines activités personnelles.
Pour beaucoup, cette réalité témoigne surtout des difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants haïtiens dans leur parcours académique. Elle met également en lumière la nécessité de renforcer les services de transport destinés à la communauté universitaire afin de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur.
Alors que les étudiants continuent de compter sur la solidarité des conducteurs rencontrés sur leur chemin, nombreux sont ceux qui espèrent voir un jour le retour d’un système de transport universitaire plus efficace et mieux adapté à leurs besoins.
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