Mali : situation chaotique sans précédent après la mort du Ministre de la défense Sadio Camara

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Une série d’attaques plongent le Mali dans une crise sécuritaire majeure depuis le samedi 25 avril 2026. Ces attaques ont été orchestrées par des jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM), alliés à Al-Qaïda, et des rebelles indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad. La ville-clé de Kidal dans le Nord est tombée sous les mains des rebelles touareg du FLA, alliés aux groupes jihadistes du Jnim (allié à Al-Qaïda), qui ont pris son contrôle.

Alors que le Premier ministre du gouvernement de transition, Abdoulay Maiga a affirmé que les forces armées avaient “neutralisé des centaines de terroristes”. Le Mali est plongé dans une grave crise sécuritaire, notamment après la perte de Kidal et des attaques conjointes des rebelles touareg et des jihadistes.

La junte au pouvoir a fait l’objet d’une menace, des jihadistes alliés à la rébellion touareg ont agi contre ses positions stratégiques. En effet, le chef de la junte est introuvable. Le général Sadio Camara, 47 ans, ministre de la Défense et l’un des pilliers de la junte, a été tué samedi par un “véhicule piégé conduit par un kamikaze” ayant ciblé sa résidence. Il aurait selon le gouvernement, “engagé des échanges avec les assailants dont il a réussi à neutraliser certains” avant d’être blessé et transporté à l’hôpital, où il a succombé par la suite.

Silence du général Assimi Goïta, chef de la junte

Il n’a pas été vu et n’a pas pris la parole depuis le début des hostilités (nouvelles fenêtre). Cependant, selon ce qu’a indiqué une source sécuritaire malienne à l’AFP, il avait “été exfiltré de Kati dans la journée de samedi et se trouble en lieu sûr”. Alors que par ailleurs, la confédération AES, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des juntes et qui ont claqué la porte de la Cedeao, a pour sa part dénoncé “un complot monstrueux soutenu par les ennemis de la libération du Sahel”.

Ainsi, selon le constat de l’AFP, lundi matin, les combats avaient baissé d’intensité, notamment à Kati, où le calme était revenu. Par contre à Sévaré, dans le centre du pays, la situation restait “confuse” et des coups de feu était encore entendus.

Ce qu’il faut savoir sur Al-Qaïda dans une brève présentation

En effet, Al-Qaida est une organisation terroriste islamiste. Sous l’impulsion du cheik Abdullah Yusuf Azzam et de son élève Oussama Ben Laden, elle voit le jour en 1987 en Afghanistan. De fait, parmi les attentats les plus meurtriers réalisés par le groupe, la destruction des tours jumelles, lors des attentats du 11 septembre 2001, est le plus marquant. Al-Qaida a longtemps été la principale organisation terroriste internationale, mais un coup important lui est porté à la mort d’Oussama Ben Laden en 2011. D’autres organisations terroristes islamistes, comme le groupe État islamique, ont par la suite gagné en influence et ont occupé le devant de la scène.

Qui sont les jihadistes en Afrique de l’Ouest ?

Selon Mathieu Pellerin, on parle de deux entités jihadistes principales. D’un côté, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), qui regroupe différents groupes au Sahel se revendiquant d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) : il s’agit principalement d’Ansar Dine et de sa katiba Macina, de la katiba al-Furqan et d’al-Mourabitoune. De l’autre, l’État islamique dans la Province d’Afrique de l’Ouest (Iswap) qui opère à travers deux branches, l’une dans le lac Tchad et au nord-est du Nigeria, la seconde dont le foyer se situe dans la région de Ménaka, au Mali, et qui s’étend dans une zone du Liptako-Gourma, et même désormais au-delà (EIGS). Deux autres groupes opèrent au Nigeria, l’aile de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau et appelée Groupe sunnite pour la prédication et le jihad et Ansaru, lui-même dissident historique de Boko Haram.

L’appel au calme du Premier ministre Abdoulay Maiga

Lundi soir dans une conférence de presse, Abdoulay Maiga a déclaré que les forces armées du pays avaient “neutralisé des centaines de terroristes”. Il ajoute : « Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir, en démantelant les institutions de la République et mettant un terme au processus de transition ». Des “enseignements” seraient tirés de ces évènements pour apporter “les correctifs nécessaires pour une meilleure sécurisation” du pays, a-t-il assuré. Le Premier ministre a également appelé les populations à ne pas céder à la “panique”.

De son côté, selon une source diplomatique française, la France a exprimé “sa préoccupation” après ces attaques. Paris “condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des civils” et souhaite “qu’une paix et une stabilité durables soient instaurées au Mali”.

La reprise de la ville-clé de Kidal par des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA)

Une situation sécuritaire encore incertaine. Alors que Kidal a été déjà récupéré par l’État malien il y a trois ans, à la faveur d’une offensive de l’armée appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps depuis), après avoir été sous le contrôle de groupes rebelles pendant plusieurs décennies. Lundi matin, la ville-clé Kidal s’est réveillée aux mains des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe indépendantiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali. Le FLA a par ailleurs, annoncé être parvenu à un “accord” permettant aux mercenaires russes de l’Africa Corps de se retirer de Kidal.

De fait, le calme est revenu dans la ville-garnison de Kati, près de la capitale Bamako, après deux jours de combat intenses entre l’armée malienne et les groupes armés.

C’est dans ce fief de la junte que le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans a été tué dans une attaque. Dans un communiqué dimanche soir, le gouvernement a annoncé que le responsable a été tué samedi par “un véhicule piégé conduit par un kamikaze” ayant ciblé sa résidence. Deux jours de deuil national à son hommage ont été décrétés par les autorités militaires.



Le Mali est confronté à sa plus grave crise sécuritaire depuis 2012, après l’attaque samedi des jihadistes et des séparatistes touaregs sur la ville-garnison de Kati, près de Bamako, et sur la ville de Kidal, à l’extrême-nord du pays. Pour l’universitaire Étienne Fakaba Sissoko qui est le porte-parole de la Coalition des forces pour République de l’imam Mahmoud Dicko, actuellement en exil à Alger, « la junte est déboussolée ». En réponse à une question qui lui a été posée par Christophe Boibouvier via Radio France Internationale (RFI) « Quelles sont les conséquences de ces événements pour la junte au pouvoir, dont le numéro 2, le général Sadio Camara, a été tué » ?

RFI : Est-ce que vous êtes surpris par cette offensive conjointe des jihadistes et des séparatistes touaregs ?

Étienne Fakaba Sissoko : Surpris ?

Absolument pas. Parce que depuis quelques années, c’est ce que nous disions, le tout militaire n’a pas produit de résultats probants depuis quelques années. Et le fait de sous-traiter également la sécurité du pays à travers des mercenaires russes était un danger qu’il fallait éviter.

La mort du numéro deux de la junte, le général Sadio Camara, qu’est-ce que cela représente pour la suite des événements ?

C’est tout un symbole. C’était celui qui avait travaillé avec d’autres à la venue de Wagner au Mali.

Oui, parce qu’il avait fait ses études en Russie et qu’il parlait russe, c’est ça ?

C’est ça. Et parce que aussi, c’est lui qui était le principal responsable des événements du 21 mai 2021, le second coup d’État qui était intervenu, donc, c’était un million important du dispositif de la junte.

RÉFÉRENCES


https://www.tf1info.fr › Mali : après les attaques contre la junte militaire au pouvoir, le régime vacille-t-il ?/consulté le lundi 27 avril 2026.

https://www.courrierinternational.com › Al-Qaida/consulté le mardi 28 avril 2026.

https://www.ifri.org › Qui sont les jihadistes en Afrique de l’ouest ?/consulté le mardi 28 avril 2026.

https://www.franceinfo.fr › Le Mali plongé dans une grave crise sécuritaire après la perte de Kidal et des attaques conjointes des rebelles touareg et des jihadistes/consulté le lundi 27 avril 2026.

https://www.rfi.fr › Le Mali «est aujourd’hui dans le noir total, on ne sait pas qui gouverne»/consulté le lundi 27 avril 2026.

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