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Jacmel, 15 avril 2026 – Plusieurs centaines de citoyens ont manifesté pacifiquement tôt ce mercredi matin dans différentes rues de Jacmel pour exiger des autorités, notamment de la Police Nationale d’Haïti, une réponse immédiate face à la montée des menaces de gangs visant la cité Alcibiade Pommayrac.

Selon les témoignages recueillis sur place, cette mobilisation intervient deux jours après l’intrusion d’individus armés dans le quartier de Seguin, un épisode qui a ravivé la peur au sein de la population locale. Les manifestants, réunis dans une marche calme mais déterminée, ont sillonné plusieurs axes de la ville pour faire entendre leurs revendications. Leur message est clair : « sécurité, responsabilité et action immédiate ».

Au cœur des revendications figure une exigence directe adressée à la Police Nationale d’Haïti. Les protestataires dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une absence de réponse efficace face aux menaces grandissantes des groupes armés dans la région. « Nou pa ka tann ankò », scandent certains manifestants, traduisant une exaspération croissante face à une insécurité qui gagne du terrain, même dans des zones jusque-là relativement épargnées.
Autre point marquant de cette mobilisation, la demande explicite du retour de l’inspecteur Alland Serge Jolicœur. Son nom a été largement cité dans les pancartes et les slogans, preuve d’un attachement particulier de la population à cette figure sécuritaire, perçue comme plus proche et plus efficace dans la gestion des crises locales.

Cette manifestation met en lumière une réalité de plus en plus préoccupante : l’extension progressive de l’insécurité vers des villes de province comme Jacmel. Longtemps considérée comme relativement stable, la ville fait désormais face à une pression croissante liée aux activités de groupes armés, déjà fortement implantés dans d’autres régions du pays.
Pour les habitants, il ne s’agit plus seulement d’une crainte, mais d’un risque imminent. L’attaque de Seguin agit comme un signal d’alerte. La mobilisation de ce 15 avril comme une réponse citoyenne.

Toutefois, face à la menace, les citoyens de Jacmel ont choisi de descendre dans la rue, pacifiquement, pour se faire entendre. Mais derrière le calme apparent de la marche, une tension réelle persiste. Celle d’une population qui refuse de voir sa ville basculer. Celle d’un appel urgent lancé aux autorités. Reste à savoir si cet appel sera entendu ou ignoré, comme tant d’autres.
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