Le parti politique Vision-Action-Réalisation (VAR) interpelle le Conseil Électoral Provisoire (CEP) sur plusieurs dispositions du décret électoral en vigueur. Dans une lettre ouverte datée du 11 août 2026 et adressée au président du CEP, Jacques Desrosiers, le président du Conseil stratégique du VAR, M Wilson Jeudy, demande une application du cadre électoral conforme aux principes d’équité, de transparence et de participation politique.

 

Dans cette correspondance, le VAR salue certaines dispositions du décret électoral du 2 juin 2026, modifié par celui du 2 juillet, notamment celles relatives à l’enregistrement des électeurs. Le parti estime que la prise en compte de la situation des personnes déplacées constitue une mesure susceptible de favoriser une participation citoyenne plus large et de renforcer la légitimité du processus électoral.

 

Cependant, la formation politique dit rester préoccupée par certaines exigences du décret qui, selon elle, pourraient créer des obstacles à une participation équitable à la compétition électorale. Le VAR estime que, dans le contexte actuel marqué par une crise institutionnelle et sécuritaire persistante, le processus électoral devrait contribuer à restaurer la confiance des citoyens plutôt qu’à alimenter de nouvelles tensions.

 

Le VAR met l’accent sur l’article 153

 

Une partie importante de la lettre de trois pages est consacrée à l’article 153 du décret électoral, qui fixe notamment les pièces et conditions nécessaires à la déclaration de candidature. Le VAR reconnaît la nécessité d’établir des exigences permettant de vérifier l’intégrité, la probité et l’aptitude des candidats à exercer des fonctions publiques. Il appelle toutefois à ce que ces exigences soient appliquées dans le respect des principes d’égalité, de proportionnalité et de participation politique.

 

Le parti attire notamment l’attention du CEP sur les obligations administratives imposées à certains candidats occupant des fonctions publiques incompatibles avec une candidature. Il cite en particulier l’alinéa 16 de l’article 153 concernant les agents exécutifs intérimaires.

 

Pour le VAR, cette disposition doit faire l’objet d’une application claire et uniforme afin d’éviter qu’un candidat bénéficiant d’une fonction publique puisse disposer d’un avantage indu dans la compétition électorale.

 

Les retards administratifs au cœur des préoccupations

 

Le parti politique soulève également la question des documents et certificats dont la délivrance dépend des institutions publiques. Dans sa correspondance, il estime qu’un candidat ne devrait pas être pénalisé lorsque l’impossibilité ou le retard dans l’obtention d’une pièce exigée résulte du fonctionnement de l’administration et non de sa propre responsabilité.

 

Cette position intervient alors que les exigences documentaires et les critères d’éligibilité prévus par le décret électoral font déjà l’objet de débats dans le milieu politique haïtien. Plusieurs dispositions de l’article 153 ont notamment retenu l’attention depuis la publication du décret, notamment celles concernant les conditions d’éligibilité des candidats.

 

Une attention particulière à l’article 388

 

Le VAR invite par ailleurs le CEP à accorder une attention particulière à l’article 388 du décret électoral. Selon la formation politique, son interprétation et son application doivent respecter les principes d’équité, de transparence et de participation politique, afin d’éviter toute situation susceptible de compromettre les droits des acteurs concernés.

 

Un processus électoral présenté comme un outil de réconciliation

 

Au-delà des aspects techniques et juridiques, le VAR défend une conception plus large du processus électoral. Dans sa lettre, le parti estime que les élections ne doivent pas être considérées uniquement comme un mécanisme destiné à désigner de nouveaux dirigeants.

 

Pour eux, le processus électoral doit également constituer un espace de dialogue, de confiance et de réconciliation nationale, particulièrement dans un pays confronté à une crise politique et sécuritaire prolongée.

 

« Le processus électoral ne saurait être uniquement un mécanisme de désignation de nouveaux dirigeants », soutient le parti, estimant qu’il doit contribuer à résoudre la crise politique plutôt qu’à devenir une nouvelle source de tensions.

 

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Cette démarche du VAR s’inscrit dans un contexte où plusieurs acteurs politiques et organisations ont exprimé des préoccupations concernant le cadre électoral. Le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) avait également demandé, le 5 août, une dernière révision du décret électoral, estimant que certaines dispositions pouvaient affecter l’égalité des chances entre les candidats et la crédibilité du processus.