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Après plusieurs mois d’échanges virulents entre le président américain Donald Trump et son homologue colombien Gustavo Petro, les relations entre Washington et Bogota semblent connaître une accalmie. Une rencontre à la Maison-Blanche début février a marqué un tournant diplomatique, même si des interrogations persistent sur la solidité de ce rapprochement.
Pendant des mois, le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, n’a cessé de hausser le ton contre Gustavo Petro, accusant la Colombie de contribuer au trafic de drogue vers les États-Unis. Le dirigeant américain avait même évoqué, à mots plus ou moins couverts, l’hypothèse d’une intervention militaire.
Face à ces déclarations, le chef de l’État colombien avait réagi avec gravité lors d’une interview à BBC, estimant qu’il s’agissait d’« une menace réelle ». Trump était allé jusqu’à lui conseiller de « faire attention à ses arrières », alimentant un climat de forte tension entre les deux capitales.
Sur les réseaux sociaux, les deux dirigeants ont multiplié les attaques personnelles, donnant l’impression d’un affrontement diplomatique durable. Donald Trump avait notamment qualifié Petro de « narcotrafiquant », tandis que ce dernier avait dénoncé l’attitude « grossière et ignorante » du président américain.
La situation était d’autant plus sensible que Washington venait d’intensifier sa pression régionale, notamment après l’opération controversée visant le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Interrogé sur le sérieux des propos américains, Gustavo Petro a reconnu prendre la menace au sérieux, tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie. Il a rappelé l’histoire complexe entre les États-Unis et l’Amérique latine, accusant Washington d’avoir parfois agi « comme un empire » dans la région.
Le président colombien a également souligné que son pays n’avait jamais cessé de coopérer dans la lutte antidrogue, affirmant que les services colombiens participent à 63 % des saisies et que 2 800 tonnes de stupéfiants ont été interceptées durant son mandat.
La rencontre du 3 février 2026 à la Maison-Blanche a toutefois marqué un changement de ton. Donald Trump a parlé d’une « très bonne rencontre » avec son homologue, tandis que Gustavo Petro a qualifié les échanges de « positifs ».
Selon le quotidien El Espectador, l’image des deux dirigeants se serrant la main dans le Bureau ovale aurait semblé impensable quelques mois plus tôt.
D’après plusieurs analyses, Bogota serait arrivé à Washington avec des propositions ciblées sur deux priorités américaines : le renforcement de la lutte contre le narcotrafic ; la relance énergétique dans l’ouest du Venezuela.
Dans le même temps, la Colombie a annoncé la reprise des vols d’expulsion de migrants depuis les États-Unis, geste interprété comme un signal d’apaisement.
Si l’appel téléphonique du 7 janvier n’avait pas eu lieu et que l’escalade verbale s’était poursuivie, plusieurs scénarios étaient plausibles : une détérioration rapide de la coopération sécuritaire ; une pression diplomatique accrue de Washington ; un risque de sanctions économiques ciblées ; une montée des tensions militaires rhétoriques dans la région.
Cependant, une opération directe contre la Colombie serait restée hautement improbable. Contrairement au Venezuela, Bogota demeure un partenaire stratégique majeur des États-Unis en Amérique latine, notamment en matière de lutte antidrogue et de sécurité régionale. Une action militaire aurait comporté des coûts politiques et géopolitiques considérables pour Washington.
Aujourd’hui, le ton s’est nettement adouci entre les deux dirigeants. Mais cette détente repose davantage sur un calcul pragmatique que sur une véritable convergence politique.
Si les provocations publiques reprenaient, les tensions pourraient rapidement resurgir. Pour l’heure, toutefois, Washington et Bogota semblent avoir choisi la voie du réalisme diplomatique, un soulagement prudent pour la région.
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