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Dans de nombreux foyers, la vie conjugale cache une réalité sombre que certaines femmes ne découvrent qu’après quelques mois de cohabitation. Derrière l’image de l’homme attentionné se révèle parfois un visage violent, autoritaire et destructeur. C’est pour cette raison que certaines femmes préfèrent aujourd’hui vivre sous le même toit pendant moins d’une année avant de porter la bague de mariage, afin de mieux observer le comportement réel de leur partenaire.
Au quotidien, la brutalité s’exprime souvent sans raison valable. Des hommes frappent leurs femmes pour un rien, tout en se désintéressant totalement de la gestion du foyer. Toutes les charges reposent alors sur les femmes : laver le linge, nettoyer la maison, s’occuper des enfants, les conduire à l’école et les ramener, les aider à étudier et à faire leurs devoirs, veiller à leur sommeil. Pendant ce temps, certains maris se contentent de rentrer du travail, de manger, de prendre une douche, puis de rester figés devant la télévision ou d’aller dormir. Malgré ce déséquilibre flagrant, certains prennent encore le malin plaisir de frapper leurs femmes, souvent sous le prétexte de la jalousie.
Des témoignages qui brisent le silence
Magda raconte que son mari la frappait sans motif. Il lui interdisait de travailler et l’obligeait à rester enfermée à la maison. À chaque retour, il la battait et l’insultait, la traitant de tous les noms. Jusqu’au jour où, épuisée moralement et physiquement, elle a demandé conseil et pris une décision courageuse pour sauver sa vie.
Pour beaucoup d’autres femmes, la situation reste inchangée. Elles pleurent en silence, subissent jour après jour, se détruisent lentement, convaincues qu’elles doivent supporter cette violence pour le bonheur des enfants.
Marie, elle, a réussi à sortir de cet enfer. Aujourd’hui, elle vit une relation où elle est respectée et traitée comme une reine. Autrefois, son ex-mari ne cessait de la rabaisser avant de la frapper. Son message aux femmes victimes est clair : « Ne gardez jamais le silence. S’il vous frappe une fois, il recommencera. Portez plainte et quittez la maison. Vous êtes des êtres indispensables. Aucun homme n’a le droit de vous rabaisser. Vous êtes belles et dignes, et vous trouverez celui qui vous traitera avec respect. »
Des hommes qui condamnent la violence
Tous les hommes ne soutiennent pas ces pratiques. Ils estiment que les femmes qui en ont été victimes développent une méfiance généralisée et une peur à l’égard des hommes. Beaucoup les jugent malsaines et dangereuses. Bigo affirme que la violence conjugale détruit la confiance et installe la peur. « Ma femme est ma meilleure compagne, celle de mes rêves. Même dans nos mésententes, le respect demeure. La frapper est un comportement inacceptable. »
Il lance un appel clair aux hommes violents : « Si vous êtes fatigués de la relation, rompez. Frapper une femme pour se sentir homme est un comportement malsain. »
La réaction des parents
Les parents des victimes refusent désormais de rester les bras croisés. Une mère témoigne avec fermeté : « J’ai donné la vie à deux filles après Dieu. Elles sont aujourd’hui dans leurs foyers. Si un tel cas se présentait, ma porte serait grande ouverte pour les accueillir. Je ne tolérerai jamais qu’on les frappe. Elles sont la prunelle de mes yeux. »
Pour beaucoup, même en cas d’infidélité, la violence n’est jamais une solution. La rupture reste la décision la plus responsable.
Le regard des médecins
Les médecins observent régulièrement les conséquences physiques des violences conjugales : hématomes, fractures, blessures répétées, mais aussi des troubles plus profonds comme l’insomnie, la fatigue chronique et les douleurs persistantes. Beaucoup de femmes arrivent dans les structures de santé en évoquant des chutes ou des accidents domestiques, alors que leur corps raconte une autre histoire.
Par conséquent, les psychologues alertent sur les dégâts mentaux causés par ces violences. Lorsque la situation devient excessive, la femme développe une peur permanente, une perte totale d’estime de soi, une dépression sévère, voire des troubles anxieux et des pensées suicidaires. Les enfants, témoins de ces scènes, sont eux aussi profondément affectés et risquent de reproduire ou de subir ces comportements plus tard.
Le rôle de la justice
Face à un mari violent, la justice a un rôle fondamental. Porter plainte n’est pas une honte, mais une protection. Les spécialistes conseillent aux victimes de signaler les violences, de conserver les preuves médicales et matérielles, de se rapprocher des associations de défense des droits des femmes et, si nécessaire, de quitter le domicile conjugal. La violence conjugale est un crime et doit être traitée comme tel.
La brutalité des hommes au sein du foyer n’est ni une affaire privée ni une fatalité. Elle détruit des vies, brise des familles et laisse des blessures durables. Briser le silence, écouter les victimes, renforcer l’action de la justice et sensibiliser la société restent des leviers essentiels pour mettre fin à ce fléau. Le foyer devrait être un lieu de protection et d’amour, jamais un espace de peur et de violence.
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