![]()
De plus en plus utilisé sur les réseaux sociaux, le micro trottoir suscite des inquiétudes lorsqu’il implique des élèves en uniforme scolaire. Entre dérives éthiques, atteinte à la vie privée et absence de consentement parental, cette pratique soulève de sérieuses questions sur la protection des mineurs et la responsabilité des créateurs de contenus.
Le micro trottoir est une technique utilisée en journalisme et en communication. Elle consiste à interroger des personnes dans la rue afin de recueillir leurs avis sur des sujets précis. L’objectif de cette pratique journalistique est clair, comprendre l’opinion publique sur une thématique donnée.
Apparu dès les années 1930 aux États Unis, le micro trottoir a été introduit en Haïti dans les années 1970, notamment par des stations de radio comme Radio Métropole. Par la suite, d’autres médias populaires ont adopté cette technique avant qu’elle ne soit progressivement reprise par des créateurs de contenus sur les réseaux sociaux.
Si le micro trottoir demeure un outil pertinent pour capter la voix de la population, son usage actuel soulève de sérieuses préoccupations. De nombreuses vidéos diffusées en ligne montrent des créateurs de contenus posant des questions déplacées, parfois intrusives, telles que « as-tu un petit ami » ou encore « entre ta mère et ton petit ami, qui aimes-tu le plus? ».
Lorsque ces questions sont adressées à des adultes consentants, le débat peut rester ouvert. Toutefois, le problème devient grave lorsque des élèves, clairement identifiables par leur uniforme scolaire, sont pris pour cibles. Alors que l’uniforme représente l’image d’une institution, et filmer un élève revient indirectement à exposer cette institution sans autorisation.
La situation est d’autant plus préoccupante que bon nombre de ces élèves sont mineurs. Ils sont souvent filmés sans leur consentement ou celui de leurs parents ou responsables légaux. De plus, les questions posées ne sont ni éducatives, ni académiques, ni conformes aux valeurs morales censées encadrer l’environnement scolaire.
Un autre aspect alarmant réside dans la motivation de ces pratiques. Ces contenus sont généralement produits dans une logique de recherche de vues et d’engagement sur les réseaux sociaux, sans considération pour l’éthique journalistique ni pour la protection des enfants. Des éléments relevant de la vie privée sont exposés publiquement uniquement pour accroître l’audience.
Face à ce phénomène grandissant qui envahit l’espace public haïtien, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer cette pratique inquiétante. Entre autre, une interrogation s’impose; ne serait-il pas de lancer un appel aux parents afin qu’ils sensibilisent leurs enfants en leur interdisant de répondre à des questions devant une caméra sans autorisation préalable ?
About The Author
En savoir plus sur Top Média Haïti
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

