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Le président américain, Donald Trump, a accordé une grâce présidentielle à l’ancienne Gouverneure de Porto Rico, Wanda Vázquez Garced, reconnue coupable de violations des lois sur le financement des campagnes électorales, ainsi qu’à deux coaccusés, selon le journal américain “The Washington Post”, ce vendredi 16 Janvier 2026. Cette décision relance le débat sur l’usage politique du droit de grâce, dans un contexte marqué par des liens financiers et des interventions du Ministère de la Justice.
Le président américain Donald Trump a gracié l’ancienne gouverneure de Porto Rico, Wanda Vázquez Garced, qui avait plaidé coupable en 2025 à une infraction mineure liée au financement de campagne électorale. Deux autres coaccusés dans cette affaire fédérale, le banquier Julio Herrera Velutini et l’ancien agent du FBI Mark Rossini, ont également bénéficié de cette mesure de clémence.
Cette décision s’inscrit dans une série de grâces présidentielles accordées par Trump à des alliés politiques ou à des personnes ayant soutenu financièrement ses activités. Elle marque aussi un nouvel épisode du retrait progressif du ministère de la Justice de plusieurs enquêtes majeures sur la corruption publique engagées par le passé.
Une affaire de corruption requalifiée
En 2022, Wanda Vázquez Garced avait été inculpée pour corruption aggravée. Les procureurs l’accusaient d’avoir accepté des contributions de campagne illégales lors de sa candidature infructueuse au poste de gouverneure en 2020, en échange de promesses de faveurs politiques.
Selon l’accusation, plus de 300 000 dollars auraient été versés par Julio Herrera Velutini, un banquier vénézuélo-italien influent. En retour, Mme Vázquez aurait accepté de limoger un haut responsable bancaire local que le donateur souhaitait voir écarté. En fait, Mark Rossini aurait servi d’intermédiaire dans ce schéma présumé de corruption.
Un accord judiciaire vivement critiqué
Après plusieurs années de procédures, le ministère de la Justice a brusquement annoncé, en 2025, la conclusion d’un accord mettant fin aux poursuites criminelles. Les chefs d’accusation pour crime ont été abandonnés et remplacés par un simple délit lié au financement de campagne, auquel les trois accusés ont plaidé coupables en août 2025.
Cet accord a fait passer la peine maximale encourue de 20 ans de prison à un an au plus, suscitant l’incrédulité de la justice fédérale.
Dans une ordonnance rendue en juillet, la juge du district Silvia Carreño-Coll a dénoncé une sanction qu’elle a qualifiée de « simple tape sur les doigts », après des années de poursuites menées avec « zèle » par les procureurs de Porto Rico. Elle a également souligné que l’abandon des charges criminelles semblait répondre à des directives venues du siège du ministère de la Justice à Washington.
Dons politiques et réseaux d’influence
Pour justifier cet accord clément, les avocats de la défense ont affirmé auprès du ministère de la Justice que Wanda Vázquez avait été poursuivie en partie en raison de son soutien officiel à Donald Trump.
Julio Herrera Velutini était représenté lors des négociations par Christopher Kise, un avocat ayant déjà défendu Trump dans l’affaire de la gestion de documents classifiés. Par ailleurs, la fille du banquier a versé 2,5 millions de dollars à un Super PAC lié à Trump en 2024, alors que l’acte d’accusation était toujours en vigueur, avant d’effectuer un nouveau don d’un million de dollars en juillet 2025.
Dans un communiqué, Me Kise a déclaré que son client était « profondément reconnaissant envers le président Donald J. Trump pour lui avoir accordé la grâce de sa bienveillante clémence » et qu’il souhaitait désormais se consacrer à sa famille et à sa carrière.
Les avocats de Wanda Vázquez Garced et de Mark Rossini n’ont pas répondu aux sollicitations des médias.
Une enquête jugée “éminemment politique”
Vendredi, un responsable de la Maison Blanche a qualifié les poursuites contre Vázquez, Herrera et Rossini d’« éminemment politiques ». Selon ce responsable, l’ancienne gouverneure a soutenu dans sa demande de grâce qu’aucun accord de type quid pro quo n’avait existé et que le ministère de la Justice avait surveillé de manière inappropriée sa campagne de 2020, ainsi que celle de Donald Trump, dans le cadre de l’enquête.
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