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Dans la rue, dans les cours d’école, sur les réseaux sociaux ou dans les lieux de loisirs, le téléphone n’est plus seulement un outil de communication. Aujourd’hui, chez de nombreux jeunes, il est devenu un symbole de statut social. Un iPhone ou un Samsung dernier cri agit comme un passeport pour obtenir respect et attention. À l’inverse, un appareil de marque plus abordable, comme un Tecno, porte souvent sur son propriétaire une étiquette de stigmatisation.
Téléphone = statut social ?
Dans un pays où les écarts économiques sont visibles, certains modèles de téléphones prennent une valeur qui dépasse largement leurs performances techniques. Pour beaucoup de jeunes, un iPhone ou un Samsung haut de gamme est un message clair : « J’ai réussi », « Je suis à la mode ». En même temps, cela relègue certaines marques plus accessibles au rang de « symbole de pauvreté » ou d’« échec social ».
Des propos discriminatoires alarmants
Par ailleurs, dans les discussions entre jeunes, les mots dépassent parfois la simple plaisanterie. Ceux qui possèdent des modèles haut de gamme méprisent souvent les utilisateurs d’appareils plus simples. En retour, certains jeunes équipés de marques moins coûteuses, comme Tecno ripostent avec des propos offensants à caractère sexuel ou moral, traitant les filles d’« espèce de pute » ou de « lesbienne », et les garçons de « pédéraste ». Des paroles humiliantes qui renforcent les divisions et alimentent des préjugés nocifs.
Donc, ce phénomène ne se résume pas à une question de marque. Il traduit une mentalité où l’on associe la valeur d’une personne à ses possessions matérielles. Lorsque les jeunes rivalisent sur ce qu’ils possèdent plutôt que sur ce qu’ils peuvent accomplir, cela révèle un manque de sens critique et de maturité. On constate également un déficit d’éducation sur l’usage responsable des technologies et des réseaux sociaux, où l’apparence est souvent confondue avec la réalité.
L’impact des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux amplifient la pression de suivre les « tendances » et d’exhiber ce que l’on possède. Le téléphone devient alors un outil d’image, un « badge » d’appartenance à un cercle social. Mais cette dynamique crée une fracture numérique et sociale où l’on classe et juge les individus selon leur appareil.
Alors, dans un pays comme Haïti, où les défis socio-économiques pèsent lourdement sur la jeunesse, la bataille autour des marques de téléphones paraît dérisoire. Elle détourne l’attention des véritables enjeux : l’accès à une bonne éducation, les opportunités professionnelles et l’innovation. Un téléphone, quelle que soit sa marque, reste un outil. L’essentiel réside dans l’usage qu’on en fait : apprendre, entreprendre et bâtir son avenir.
Toutefois, “si nous voulons une jeunesse plus unie et plus consciente, il faudrait cesser d’utiliser la technologie comme barrière sociale”, avance un professionnel en communication sociale consulté dans le cadre de cet article. La valeur d’une personne ne se mesure pas au prix de son téléphone, mais à ses idées, à son travail et au respect qu’elle accorde aux autres. “Un iPhone ou un Tecno, dans les mains d’un esprit visionnaire, peuvent produire plus de changement que n’importe quel haut de gamme détenu sans but”, a-t-il ajouté.
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