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Sterline Civil, nommée Directrice Générale du Fonds National de l’Éducation (FNE) le 18 février 2025, a été révoquée ce jeudi 18 septembre. Elle affirme avoir été écartée parce qu’elle a refusé de détourner des fonds destinés à l’éducation. Dans un recours adressé à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), elle dénonce une décision « arbitraire » et « contraire à la loi », et exige sa réintégration immédiate.
Mme Civil soutient qu’aucune accusation de corruption ne pèse contre elle et qu’aucune faute grave ne justifie cette révocation. Elle rappelle que l’article 21 de la loi organique du FNE fixe le mandat du Directeur Général à trois ans, et qu’aucune disposition légale n’a été appliquée pour justifier son éviction. Pour elle, son recours dépasse sa personne, il s’agit de protéger l’autonomie du FNE, la stabilité statutaire des dirigeants publics et surtout l’avenir de la jeunesse haïtienne. « Ce n’est pas seulement ma personne, c’est le destin de nos institutions », écrit-elle, appelant la CSCCA à jouer son rôle de gardienne de la légalité et de la rigueur républicaine.
Dans une correspondance adressée à Rogavil Boisguéné, président de la CSCCA, Mme Civil dénonce une violation manifeste de la loi, un mépris des règles du contradictoire et une humiliation symbolique pour toute une génération de jeunes cadres haïtiens.
Le cas de Mme. Civil est presque le même scénario qui s’est produit avec l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy, en 2024. Elle avait été révoquée pour laisser la place à des personnes incapables d’apporter une réelle contribution au pays. Le cas de Sterline Civil illustre ainsi la mise à l’écart systématique des rares gestionnaires intègres dans un système rongé par les calculs politiques et financiers.
« Si les dirigeants haïtiens avaient réellement pour mission de combattre la corruption, ils auraient dû révoquer ceux impliqués dans le dossier de la Banque Nationale de Crédit.», estiment des commentateurs sur les réseaux sociaux.
Pour rappel, trois membres du Conseil Présidentiel de Transition, Louis Gérald Gilles, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire, avaient été accusés en 2024 par l’Unité de Lutte Contre la Corruption d’avoir exigé 100 millions de gourdes à la direction de la BNC. Et, malgré des révélations sur des facilités financières obtenues en dehors des normes, la justice a fini par blanchir les trois conseillers, qui conservent encore aujourd’hui leurs postes au sein du CPT.
Toutesfois, la révocation de Sterline Civil met en lumière une vérité amère. Les dirigeants haïtiens n’ont pas la moindre volonté d’emmener le pays vers un cap sérieux, surtout lorsqu’ils choisissent d’écarter ses rares cadres honnêtes tout en protégeant ceux que des scandales accablent. Ce double standard montre que la lutte contre la corruption est un simple slogan, sans volonté réelle, et que les institutions restent otages des intérêts politiques et financiers.
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