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Dans un pays souvent marqué par la division, les tensions politiques et les fractures sociales, il existe encore un terrain où les Haïtiens parlent d’une seule voix : celui du football. Ces derniers jours, l’engouement autour de la sélection nationale a montré un visage rare de l’unité haïtienne. Dans les rues, sur les réseaux sociaux, dans les conversations quotidiennes, un même souhait revient sans cesse : voir Haïti se qualifier pour la prochaine Coupe du monde.
Cet amour commun pour la sélection nationale dépasse les clivages habituels. Peu importe l’appartenance politique, la religion ou la condition sociale, chaque Haïtien vibre au rythme des matches des Grenadiers. Cette ferveur, presque instinctive, dit quelque chose de profond sur le pays : malgré tout, l’espoir demeure. Le football devient alors le miroir d’un rêve collectif, celui d’une Haïti victorieuse, forte, respectée sur la scène internationale.
Mais au-delà du sport, cette unité pose une question essentielle : pourquoi les Haïtiens ne parviennent-ils à s’unir que lorsque le ballon roule ? Pourquoi cette force commune, si puissante dans les tribunes, ne se traduit-elle pas dans la vie nationale ? Si la nation peut se souder autour d’un match, ne pourrait-elle pas le faire autour d’un projet de reconstruction, d’éducation ou de sécurité ?
Le football, dans ce contexte, agit comme un révélateur. Il montre que l’unité n’est pas un rêve lointain, mais une réalité possible. Les mêmes émotions qui animent les supporters peuvent être celles qui animent les bâtisseurs d’un avenir meilleur. Ce sentiment d’appartenance, cette fierté partagée, sont des matériaux précieux pour rebâtir la cohésion nationale.
En soutenant leur équipe, les Haïtiens prouvent qu’ils savent encore rêver ensemble. La sélection nationale devient ainsi l’incarnation du symbole d’un peuple qui se regarde enfin dans le même miroir, sans rivalité ni rancune. Elle prouve qu’au fond, le pays n’est pas condamné à la division, mais qu’il lui suffit d’un objectif commun pour redevenir grand.
Alors oui, peut-être qu’aujourd’hui, le football est la seule chose sur laquelle tous les Haïtiens s’accordent. Mais si cette passion pouvait servir de modèle, de point de départ, elle pourrait être la première pierre d’une victoire nationale.
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