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Dans un contexte où l’influence numérique façonne l’opinion publique, la décision récente de la Chine de réglementer la prise de parole des influenceurs relance le débat sur la nécessité d’un cadre légal en Haïti. Alors que le pays fait face à une circulation massive de fausses informations et à l’absence de normes adaptées aux réalités du numérique, l’urgence d’une régulation devient un enjeu majeur pour la protection des citoyens et la santé de l’espace public.
En cette fin d’octobre 2025, la Chine a franchi une nouvelle étape dans la régulation de son espace numérique. Désormais, tout influenceur souhaitant s’exprimer publiquement sur des sujets sensibles comme la médecine, la finance ou l’éducation doit obligatoirement détenir un diplôme reconnu dans le domaine concerné. Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une série de lois entamées en 2022, visant à encadrer l’écosystème digital national.
Si certains médias comme RFI y voient une tentative de censure ou de contrôle de l’information sortant du territoire, il faut tout de même reconnaître la pertinence de cette approche dans un monde où les contenus numériques sont devenus un vecteur majeur d’information, d’influence, et parfois de désinformation.
Haïti, un cyberespace laissé à lui-même
Contrairement à la Chine, jusqu’à présent Haïti ne dispose d’aucune politique moderne cohérente de gestion du numérique. Les rares lois relatives au secteur datent de 1977 et sont complètement inadaptées aux réalités du XXIᵉ siècle. Le pays fait ainsi face à une cybercriminalité croissante, une prolifération de fausses informations, et un manque total de cadre juridique pour encadrer les contenus diffusés sur les réseaux.
Un influenceur peut tout dire, sans être inquiété
En Haïti, le phénomène des influenceurs explose. Beaucoup d’entre eux s’autoproclament experts en fonction de leur nombre d’abonnés et s’autorisent à parler de tout, sans filtre ni compétence réelle. Ils abordent des sujets aussi sensibles que la santé mentale, les finances ou la politique, sans base scientifique ou professionnelle. Dans un contexte dépourvu de loi, il est difficile de les remettre en question ou de les encadrer.
Toutefois, cette réalité reste un réel danger pour la population, surtout les jeunes, qui prennent ces contenus pour argent comptant. L’absence de régulation crée un espace propice à la désinformation, aux discours haineux et à la manipulation de masse.
Une responsabilité partagée, l’État devrait agir
Haïti gagnerait à établir une institution étatique chargée de superviser l’usage du numérique. Cela permettrait d’encadrer les contenus, de créer des critères de légitimité pour les prises de parole publiques sur certains sujets, et de poser des balises juridiques contre les abus.
Créer des lois est un premier pas, mais encore faut-il les accompagner de mécanismes d’application efficaces. C’est là qu’interviennent des technologies comme l’intelligence artificielle, capables d’identifier les sources crédibles, de modérer les contenus et de détecter les fausses informations ou les discours préjudiciables.
Sans nécessairement copier le modèle chinois, Haïti pourrait avoir l’obligation de repenser son approche du numérique. Dans une société où l’information fausse circule plus vite que la vérité, ne pas encadrer les influenceurs et les plateformes revient à laisser la jeunesse entre les mains du hasard.
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