Une photo du défunt
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Le matin du 7 juillet 2021, Haïti se réveille brutalement avec une nouvelle qui allait secouer les fondations déjà fragiles de la République : le président en fonction, Jovenel Moïse, a été assassiné chez lui, à Pèlerin 5. Un crime d’État aux contours troubles, dont les blessures saignent encore dans la mémoire collective haïtienne.
En ce 7 juillet 2025, la nation se réveille, entre douleur non cicatrisée, quête de justice et incertitude persistante. À Port-au-Prince, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les rues mêmes, le nom de Jovenel Moïse résonne encore, porté par les interrogations qu’a laissées son assassinat : À qui profitait ce crime ? Pourquoi un président a-t-il été tué ainsi, dans l’impunité quasi-totale ?
Un héritage controversé
Né à Trou-du-Nord en 1968, entrepreneur devenu président, Jovenel Moïse avait été élu en 2016 sous la bannière du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK). Son mandat, commencé officiellement en février 2017, a été marqué par des promesses de développement économique, des réformes énergétiques ambitieuses, mais aussi par de vives contestations populaires, des accusations de corruption, et une gouvernance de plus en plus isolée. Pour ses partisans, Jovenel Moïse était un visionnaire, un homme de terrain, un président antisystème, qui dérangeait les puissants. Alors que pour ses détracteurs, il incarnait les dérives autoritaires, la concentration du pouvoir et l’échec des institutions.
Mais au-delà des débats politiques, son assassinat brutal a marqué un tournant historique, révélant au grand jour l’effondrement sécuritaire, judiciaire et institutionnel du pays.
Une justice qui se fait attendre
Quatre ans plus tard, le dossier judiciaire demeure englouti dans un marécage d’obscurité, d’interférences politiques et de lenteurs administratives. Plusieurs arrestations ont eu lieu, en Haïti comme à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Colombie et en République dominicaine. Mais le procès peine à émerger. La vérité, elle, reste éclatée entre versions contradictoires et silences pesants. L’impunité qui entoure cet assassinat alimente la méfiance, la frustration et la lassitude du peuple haïtien face à une justice en panne.
Un symbole national brisé
Le 7 juillet n’est pas seulement la date d’un assassinat. C’est celle d’un choc national. Celle où le monde entier a vu, une fois de plus, la vulnérabilité extrême d’un pays aux prises avec ses démons : corruption, violence, interférences étrangères, fractures politiques.
En cette journée de commémoration, des hommages discrets sont rendus à travers le pays, comme chaque année. Des messes, des veillées, des publications sur les réseaux, des mots de proches ou d’inconnus sont attendus. Au-delà des clivages politiques, nombreux sont ceux qui réclament encore une chose : la vérité et la justice.
Car tant que la lumière ne sera pas faite sur ce crime, tant que les coupables ne seront pas jugés, Haïti peut être considérée comme une République orpheline de confiance, de vérité et d’équilibre.
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