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Aujourd’hui la drogue et son trafic sont perçus comme une menace multidimensionnelle, économique, sociale et sanitaire. La consommation, qu’elle soit de cannabis, d’opioïdes, de stimulants ou de nouvelles substances synthétiques, touche des centaines de millions de personnes, alimente des réseaux criminels transnationaux, déstabilise des régions entières et crée des coûts humains et financiers considérables.
Les types de drogues, et comment elles sont vues aujourd’hui
En général on distingue les drogues d’origine végétale, comme le cannabis et l’opium, et les drogues synthétiques, comme les méthamphétamines, les nouvelles substances psychoactives et certains opioïdes synthétiques. Le cannabis reste la substance la plus consommée au monde, suivi des opioïdes et des amphétamines, tandis que les substances synthétiques et les nouveaux opioïdes posent des risques accrus en raison de leur puissance et de l’imprévisibilité de leur fabrication. Les perceptions varient, d’un usage médical légitime dans certains pays, à une stigmatisation forte dans d’autres contextes, où l’usage est assimilé à la délinquance ou à la faiblesse morale.
Histoire de la drogue et du trafic
L’usage de substances psychoactives existe depuis des millénaires, mais le trafic moderne s’est structuré avec la mondialisation, l’industrialisation des procédés chimiques, et l’ouverture des routes commerciales. Selon le rapport mondial des Nations unies, le nombre de consommateurs de drogues illicites est passé à près de 292 millions de personnes en 2022, soit une hausse importante sur la dernière décennie, et la disponibilité de drogues, notamment synthétiques, a connu une augmentation record ces dernières années. Les données montrent aussi un écart majeur entre le nombre de personnes ayant un trouble lié à la drogue et celles qui reçoivent un traitement, seule une minorité accédant à des soins adaptés.
Des opérations internationales récentes témoignent de l’ampleur du trafic, par exemple une importante saisie coordonnée de centaines de tonnes de cocaïne lors d’une opération impliquant de nombreux pays en Amérique, montrant l’échelle industrielle et la capacité d’adaptation des réseaux criminels.
Pourquoi empêcher le trafic de la drogue
Raison sanitaire: la consommation peut provoquer dépendance, overdoses, maladies infectieuses liées à l’usage injecté, et aggraver les troubles de santé mentale, le tout pesant lourdement sur les systèmes de santé. Les opioïdes synthétiques, très puissants, ont multiplié les risques de décès par overdose dans plusieurs régions dans le monde.
Raison sociale: familles brisées, stigmatisation, marginalisation, hausse de la précarité, augmentation de la criminalité de rue et des violences liées au contrôle des marchés illicites.
Raison économique: le trafic de drogue génère de vastes flux financiers illicites, il alimente la corruption, il détourne des ressources et affaiblit les économies locales et nationales.
Raison sécuritaire: des groupes criminels transnationaux exploitent la faiblesse des États, provoquant déstabilisation et, parfois, convergence avec d’autres trafics illicites comme le trafic d’armes ou la traite des personnes. La production peut aussi se déplacer vers des zones en conflit, où l’économie illicite devient une source majeure de revenus.
Les mesures prises pour lutter contre le trafic et la consommation
La lutte contre le trafic et la consommation de drogues s’appuie à la fois sur des textes internationaux et sur les lois nationales, notamment la Convention unique de 1961, la Convention de 1971 sur les substances psychotropes et la Convention de 1988 contre le trafic illicite, qui imposent aux États de contrôler la production, la circulation et l’usage des stupéfiants. En Haïti, la loi du 14 avril 1982 encadre l’interdiction de la production, de la détention et de la vente de drogues, avec des sanctions pénales et la confiscation des biens liés au trafic.
La lutte passe aussi par des opérations de sécurité aux frontières, la coopération internationale, la surveillance financière pour empêcher le blanchiment d’argent, mais également par la prévention dans les écoles, l’accès aux soins pour les personnes dépendantes et la mise en place d’alternatives économiques dans les zones vulnérables. L’ensemble de ces mesures montre que combattre la drogue nécessite non seulement la répression, mais aussi la santé publique, l’éducation et le développement social.
Le bon usage de la drogue, ce que cela signifie
Il est important de séparer l’usage médical et contrôlé des substances de leur consommation récréative ou illicite. Certains médicaments opiacés ou dérivés sont essentiels en médecine, pour la gestion de la douleur, l’anesthésie, et certains traitements psychiatriques ou neurologiques, lorsqu’ils sont prescrits et surveillés. Le « bon usage » implique prescription médicale, information, suivi, et prévention des détournements vers le marché illicite. Parallèlement, la réduction des risques pour les usagers non traités, et l’accès aux services de soin et de réinsertion, font partie du bon usage sociétal des politiques publiques.
Si la drogue continue de circuler à une échelle mondiale, c’est parce que le trafic s’adapterait plus vite que les politiques qui cherchent à le contenir. Les pays engagés dans cette lutte, comme les États-Unis et leurs partenaires en Amérique latine et dans la Caraïbe, reconnaissent désormais que la répression seule ne suffit pas.
Combattre l’économie de la drogue exige une action combinée : coopération entre États, accès aux soins pour les personnes dépendantes, éducation et prévention auprès des jeunes, mais aussi réduction des inégalités qui nourrissent le trafic. Et tant que ces dimensions ne seront pas traitées ensemble, le marché illicite peut continuer de prospérer sur les fragilités sociales et économiques des peuples.
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