Pérou : destitution du président par intérim José Enrique Jerí Oré, un huitième chef d’État en dix ans

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La « malédiction » présidentielle au Pérou a encore frappé. Le président par intérim, José Enrique Jerí Oré, a été destitué par le Congrès avec 75 voix pour, 24 contre et 3 abstentions, selon des informations rapportées par CNN. Depuis une décennie, le pays d’Amérique du Sud traverse une crise politique chronique. En seulement dix ans, le Congrès péruvien vient d’élire un huitième président, José María Balcázar.

Ce dernier succède à Jerí Oré qui, en tant que président provisoire, a été démis de ses fonctions mardi 17 février 2026 en raison d’accusations de corruption, après seulement quatre mois au pouvoir. L’absence de majorité législative stable pour les dirigeants est régulièrement pointée comme l’une des causes majeures de l’instabilité politique au Pérou.

José María Balcázar, le nouveau président.


D’après El País, le pays a connu « un énième président destitué avant la fin de son mandat », illustrant un scénario devenu récurrent au cours de la dernière décennie.

Une mécanique constitutionnelle contestée

Pour destituer un président en exercice, les parlementaires péruviens s’appuient souvent sur une interprétation large de la notion d’« incapacité morale permanente » prévue par la Constitution. C’est ce mécanisme qui a été invoqué le 17 février 2026 pour écarter Jerí Oré.

Avant lui, Pedro Castillo et Dina Boluarte avaient déjà été renversés par le Congrès actuel, entré en fonction en 2021.

Jerí Oré occupait auparavant la présidence du Congrès en octobre 2025 et se trouvait dans l’ordre de succession après Boluarte, qui ne disposait pas de vice-président. Il a été destitué après des révélations sur des réunions non divulguées avec des chefs d’entreprise chinois. L’intéressé a affirmé qu’il ne faisait que coordonner un festival péruano-chinois.

Le profil du nouveau président intérimaire

Selon la presse espagnole, Jerí Oré, âgé de 39 ans, a été démis de ses fonctions après avoir succédé à Dina Boluarte, elle-même écartée pour incapacité à gérer la crise sécuritaire.

Son successeur, José María Balcázar, ancien juge de 83 ans et membre du parti de gauche Perú Libre, a obtenu le soutien de la majorité des 130 parlementaires en battant trois autres candidats. Avocat, ancien magistrat et député depuis 2021, il devient le huitième président du pays andin depuis 2016.

Il assurera la transition jusqu’à l’entrée en fonction du prochain chef de l’État fin juillet, après l’élection présidentielle prévue le 12 avril.

Des enquêtes pour corruption

Deux enquêtes préliminaires du parquet visaient Jerí Oré pour parrainage illégal d’intérêts privés et trafic d’influence au détriment de l’État.

La première porte sur des rencontres secrètes avec des hommes d’affaires chinois aux activités jugées douteuses. La seconde concerne l’embauche de plusieurs jeunes femmes dans son entourage gouvernemental peu après leurs visites nocturnes au palais présidentiel.

Un système politique fragilisé

Pour The New York Times, cet épisode illustre la fragilité chronique de la présidence péruvienne. Le quotidien note que depuis 2016, plusieurs chefs d’État ont été destitués, contraints à la démission ou visés par des enquêtes.

CNN rappelle que cette instabilité trouve en partie ses racines dans l’ère de Alberto Fujimori, destitué en 2000 à la suite d’un scandale impliquant les services de renseignement et condamné pour corruption et violations des droits humains.

Une crise qui perdure

À deux mois des élections générales du 12 avril 2026, le Pérou reste plongé dans une spirale d’instabilité. Le futur président devra notamment faire face à une recrudescence des meurtres et des extorsions qui frappent les petits entrepreneurs et la classe ouvrière.

Dans l’opinion publique, la classe politique a largement perdu en crédibilité. En 2025, de vastes manifestations avaient déjà dénoncé la corruption et l’insécurité.

Interrogée par l’AFP, la travailleuse indépendante Fabiola Fernandez résume le sentiment populaire :
« C’est un pays de fous, on se couche avec un président et on se réveille avec un autre. »

Référence

https://lactualité.com »Le Congrès péruvien élit le huitième président du pays em dix ans/consulté le jeudi 26 février 2026.

https://www.lemonde.fr › Pérou : la destitution du président José Jeri, révélatrice d’un système politique à bout de soufle/consulté le jeudi 26 février 2026.

https://www.courierinternational.com › Au Pérou, un air de “déjà-vu” après la destitution du président, Jeri/consulté le jeudi 26 février 2026.

https://www.france24.com › Pérou : à peine élu, le président par intérim Balcázar sous le feu des critiques/consulté le jeudi 26 février 2026.

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