À Jacmel, les stations d’essence fermées après l’annonce de la hausse des prix du carburant

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Jacmel, 1er avril 2026 – Au lendemain de l’annonce officielle de l’augmentation des prix du carburant, les stations-service sont restées fermées dans plusieurs zones de Jacmel ce mercredi. Alors que les pompes étaient encore ouvertes le 31 mars, la situation a brusquement changé, laissant place à une rareté du produit et à une flambée des prix sur le marché parallèle, où le gallon de gazoline se négocie jusqu’à 2000 gourdes selon des témoignages concordants.


La décision émane du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), qui ont publié un avis fixant les nouveaux prix à la pompe : 725 gourdes pour la gazoline, 850 gourdes pour le gasoil et 845 gourdes pour le kérosène, avec une entrée en vigueur prévue pour le 2 avril 2026. Mais avant même cette date, les effets de la mesure se font déjà sentir sur le terrain.

Dès ce 1er avril, plusieurs stations de la ville ont gardé leurs portes closes, sans communication officielle visible pour les usagers. Cette fermeture soudaine contraste avec la journée du 31 mars, où les pompes fonctionnaient encore normalement, bien que marquées par une forte affluence, signe d’une anticipation de la hausse par la population. Dans ce contexte, un marché parallèle s’est rapidement imposé comme alternative. Des habitants rapportent que la gazoline est vendue en cachette dans les rues à des prix atteignant 2000 gourdes le gallon, soit près du triple du tarif officiel annoncé. Une situation qui traduit à la fois une pénurie organisée et une spéculation incontrôlée.

Pour de nombreux usagers, notamment les chauffeurs de moto-taxi et les petits commerçants, cette réalité est difficilement contournable. « Si les pompes sont fermées, on est obligé d’acheter dans la rue, même si le prix est exagéré », témoigne un conducteur rencontré au centre-ville. Cette dépendance au carburant expose directement une large frange de la population à cette inflation brutale. La fermeture des stations pourrait s’expliquer par une stratégie d’attente de la part des distributeurs. Certains opérateurs préfèreraient suspendre leurs ventes en attendant l’entrée en vigueur officielle des nouveaux prix, afin d’éviter des pertes ou des tensions avec les consommateurs. D’autres observateurs évoquent également des problèmes d’approvisionnement ou une volonté de profiter de la situation pour ajuster les marges.

Au-delà de Jacmel, cette situation reflète une problématique plus large du secteur énergétique en Haïti : l’écart entre les décisions officielles et leur application réelle. L’absence de mécanismes de contrôle efficaces favorise l’émergence de circuits informels où les prix échappent à toute régulation. Les conséquences pourraient être rapides. Une hausse du carburant, combinée à sa rareté, entraîne généralement une augmentation du coût du transport, puis des produits de première nécessité. Dans un contexte économique déjà fragile, cette nouvelle tension risque d’aggraver les conditions de vie de nombreux ménages.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite concernant la réouverture des stations à Jacmel. La population reste dans l’attente, entre incertitude et inquiétude. Car sur le terrain, une réalité s’impose déjà, le prix officiel existe mais c’est celui de la rue qui s’applique.

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