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Ils se lèvent avant l’aube, comme n’importe quel travailleur. À peine le soleil pointe-t-il qu’ils quittent leurs domiciles avec l’espoir que la journée sera meilleure que la précédente. Mais pour la majorité des marchands ambulants qui vendent des poisons de rats, poudres contre les fourmis ou autres produits antiparasitaires dans les marchés d’Haïti, cet espoir reste souvent déçu.
Ces commerçants parcourent les rues et les allées des marchés publics sous un soleil accablant, parfois sans même trouver un endroit où s’asseoir. Pas de clients, pas de ventes et surtout, pas de revenus suffisants pour répondre aux besoins les plus essentiels.
Pour certains, ce commerce n’a rien d’une activité rentable, mais il représente la seule porte de sortie possible dans un pays où les opportunités professionnelles se font rares. ” Ça n’a aucun bénéfice. Je ne peux même pas me payer un plat chaud à midi, ni payer un loyer “, confie un marchand, la voix serrée. ” Heureusement, ma grande sœur même si elle ne vit pas en Haïti m’a confié sa maison. Sinon, j’habitais à Gressier et avec ce commerce, je ne pourrais rien faire. Je ne peux même pas envoyer mes enfants à l’école cette année. Je crois en Dieu, j’espère qu’il me donnera une meilleure alternative. ” Ajoute-t-il.
Le constat est le même chez beaucoup d’autres. La demande est faible, les moyens du public diminuent, et l’instabilité économique fragilise encore davantage ces petits commerçants qui, pourtant, participent au quotidien à la lutte contre les nuisibles qui affectent la majorité des foyers haïtiens.
Un secteur mixte, où hommes et femmes luttent pour survivre. Celles-ci, souvent mères célibataires, n’y trouvent pas davantage de répit. ” Je suis mère de deux enfants, sans mari. Ce n’est pas un business bénéfique, mais je n’ai aucun support, ” explique une vendeuse ambulante. ” Pour ne pas rester les bras croisés, j’ai dû le faire. Les gens ne comprennent pas. Heureusement, avant que mon mari ne décède, nous avions construit une maison : je ne paie pas de loyer. C’est ce qui m’a sauvé la vie. “
Autour d’elle, les fourmis, les cafards, les souris et les rats continuent de proliférer, rappelant l’importance de ces produits que les vendeurs transportent chaque jour sur leurs épaules. ” Ces nuisibles nuisent à tout le monde “, ajoute-t-elle, avec un sourire résigné.
Pendant ce temps, l’État qui devrait créer des emplois, soutenir les petites activités économiques et offrir des alternatives viables peine à répondre aux besoins urgents d’une population déjà éprouvée par l’insécurité grandissante.
Et pourtant, ces marchands ambulants demeurent là, debout, courageux. Des héros silencieux, qui continuent de lutter pour subvenir aux besoins de leurs familles malgré les conditions difficiles.
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