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Dans un contexte d’insécurité alarmante, où la peur et les incertitudes rythment le quotidien des citoyens, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) maintient la tenue des examens officiels de la NS4 pour le lundi 14 au jeudi 17 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Un pari audacieux pour un pays où même le droit à l’éducation est mis à une épreuve pénible.
Selon les informations fournies par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), des milliers de candidats sont attendus cette année sur l’ensemble du territoire national, répartis dans des milliers de centres d’examen, sous haute surveillance. À travers les villes et les zones rurales, les préparatifs vont bon train, malgré un contexte marqué par les défis sécuritaires, logistiques et sociaux.
Les coups de feu et les affrontements entre groupes armés sont devenus une routine sinistre. Et pourtant, au milieu de cette instabilité, des jeunes s’accrochent à l’idée d’un avenir meilleur, espérant que l’éducation leur offrira une porte de sortie. Sur toute l’étendue du territoire national, les établissements secondaires ont redoublé d’efforts ces dernières semaines pour finaliser les révisions. “On essaie de garder nos élèves motivés malgré les conditions difficiles. Ils se sont beaucoup sacrifiés pour arriver jusque-là”, confie M. Job Censeur d’école.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les rafales d’armes automatiques ont remplacé le silence studieux des jours de classe. Des candidats vivent dans la crainte constante d’un affrontement armé ou d’un déplacement forcé, alors qu’ils devraient être concentrés sur les textes de Kant, Rousseau ou Diderot.
Malgré tout, des milliers de jeunes haïtiens s’apprêtent à affronter cette épreuve symbolique, passage obligé vers la fin de leur cycle scolaire. Pour eux, réussir le baccalauréat représente bien plus qu’un diplôme : c’est un acte de résistance, une affirmation de leur droit à l’avenir dans un pays meurtri. “Même si les conditions sont difficiles, je vais me présenter en salle d’examen. Ce diplôme, je le mérite”, affirme Cassandra, élève au lycée Anacaona, qui dit avoir révisé à la lueur d’une bougie, dans un site d’hébergement dans la commune, et au rythme des alertes d’envahissement des gangs opérant dans la commune de Gressier.
Le MENFP a confirmé le maintien des examens à la date prévue, avec la participation renforcée de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans les centres dans le but d’accueillir les candidats en toute sécurité. Des mesures spéciales auraient été prises également pour sécuriser les zones à haut risque, mais dans les faits, les doutes persistent. Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, bon nombre d’établissements ont été contraints de fermer leurs portes suite aux attaques des gangs de la coalition Viv Ansanm, pour la sécurité des écoliers, des personnels et même des parents qui fréquentaient l’espace. Plusieurs directeurs d’établissement et parents d’élèves à Port-au-Prince, expriment leurs inquiétudes, redoutant que certains candidats ne puissent atteindre leur centre en raison des barricades, ou du simple manque de transport sécurisé.
La date du 14 juillet ne marque pas seulement un rendez-vous académique : elle incarne pour beaucoup une forme de délivrance. “C’est un moment décisif. On veut réussir pour nous, pour nos familles, pour notre avenir”, témoigne Marvens, un élève de Terminale à Léogâne. Pour d’autres, les épreuves de la Philo marquent une étape décisive dans la vie scolaire en Haïti. Elles symbolisent non seulement la fin d’un cycle académique, mais aussi l’accès potentiel à l’enseignement supérieur. Dans un pays où l’avenir semble parfois encombré, réussir la Philo est perçu comme un acte de résistance.
Au-delà des enjeux immédiats, cet examen reste un symbole dans l’imaginaire collectif haïtien : celui de la transition vers l’âge adulte, de l’effort louable dans un pays où l’éducation demeure un combat de chaque jour. En attendant le jour-J, l’incertitude plane. Les stylos sont prêts, les cahiers bien usés, mais l’angoisse dépasse de loin le stress habituel des examens. Car cette année encore, pour réussir le bacc en Haïti, il faut plus que du savoir : il faut du courage.
Entre temps, rendez-vous est donc pris ce lundi 14 au jeudi 17 juillet 2025, pendant 4 jours, le pays retiendra son souffle, les élèves affronteront l’épreuve, et l’espoir d’un avenir meilleur se jouera, une fois encore, sur les bancs d’école après une année scolaire bouleversante sous le feu des balles et les fermetures non prévus.
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