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En Haïti, intégrer l’Université d’État d’Haïti (UEH) constitue, pour de nombreux jeunes, non seulement un rêve mais aussi une conquête. Cependant, derrière ce prestige reconnu dans la société, se cache une réalité rude, faite d’obstacles administratifs, de retards structurels et d’incertitudes permanentes. Les étudiants de l’UEH avancent, souvent en silence, dans un système où la réussite dépend autant de la persévérance que de la compétence.
Une sélection dès le départ
L’entrée à l’UEH est hautement compétitive. Chaque année, des milliers de candidats se présentent aux concours des 11 entités et des écoles affiliées; cependant seuls près d’un quart obtiennent une place. Cette première étape est déjà un tri sévère. Et une fois admis, la première année joue le rôle d’un filtre académique : ceux qui ne parviennent pas à maintenir le niveau sont automatiquement exclus.
Un parcours marqué par l’incertitude
Mais le plus difficile reste le cheminement quotidien. Entre examens retardés, cours non dispensés, interruption d’enseignements liée à l’indisponibilité de professeurs ou arrêts de fonctionnement de facultés, l’étudiant évolue dans un cadre où le temps ne suit aucune logique académique. Un simple retard de note peut bloquer une inscription ou retarder une graduation pendant des mois, voire des années.
Le défi du mémoire, dernière montagne
À l’issue du cycle universitaire, la rédaction du mémoire se révèle être une épreuve supplémentaire. Manque d’encadrement, validation lente de sujets, corrections répétées, soutenances sans visibilité, tout concourt à rendre ce processus éprouvant. Pour beaucoup, cette étape devient un véritable test de résistance mentale.
Une étudiante en psychologie dans l’une des facultés de l’UEH, qui préfère de garder l’anonymat, témoigne :
« Je devais terminer il y a deux ans, mais des professeurs sont partis en voyage et nous n’avons pas eu leurs cours. Certains étudiants ont abandonné. Moi, je continue parce que je veux vraiment finir. »
« En Haïti, on ne peut presque jamais planifier. On s’accroche, on avance, on espère. », ajoute-t-elle.
Un effort national attendu
Ce vécu n’est pas isolé. Il concerne des milliers d’étudiants que le pays forme mais peine à accompagner. La pénurie de professeurs, la dégradation des infrastructures, l’absence d’un calendrier académique stable et le manque d’investissement public appellent une intervention urgente de l’État.
Cette réalité fait de l’étudiant de l’UEH « un apprenant extraordinaire; mais aussi un survivant du chaos, un pilier silencieux du futur du pays, un acteur social que la nation ne pourrait se permettre de négliger.» croit l’apprenant psychologue.
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