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Alors qu’Haïti se débat avec une situation d’insécurité ainsi qu’une crise politique et économique grave, le pays est directement concerné par l’ensemble des décisions du président américain. En effet, des milliers d’Haïtiens sont menacés par cette campagne de déportation entamée par les États-Unis depuis la semaine dernière. Pour cette raison, certains pays concernés, comme le Mexique et la Colombie, ont résisté à ces mesures, refusant dans un premier temps d’accueillir les expulsés.
Cependant, les autorités haïtiennes restent silencieuses quant à la préparation nécessaire pour recevoir ces potentiels déportés.
Bien que l’actuel président, M. Lesly Voltaire, ait effectué des visites officielles en Europe pour rencontrer des dirigeants, dont le pape François à ce sujet, aucune avancée concrète n’a été annoncée jusqu’à présent.
Dès son arrivée à la tête de la maison blanche le 20 janvier, le président américain a signé un décret sur la suspension des programmes d’aide américaine mis en place par des ONG, notamment des subventions destinées à renforcer la prévention du SIDA en Haïti. L’assistance technique dans le domaine de la sécurité a également été affectée par cette mesure, avec la mise en disponibilité des experts pour un délai de 90 jours.
Des jours difficiles s’annoncent pour Haïti
Face à une telle situation, Haïti risque de traverser une période difficile, voire catastrophique, en raison des conséquences néfastes de ces suspensions d’aides sur la vie des communautés. D’ailleurs, le président Voltaire l’a affirmé pendant son passage en Europe.
Déjà, plusieurs dizaines de professionnels en Haïti travaillant dans le cadre du projet PEPFAR (Prévention VIH-PLR-PREP-DREAMS-Sensibilisation, qui préserve 25 millions de vies chaque année) ont été notifiés ce mardi de la suspension du programme à compter du 31 janvier. Cela annonce de nouveaux chômeurs potentiels et, surtout, une recrudescence probable des cas de VIH dans le pays, si aucune alternative n’est mise en place.
Un bien pour les États-Unis
Cependant, ces décisions, en accord avec la vision de Trump depuis sa campagne électorale, s’inscrivent dans une démarche visant à « redonner aux États-Unis leur grandeur ».
Cette série de mesures pourrait être bénéfique pour les États-Unis, cherchant à renforcer leur puissance économique en réduisant certaines dépenses publiques allouées à l’étranger, comme les 60,4 milliards de dollars à divers programmes d’aide internationale en 2023, mais au détriment d’autres pays à travers le monde. Des pays comme Haïti, Cuba, le Venezuela (qui vient de perdre l’accès au renouvellement du programme TPS), la République dominicaine ou encore le Nicaragua, à l’exception de l’Égypte et l’Israël, ne sont à l’abri face à cette politique migratoire du 47e Président américain.
Dans le cadre des décrets signés par M. Trump, la première puissance économique mondiale cherche à expulser les migrants criminels, certains migrants en situation irrégulière ou bénéficiant de statuts temporaires.
Une opportunité d’indépendance
Il est vrai que cette réalité est frustrante pour les pays concernés, mais elle peut aussi représenter une opportunité, à condition que leurs dirigeants fassent des choix intelligents dans un tel contexte. Ils ne devraient pas se contenter de recevoir les rapatriés, mais plutôt instaurer des programmes permettant de tirer parti des compétences des nouveaux arrivants.
De plus, cette situation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opportunités pour remplacer les aides suspendues et, à terme, rendre ces pays moins dépendants de l’aide étrangère. Tant que des subventions internationales sont disponibles, les dirigeants n’ont pas forcément d’incitation à œuvrer pour un État plus autonome et responsable, laissant ainsi certaines ONG assumer des responsabilités qui devraient leur revenir.
Toutefois, les dernières nouvelles en provenance des États-Unis sont préoccupantes. De nombreuses familles en Haïti s’inquiètent pour leurs proches vivant dans le pays sous l’administration Trump. Mais cette crise peut aussi être un levier d’opportunités si les dirigeants des pays concernés, notamment Haïti, peuvent exploiter ce contexte pour mettre en place des programmes et valoriser les capacités des rapatriés. Ainsi, on pourrait voir comment certaines décisions du président américain, perçues comme nuisibles, pourraient en réalité être mises à profit.
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