Le Zimbabwe suspend les droits de douane sur les produits américains pour amadouer Donald Trump

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Dans un contexte de tensions commerciales croissantes à l’échelle mondiale, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a annoncé, via le réseau social X, la suspension immédiate de toutes les taxes à l’importation sur les produits américains, Harare, 6 avril 2025. Cette décision vise à apaiser Washington, et plus particulièrement l’administration de Donald Trump, qui a récemment imposé une surtaxe de 18 % sur les produits en provenance du Zimbabwe.

Alors que les grandes puissances comme la Chine, l’Union Européenne ou encore le Canada menacent de représailles économiques à l’égard des mesures protectionnistes américaines, le Zimbabwe opte pour une approche conciliatrice.

« Nous croyons en la voie du dialogue », a déclaré le président Mnangagwa, espérant ainsi inciter la Maison-Blanche à revoir sa position.

Des enjeux économiques non négligeables pour Harare

Si les échanges commerciaux entre les deux pays restent modestes à l’échelle internationale, 110 millions de dollars en 2024, ils sont loin d’être anecdotiques pour l’économie zimbabwéenne. Grâce à ses exportations de tabac, de sucre et de minerais de fer, le Zimbabwe a dégagé un excédent commercial de 24 millions de dollars avec les États-Unis l’an dernier, un chiffre trois fois inférieur à celui enregistré en 2023.

La nouvelle taxe américaine risque donc de fragiliser cet équilibre déjà précaire. C’est dans cette optique que le Zimbabwe mise sur la coopération économique, en levant unilatéralement ses propres barrières douanières.

Une relation bilatérale marquée par des tensions persistantes

Les relations entre le pays sud africain et les États-Unis sont depuis longtemps marquées par des tensions politiques et économiques. Sous le régime autoritaire de Robert Mugabe, Harare a été la cible de sanctions occidentales, notamment américaines, en raison de violations des droits humains, de répressions politiques et de la très controversée réforme agraire des années 2000.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa en 2017, à la suite de la démission forcée de Mugabe, certaines tentatives d’apaisement ont été initiées. Toutefois, les États-Unis maintiennent une posture méfiante, dénonçant régulièrement la corruption et les entraves à la démocratie dans le pays.

Avec ce geste diplomatique audacieux, le Zimbabwe espère redéfinir une partie de sa relation avec les États-Unis. Reste à savoir si cette main tendue trouvera un écho favorable dans les hautes sphères de Washington.

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