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À l’approche du 7 février 2026, échéance annoncée pour la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), la situation politique en Haïti entre dans une zone de fortes turbulences. Alors que cinq des Sept Conseillers président ont signé la décision de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, la pression croissante de la communauté internationale et la dégradation du climat sécuritaire ravivent les inquiétudes autour de la stabilité du pouvoir intérimaire et du respect du calendrier de transition.
Depuis la journée du mercredi 21 janvier, des informations faisant état d’une possible révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé circulent avec insistance sur les réseaux sociaux et dans certains médias. À l’origine de ces informations, une publication de Radio Télé Métronome sur le réseau social X, évoquant une initiative interne au sein du Conseil présidentiel de transition visant à renverser le chef du gouvernement.
Selon les informations rapportées plus tard par plusieurs médias locaux, plusieurs conseillers présidentiels se trouvaient déjà à la villa d’accueil pour une rencontre décisive. Dans la foulée, le Conseiller Lesly Voltaire a confirmé que cinq conseillers ont déjà signé une résolution visant à renverser le Premier ministre, et ce malgré les avertissements émis par les États Unis quelques heures auparavant.
Toutefois, l’actuel président du CPT, M. Laurent Saint Cyr a tenu à préciser qu’il n’était nullement question de transmettre ce document contenant la décision à la presse nationale. Il a rappelé que, conformément au décret régissant le fonctionnement du CPT, cette responsabilité revient exclusivement au coordonnateur du Conseil.
Cette situation alimente les craintes d’une crise politique majeure au sommet de l’État intérimaire, alors que le mandat du CPT arrive à son terme dans un climat déjà marqué par une insécurité persistante et une forte pression internationale.
De leur côté, les acteurs internationaux n’ont pas tardé à réagir. Dans une série de messages publiés sur X le 22 janvier 2026, l’Ambassade du Canada en Haïti s’est dite profondément préoccupée par les tentatives de certains membres du CPT de remplacer le Premier ministre à seulement quelques jours de la fin de leur mandat. Le Canada appelle les conseillers présidentiels à respecter leur engagement de quitter leurs fonctions le 7 février 2026 et avertit qu’il demeure prêt à prendre des mesures contre tout acteur compromettant la paix, la sécurité et la stabilité du pays.
De leur côté, les États Unis, à travers leur ambassade en Haïti, ont adopté une position ferme. Dans une note publiée le mercredi 21 janvier 2026, Washington estime que toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le CPT à ce stade avancé de son mandat serait considérée comme nulle et non avenue. Les autorités américaines vont plus loin en affirmant que toute personne soutenant une telle initiative déstabilisatrice agirait contre les intérêts du peuple haïtien, de la région et des États-Unis, et s’exposerait à des mesures appropriées.
Parallèlement à cette tension institutionnelle, la situation sécuritaire dans la capitale demeure préoccupante. Plusieurs quartiers de Port au Prince, notamment Pétion Ville et Delmas, se sont réveillés sous haute tension jeudi, avec des barricades enflammées et des tirs signalés dès l’aube. Si certains accusent le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé d’être à l’origine de ces mouvements, la Primature a publié une note condamnant fermement les troubles et rejetant toute implication du chef du gouvernement.
À l’heure actuelle, rien ne bouge. Aaucune décision officielle n’a été annoncée. Le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé et l’ensemble de son gouvernement restent en fonction. En l’absence d’un acte administratif publié et transmis par les canaux institutionnels compétents, la révocation du chef du gouvernement demeure, pour l’instant, au stade de rumeur et de manœuvre politique interne.
Si la décision du CPT n’est pas respectée, cela révélerait que le Conseil n’a jamais disposé d’une autorité réelle sur le gouvernement et le déroulement de la transition. Une situation qui soulignerait également la fragilité institutionnelle du CPT et pourrait renforcer le doute de la population sur sa légitimité.
Cela mettrait, par ailleurs, en évidence le rôle prépondérant des acteurs internationaux, laissant entendre que ce sont eux, plutôt que les instances haïtiennes, qui influencent véritablement la direction politique et institutionnelle du pays.
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