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Haïti perd l’un de ses plus grands créateurs : l’ultime salut de Dadou Pasquet, musicien visionnaire dont la lumière ne s’éteindra jamais
Le monde de la musique haïtienne est en deuil. André « Dadou » Pasquet, monument du compas et figure incontestable de la culture haïtienne, s’est éteint dans la douceur et la paix, entouré de sa famille. L’annonce, faite par ses proches, ce dimanche 23 novembre 2025, a bouleversé des milliers de fans à travers le monde qui saluent aujourd’hui la mémoire d’un artiste rare, un maître dont le génie n’avait d’égal que la simplicité.
Né en Haïti, Dadou s’est imposé très jeune comme l’un des guitaristes les plus talentueux de sa génération. Son passage au sein du mythique groupe Tabou Combo marqua le début d’une ascension fulgurante. Avec une identité sonore unique, nourrie de discipline et d’audace, il contribua discrètement mais puissamment à enrichir le compas, laissant sa signature dans plusieurs compositions emblématiques.
Après cette première aventure, Dadou écrivit une nouvelle page de son histoire en cofondant, aux côtés de son frère Tico, le Magnum Band. Ce groupe serait l’une des créations les plus marquantes de sa carrière : un laboratoire musical où se mêlaient groove, jazz, blues et identité haïtienne. Connu pour la finesse de ses arrangements et la profondeur de ses textes, Magnum Band devint une référence, un symbole d’élégance dans la musique haïtienne.
Au fil des décennies, Dadou Pasquet développa une œuvre abondante : albums, performances internationales, collaborations, innovations. Son style de guitare, à la fois précis, sensible et audacieux, inspirait les jeunes musiciens comme les vétérans. Sa musique reflétait un esprit libre, un artiste qui n’a jamais cessé de chercher, d’expérimenter, et de repousser les frontières du compas pour l’élever toujours plus haut.
Mais au-delà du musicien, il y avait l’homme. Un père, un époux, un ami, un croyant. Sa famille insiste sur son humilité, sa douceur et son attachement profond à ses racines. Pour eux, il était un repère, un cœur généreux, un esprit lumineux. C’est entouré des siens qu’il a quitté ce monde, laissant derrière lui une atmosphère de gratitude autant que de tristesse.
Dans le message bouleversant publié par sa famille, un appel résonne avec force : « Jwe mizik lan ». Ce furent les mots de Dadou lui-même lorsqu’on lui demanda ce qu’il souhaitait laisser au monde. Un testament simple, mais puissant. Une invitation à perpétuer son héritage en continuant de faire vivre ses mélodies, ses riffs emblématiques, son esprit de création.
Alors que le pays et la diaspora pleurent la perte d’un géant, une certitude demeure : la musique de Dadou Pasquet ne mourra jamais. Elle continuera de traverser les générations, d’habiter les fêtes, les radios, les souvenirs et les cœurs. Un roi du compas s’en est allé, mais sa lumière, elle, ne s’éteindra pas.
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