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Le mardi 12 janvier 2010 reste une date marquante de l’histoire récente d’Haïti. Ce jour-là, quelques heures avant le séisme dévastateur qui a frappé Port-au-Prince, le professeur et chercheur haïtien Jean Anil Louis-Juste a été assassiné par balles en pleine rue. Seize ans plus tard, ce crime demeure non élucidé. Un symbole des failles persistantes du système judiciaire haïtien face aux assassinats ciblés.
Jean Anil Louis-Juste était professeur de sociologie à l’Université d’État d’Haïti, notamment à la Faculté des sciences humaines. Chercheur reconnu, il s’est distingué par ses travaux critiques sur la société haïtienne, les inégalités sociales et le rôle des organisations internationales. En parallèle de sa carrière universitaire, il était engagé dans la vie publique et participait activement aux débats sociaux, ce qui faisait de lui une figure connue dans les milieux intellectuels et étudiants.
Le mardi 12 janvier 2010, en milieu de journée, alors qu’il quittait son lieu de travail, à l’avenue Christophe, au centre-ville de Port-au-Prince, Jean Anil Louis-Juste a été pris pour cible par des individus armés circulant à moto. Atteint par plusieurs projectiles, il a succombé à ses blessures sur place. Quelques heures plus tard, le tremblement de terre venait plonger le pays dans le chaos, reléguant rapidement l’annonce de son assassinat au second plan de l’actualité.
En 2026, sur le plan judiciaire, aucune avancée notable n’est encore enregistrée. 16 ans plus tard, aucune arrestation, aucun procès, aucun rapport public n’a permis d’identifier les auteurs ou les commanditaires de cet assassinat. L’affaire n’a jamais abouti devant les tribunaux. Et ainsi s’est renforcé le sentiment d’impunité qui entoure de nombreux crimes politiques ou ciblés en Haïti. Pour les proches, les collègues et les étudiants de la victime, l’attente de justice demeure entière.
Chaque année, des hommages sont rendus au défunt au sein de l’Université d’État d’Haïti et dans certains cercles intellectuels. Manifestations symboliques, conférences, prises de parole publiques rappellent son engagement et dénoncent le silence judiciaire. Une série d’initiatives qui visent à maintenir vivante la mémoire du professeur et essayer à interpeller les autorités sur leur responsabilité dans le traitement de ce dossier.
Toutes fois, l’affaire Jean Anil Louis-Juste s’inscrit dans une longue liste de crimes restés impunis en Haïti, touchant journalistes, intellectuels et militants. Seize ans après les faits, l’absence de réponse judiciaire soulève une question centrale : l’État haïtien est-il en mesure d’assurer justice et protection à ses citoyens ?
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