À quelques mois des élections, Lambert et Latortue blanchis par la justice haïtienne : un retour possible sur la scène politique ?

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À quelques mois des élections générales prévues pour le 30 août et le 6 décembre 2026, Joseph Lambert et Youri Latortue, deux figures emblématiques de la politique haïtienne, se retrouvent au centre d’un débat brûlant. Blanchis par la justice haïtienne dans un dossier de corruption présumée, leur situation relance les interrogations sur leurs ambitions électorales.

Entre 2017 et 2020, le Trésor public aurait émis neuf chèques au profit de Carmen Immacula Cantave, mère de Youri Latortue, dans le cadre de contrats avec le Sénat. Sur cette base, le juge d’instruction Marthel Jean Claude avait soupçonné des faits de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêt.

Youry Latortue

Joseph Lambert, pour sa part, était poursuivi pour entrave présumée à la justice. Mais le 11 mars 2026, la cour d’appel de Port-au-Prince, composée des juges Joseph Jeudilien Fanfan, Raymond Jean Michel et Jean Claude Dabrezil, a estimé qu’il n’existait pas d’indices suffisants et a annulé les poursuites.

Joseph Lambert

Des sanctions internationales toujours en vigueur

Malgré leur blanchiment en Haïti, Lambert et Latortue restent sous le coup de sanctions internationales. Le 4 novembre 2022, les États-Unis et le Canada les accusent d’implication dans le trafic international de drogue, de corruption et de liens présumés avec des réseaux criminels. Pour cause, Washington et Ottawa ont gelé leurs avoirs et interdit toute transaction avec leurs institutions, rappelant que leur image internationale demeure compromise.

Un timing électoral qui interroge

Leur blanchiment survient à un moment stratégique, à six mois des élections qui permettront de renouveler la Chambre des députés, du Sénat et la présidence de la République. Certaines voix s’interrogent sur les motivations derrière ce blanchiment. Pour certains observateurs, le timing pourrait laisser penser à des arrangements en coulisses : est-ce que des pressions, des promesses ou même des compensations financières auraient pu influencer la décision de la cour ?

D’autres avancent l’idée que des promesses de privilèges ou d’avantages futurs, en cas d’élection, pourraient expliquer ce revirement. Cependant à ce stade, aucune preuve officielle ne permet de confirmer ces hypothèses, mais elles traduisent la méfiance persistante envers les grandes décisions judiciaires en Haïti.

Toutefois, ce revirement judiciaire alimente donc les spéculations sur l’influence des acteurs politiques et le rôle des institutions dans le processus électoral. Il illustre le contraste entre la justice nationale et la pression internationale, tout en mettant en lumière les doutes persistants quant à la crédibilité des institutions et la lutte contre la corruption en Haïti.

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