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« À force de transitions, nous avons fini par institutionnaliser l’instabilité. » Cette phrase, lâchée sans détour par Maître Frédo Jean Charles, président de l’INDDESC, résume à elle seule l’impasse politique haïtienne. Lors de son intervention à l’émission Agora sur Radio Télévision Caraïbes, le 28 janvier 2026, l’avocat a mis des mots sur une réalité devenue structurelle : en Haïti, l’exception n’est plus temporaire, elle est devenue la règle.
Depuis des décennies, la transition est présentée comme une nécessité, un passage obligé vers la démocratie. Mais pour Frédo Jean Charles, ce discours masque une autre vérité : la transition sert avant tout à éviter le verdict des urnes. Gouverner sans élections, sans Parlement et sans contrôle populaire n’est plus une anomalie, mais un mode de gestion politique assumé, entretenu et protégé.
Cette instabilité permanente n’est pas neutre. Elle profite à des élites politiques et économiques qui tirent avantage d’un État faible, dépendant et sans légitimité populaire. Sous couvert d’urgence sécuritaire ou humanitaire, le pouvoir se déplace hors du champ citoyen, pendant que les décisions majeures se prennent loin du peuple, parfois même hors du territoire national.
En plaçant l’instabilité au cœur du système, avertit Frédo Jean Charles, Haïti ne fait pas que retarder la démocratie : elle la vide de son sens. La vraie question n’est donc plus de savoir quand la transition prendra fin, mais qui a intérêt à ce qu’elle ne finisse jamais. Tant que cette logique perdurera, conclut-il, le pays restera prisonnier d’un pouvoir qui gouverne dans l’instabilité pour ne jamais avoir à rendre de comptes.
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