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Le conflit russo-ukrainien, qualifié d’« opération spéciale » par le chef du Kremlin, demeure au cœur de l’actualité internationale sans véritable accord de paix après près de quatre ans de guerre. Le président français s’était déjà rendu à Moscou dans le cadre d’efforts diplomatiques visant à mettre fin aux hostilités entre la Russie et l’Ukraine. Cependant, après plusieurs tentatives, le dialogue avait été interrompu.
Récemment, le 3 février 2026, en visite à Vallerois-le-Bois (Haute-Saône), Emmanuel Macron n’a pas écarté la possibilité de renouer les discussions. Il a confirmé que la reprise du dialogue avec Vladimir Poutine était « en train de se préparer », tout en affirmant que Moscou ne montre pas de « vraie volonté » de négocier la paix en Ukraine.
En effet, la dernière conversation entre les deux dirigeants au sujet de la guerre remonte à juillet 2025. En décembre de la même année, le président français avait estimé qu’il allait « redevenir utile de parler » à son homologue russe, une déclaration bien accueillie par le Kremlin. Leur précédent échange notable datait du 11 septembre 2022 et portait notamment sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les forces russes.
Par ailleurs, le chef de l’État français a précisé que toute reprise de contact se ferait « en transparence et en concertation » avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont le pays subit l’invasion russe depuis février 2022. Emmanuel Macron insiste : « Il est important que les Européens restaurent leurs propres canaux de discussion. » Aucune date n’a toutefois été avancée. Le locataire de l’Élysée estime que les récentes attaques russes, qualifiées d’« intolérables », ne témoignent pas d’une réelle volonté de paix.
À l’exception du président français, la majorité des dirigeants européens maintiennent leurs distances avec Vladimir Poutine. Néanmoins, la pression monte pour éviter de laisser le président américain seul à la manœuvre diplomatique après son rapprochement avec Moscou.
Selon les arguments avancés par les dirigeants russes avant la guerre, quatre griefs principaux expliqueraient la dégradation des relations avec l’Occident :
Dans les années 1990, Moscou n’a pas pu empêcher certaines interventions occidentales, notamment les frappes aériennes de l’OTAN contre des positions serbes au Kosovo et en Serbie en mars 1999. Pour la Russie, cette campagne menée hors cadre onusien a été perçue comme une humiliation et a marqué un premier refroidissement des relations russo-américaines.
Les autorités russes estimaient que l’OTAN aurait dû disparaître avec la fin de la menace soviétique. Elles affirment également que des garanties orales auraient été données à Mikhaïl Gorbatchev concernant l’absence d’extension de l’Alliance vers l’Est.
Au sommet de Bucarest en 2008, l’Alliance a affirmé que ces deux pays « deviendraient membres de l’OTAN ». Pour Moscou, cette perspective a constitué une rupture majeure.
4. Les accords de Minsk II
Le quatrième grief concerne la non-application, selon la Russie, des accords de Minsk II signés en février 2015, notamment sur la question de l’amnistie des séparatistes prorusses.
Les estimations actuelles font état d’environ 3,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Ukraine et de plus de 6,5 millions de réfugiés à l’étranger. Depuis février 2022, la guerre continue de s’intensifier malgré les efforts de la communauté internationale.
Plusieurs villes ukrainiennes ont été lourdement détruites, entraînant des conséquences humanitaires profondes. Par l’intermédiaire du partenariat entre World Vision International et World Vision France, plus de 570 000 personnes ont reçu une aide alimentaire, plus de 250 000 enfants ont bénéficié de programmes éducatifs et plus de 120 000 personnes ont reçu un soutien psychologique.
La situation économique des déplacés et réfugiés demeure fragile : beaucoup peinent à trouver un emploi durable et à accéder aux ressources essentielles, d’où l’accent mis sur les moyens de subsistance et l’éducation.
Le 17 novembre 2025 à Paris, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont renforcé la coopération économique et industrielle entre leurs pays. Un accord intergouvernemental a établi un cadre de coopération renforcée dans des secteurs clés pour la reconstruction de l’Ukraine : défense, énergie, transports, gestion de l’eau, numérique, métaux critiques, agriculture, santé et déminage.
Depuis 2022, la France maintient un soutien continu à l’Ukraine malgré les conséquences économiques et sociales de la guerre. De son côté, l’Union européenne et ses États membres ont mobilisé environ 187,4 milliards d’euros d’aide, considérée comme un pilier essentiel de la stabilité ukrainienne. Cette assistance s’inscrit dans le Plan pour l’Ukraine, un programme de réformes visant notamment à renforcer l’État de droit et lutter contre la corruption.
Alors que la Russie poursuit ses bombardements, Emmanuel Macron a estimé le 12 février qu’il n’y avait « pas d’urgence » à reprendre contact, tout en soulignant la nécessité d’une coordination européenne. À l’issue d’un sommet informel en Belgique, il a déclaré : « Ce n’est pas une question de jours, on prépare les choses. »
Le président français avait déjà annoncé en décembre vouloir renouer des échanges directs avec Vladimir Poutine. Début février, il a même dépêché son conseiller diplomatique à Moscou pour préparer le terrain.
Entre-temps, Paris continue de dénoncer les frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes, jugées incompatibles avec une réelle volonté de négociation.
En toile de fond, la question demeure : une reprise du dialogue pourra-t-elle réellement ouvrir la voie à des négociations de paix durables, ou s’agit-il d’un simple rétablissement de canaux diplomatiques dans un conflit toujours enlisé ?
Références
France24, Macron dit que la reprise du dialogue avec Poutine est “en train de se préparer”, consulté le 14 février 2026.
IHEDN, Les origines historiques de la guerre en Ukraine, consulté le 15 février 2026.
World Vision France, Conséquences de la guerre en Ukraine, consulté le 15 février 2026.
Direction générale du Trésor, La France et l’Ukraine renforcent leur coopération économique et industrielle, consulté le 15 février 2026.
RFI, Dialogue avec Poutine : « Ce n’est pas une question de jours », dit Emmanuel Macron, consulté le 14 février 2026.
Euronews, Macron évoque une possible reprise du dialogue avec Vladimir Poutine, consulté le 14 février 2026.
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