Fumer de la chicha est-il dangereux pour la santé ?

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Ces dernières années, la chicha s’impose progressivement dans les habitudes de consommation en Haïti, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes. Souvent perçue à tort comme moins nocive que la cigarette, cette pratique gagne en popularité dans un contexte marqué par l’absence de véritable contrôle sur sa vente et son usage, alors même que les professionnels de la santé alertent sur ses graves conséquences sanitaires.

La chicha, également appelée narguilé ou hookah, est aujourd’hui bien présente dans plusieurs espaces de loisirs en Haïti. Bars, soirées privées et lieux festifs deviennent des lieux où cette pipe à eau est consommée de manière banalisée. Pour de nombreux jeunes, elle est considérée comme un simple divertissement, supposé moins dangereux que la cigarette traditionnelle. Une perception erronée, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui classe la chicha parmi les formes de tabagisme les plus nocives.

Contrairement aux idées reçues, la chicha contient du tabac, généralement entre 25 et 30 pour cent, mélangé à de la mélasse, des arômes, des conservateurs et divers agents chimiques. Lors de la combustion, ce mélange libère de la nicotine, du goudron, du monoxyde de carbone et de nombreuses substances toxiques. Les arômes fruités atténuent l’irritation de la fumée, facilitant une inhalation prolongée et favorisant la dépendance, notamment chez les jeunes consommateurs.

Selon l’OMS, une seule séance de chicha peut équivaloir à la consommation de 20 à 30 cigarettes, voire davantage. La combustion lente du charbon produit une forte concentration de monoxyde de carbone, particulièrement dangereuse pour le cœur et les poumons. À long terme, cette pratique augmente considérablement les risques de cancers, notamment du poumon, des lèvres et de la vessie, ainsi que de maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques.

Au-delà des substances inhalées, la chicha représente aussi un risque sanitaire collectif. Le partage du tuyau ou de l’embout favorise la transmission de bactéries et de virus, exposant les consommateurs à des infections telles que l’hépatite ou la tuberculose. Le tabagisme passif constitue également une menace, les personnes présentes dans l’environnement enfumé étant elles aussi exposées à des effets néfastes sur leur santé.

En Haïti, la situation est d’autant plus préoccupante qu’il n’existe pas de mécanisme de contrôle strict sur la vente et la consommation de la chicha. L’absence de réglementation claire facilite l’accès à ces produits, y compris pour les mineurs, contribuant à la normalisation d’une pratique pourtant dangereuse.

Face à cette réalité, l’OMS appelle les autorités sanitaires et les acteurs communautaires à renforcer les actions de prévention et de sensibilisation. L’organisation rappelle qu’il n’existe aucune forme de tabagisme sans risque et que la chicha n’est en aucun cas une alternative saine à la cigarette. Derrière son apparence conviviale et ses parfums attractifs, elle demeure un produit toxique aux lourdes conséquences pour la santé publique.

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