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Le Maroc est confronté à une crise climatique majeure dans le nord et le nord-ouest du pays après des précipitations exceptionnelles, plus de 215 % supérieures à celles de l’an dernier, qui ont largement dépassé les capacités d’écoulement des plaines et des rivières. Face à la montée rapide des eaux et aux risques d’inondation, les autorités ont lancé des opérations d’évacuation sans précédent pour protéger les populations vulnérables.
Depuis la fin du mois de janvier, le ministère de l’Intérieur marocain coordonne un vaste dispositif d’urgence visant à déplacer les habitants des zones à risque, principalement dans les provinces du Gharb, Larache et alentours. À ce jour, plus de 108 432 personnes ont été évacuées des plaines inondables et des villes basses, notamment autour de Ksar El Kebir, où environ 85 % de la population est partie, laissant des quartiers presque déserts face aux eaux, selon le média Times Live.
Les opérations d’évacuation se sont intensifiées avec le soutien de l’armée, de la protection civile et d’hélicoptères de secours, déployés pour atteindre les zones les plus isolées. Les autorités ont installé des abris provisoires, distribué nourriture et soins de première nécessité, tout en maintenant une veille météo renforcée face à la menace de nouvelles précipitations. Des coupures d’électricité ont été signalées dans certaines localités inondées, et un avertissement rouge reste en vigueur pour plusieurs régions du nord.
Le contexte de cette crise est particulier : après sept années de sécheresse, le Maroc a bénéficié de pluies très abondantes qui ont permis de reconstituer les réserves d’eau et rempli de nombreux barrages. Mais cette pluie, concentrée sur une courte période, a aussi provoqué des crues soudaines et mis sous pression des infrastructures hydrauliques comme le barrage d’Oued Makhazine, qui fonctionne à plus de 146 % de sa capacité normale.
Les organisations de défense des droits humains et certains acteurs locaux appellent désormais le gouvernement à déclarer officiellement les zones touchées « sinistrées », ce qui ouvrirait la voie à des compensations économiques, à une aide plus large et à la reconstruction. Les autorités, pour leur part, restent sur le qui-vive, appelant les habitants à quitter immédiatement les zones exposées tant que les risques ne sont pas totalement dissipés.
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