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Depuis plusieurs années, l’Amérique latine est marquée par une succession de victoires de dirigeants conservateurs, traduisant un rééquilibrage idéologique régional. La victoire de Nasry Asfura à l’élection présidentielle hondurienne s’inscrit dans cette dynamique, caractérisée par l’affirmation d’une droite assumée et par le recul progressif des forces de gauche.
Parmi les figures emblématiques de ce virage conservateur figurent Javier Milei en Argentine, Nayib Bukele au Salvador, Rodrigo Paz en Bolivie, ainsi que José Antonio Kast récemment élu au Chili. Le Honduras rejoint désormais cette tendance régionale. Ce mercredi 24 décembre 2025, après plusieurs semaines de dépouillement entachées de difficultés techniques, le Conseil National Électoral a proclamé la victoire de Nasry Asfura, ancien maire de Tegucigalpa de 2014 à 2022, présenté par de nombreux observateurs comme bénéficiant du soutien politique de l’ancien président américain Donald Trump.
Un retour à droite après l’expérience du parti LIBRE
Les élections générales honduriennes se sont tenues le 30 novembre 2025, marquant un tournant politique majeur. Quatre ans après l’arrivée au pouvoir du parti de gauche LIBRE, le pays opère un retour à droite. La présidente sortante Xiomara Castro, élue en 2021 sur la promesse de rompre avec ce qu’elle qualifiait de « narco-dictature » du Parti national et de refonder l’État, voit son camp subir un revers significatif.
Sa dauphine, Rixi Moncada, n’a recueilli que 19,2 % des suffrages, enregistrant une défaite historique. À l’inverse, le Parti national retrouve le pouvoir à travers Nasry Asfura, âgé de 67 ans, qui obtient 40,27 % des voix. Il devance de peu Salvador Nasralla du Parti libéral, crédité de 39,53 %.
Une compétition électorale à trois trajectoires opposées
La campagne présidentielle a mis en lumière de profondes fractures politiques, notamment au sein du camp présidentiel, divisé entre la présidente Xiomara Castro et son époux Manuel Zelaya, ancien chef de l’État renversé par un coup d’État en 2009. Ce noyau de pouvoir, surnommé « el Familión », a cristallisé de nombreuses critiques.
Trois candidats aux visions irréconciliables se sont affrontés lors du scrutin du 30 novembre. Nasry Asfura, dit « Tito », candidat du Parti national, a misé sur un discours pragmatique axé sur la sécurité, les investissements et le rétablissement d’une alliance stratégique avec les États Unis.
Salvador Nasralla, ancien premier vice président du Honduras entre 2022 et 2024, s’est positionné comme un technocrate anticorruption. Opposé au rapprochement diplomatique avec la Chine populaire, il a plaidé pour un alignement clair avec Taïwan.
Enfin, Rixi Moncada, soutenue par Xiomara Castro, a défendu une ligne idéologique dure, prônant la poursuite et l’approfondissement du projet socialiste, malgré un contexte économique défavorable.
Des accusations d’ingérence américaine
Quelques jours avant le scrutin, Donald Trump avait publiquement déclaré que Nasry Asfura était « le seul candidat avec lequel l’administration américaine travaillerait ». Une prise de position qui a alimenté les accusations d’ingérence étrangère.
Salvador Nasralla conteste depuis plusieurs semaines les résultats, dénonçant une fraude électorale. Mercredi, il a accusé les autorités électorales d’avoir « trahi le peuple hondurien ». Dans un message publié sur X, il s’est directement adressé à Donald Trump, l’interpellant sur la transparence du processus électoral et appelant à un comptage intégral des votes.
Pour l’opposition, le soutien tardif de l’ancien président américain aurait influencé l’issue d’un scrutin extrêmement serré, suscitant de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale.
Un décompte controversé et des préoccupations internationales
Après vingt-cinq jours de dépouillement jugé chaotique, le Conseil National Électoral a finalement proclamé Nasry Asfura vainqueur avec 1 481 517 voix contre 1 455 169 pour Salvador Nasralla. Un écart minime qui alimente les tensions politiques.
Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains, Albert Ramdin, a exprimé ses préoccupations démocratiques, tout en prenant acte des résultats. Il a notamment critiqué l’annonce officielle alors que 0,07 % des votes restaient encore à comptabiliser.
Cette situation soulève une question centrale : dans un scrutin aussi serré, la prise en compte des derniers bulletins aurait-elle pu inverser l’issue de l’élection ?
Références
1. https://www.lemonde.fr › Au Honduras, Nasry Asfura remporte l’élection présidentielle grâce au soutien de Donald Trump/consulté le vendredi 26 décembre 2025.
2. https://www.revueconflits.com › Élections honduriennes de 2025 : la fin d’une illusion et le retour du pragmatisme conservateur/consulté le vendredi 26 décembre 2025.
3. https://fr.euronews.com › Honduras : Nasry Asfura, candidat soutenu par Trump, remporte l’élection présidentielle/consulté le vendredi 26 décembre 2025.
4. https://wws.courierinternational.com › Au Honduras, l’élection de Nasry Asfura est aussi “une victoire pour M. Trump”/consulté le vendredi 26 décembre 2025.
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