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Dans les rues bondées de la capitale et dans les provinces, le ronronnement des motocyclettes est devenu la bande sonore d’un pays en quête de survie. Pour une grande partie des jeunes haïtiens (garçons), la moto n’est plus un simple moyen de transport : c’est une planche de salut. Beaucoup d’entre eux, même après leurs études secondaires, n’ont d’autre issue que de devenir chauffeurs de taxi-moto.
Certains ont eu la chance de recevoir l’aide d’un parent ou d’un proche pour acheter leur propre engin. D’autres, moins fortunés, doivent louer la moto, versant chaque jour ou chaque semaine une somme fixe au propriétaire. Une situation qui les oblige souvent à passer de longues heures dans la rue pour espérer dégager un petit bénéfice. ” Il y a tellement de jeunes qui font le même travail que nous, que c’est devenu difficile de trouver des clients. Seuls les clients fidèles nous restent “, confie un jeune chauffeur rencontré devant une pompe à essence.
Une réalité imposée par les circonstances
Pour la majorité de ces jeunes, la conduite de moto n’est pas un choix de passion, mais une nécessité. Ils se lèvent avant l’aube, stationnent leurs motos devant les marchés, les écoles, les universités ou encore les églises, espérant une journée fructueuse.
Certains parents vivent cette situation avec amertume. Après avoir tout sacrifié pour offrir une éducation à leurs enfants, ils voient leurs efforts se résumer à une selle de moto. Pourtant, pour ces jeunes, c’est un travail digne : ils gagnent leur pain à la sueur de leur front.
Entre préjugés et dangers quotidiens
Le métier, toutefois, n’est pas sans risque. En Haïti, les chauffeurs de taxi-moto traînent une mauvaise réputation. Leur style vestimentaire, leur comportement parfois brusque et la multiplication des cas de banditisme associés à ce milieu alimentent la méfiance de la population. Beaucoup de citoyens hésitent encore à leur faire confiance.
À cela s’ajoutent les accidents de la route, fréquents et souvent dramatiques. Imprudence, surcharge ou absence d’équipement de sécurité en sont les principales causes. Malgré tout, les parents continuent à leur confier leurs enfants pour le transport scolaire, faute d’alternatives fiables.
Un combat pour l’avenir
Malgré la précarité du secteur et l’absence de politiques publiques pour encadrer ou soutenir ces jeunes, beaucoup refusent de baisser les bras. En attendant, ils continuent de se battre chaque jour pour subvenir à leurs besoins, aider leur famille et construire un avenir meilleur, casque sur la tête et mains sur le guidon, pour un lendemain incertain, mais qu’ils espèrent toujours meilleur. Mais sans un accompagnement réel de l’État par la création d’emplois, de formations professionnelles ou de programmes d’appui aux jeunes entrepreneurs , la moto risque de rester pour longtemps encore le seul moteur de survie d’une génération entière.
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