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L’insécurité croissante en Haïti n’épargne pas le secteur académique. Ce qui devait être des temples du savoir se transforme en laboratoires de la terreur. Les gangs armés, qui dictent leur loi dans plusieurs zones du pays, font régner un climat de peur, perturbant le fonctionnement des universités et mettant en péril la vie des étudiants et du personnel académique.
L’horreur a atteint un nouveau sommet le jeudi 13 mars : une jeune fille de 16 ans, étudiante à l’INAGHEI, a été victime d’un acte barbare. Selon des témoignages, elle a été contrainte de pratiquer une fellation sur des membres du gang de la coalition Viv Ansanm lors d’une attaque violente dans la capitale. Cet acte inhumain illustre l’impunité totale dans laquelle opèrent ces criminels, sans que l’État n’intervienne pour protéger les siens.
Les conséquences de cette crise sont désastreuses. Le viol, le meurtre, l’extorsion et la terreur sont devenus le quotidien de ceux qui aspirent à apprendre et à contribuer au développement du pays. Les bibliothèques se vident, les laboratoires se ferment et les salles de classe se transforment en champs de bataille.
Face à cette situation, les intellectuels haïtiens fuient le pays, cherchant à poursuivre leurs recherches dans un environnement plus sûr. Ceux qui restent peinent à enseigner dans des conditions misérables, tandis que les étudiants voient leur avenir compromis par la violence et l’instabilité.
La déliquescence des universités publiques est un miroir du déclin général de l’éducation en Haïti. Pour espérer un redressement, des réformes profondes s’imposent. Il est impératif de reprendre le contrôle des zones universitaires et de garantir la protection des étudiants et des enseignants. L’État doit investir dans l’éducation en mettant en place des infrastructures sécurisées et en fournissant les ressources nécessaires aux universités. Les organisations nationales et internationales doivent également jouer un rôle clé dans la reconstruction du secteur éducatif haïtien.
Les savants de demain ne pourront émerger que si le pays retrouve un semblant de stabilité. L’université doit redevenir un sanctuaire du savoir, de la pensée critique et du progrès, et non une cible facile pour la violence.
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