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Par-delà les promesses de rupture, c’est bel et bien la même logique néolibérale et soumise aux diktats impérialistes qui persiste sous le Conseil Présidentiel de Transition.
Alors que le prix du baril de pétrole chute de 3,89 % sur le marché international, les consommateurs haïtiens continuent de payer les carburants au tarif hérité du gouvernement d’Ariel Henry, un tarif qualifié de criminel par de nombreux syndicats, dirigeants politiques et organisations populaires. Ce statu quo, imposé depuis l’ère du PHTK, révèle la profonde inertie du système, malgré le départ officiel de ses figures emblématiques.
Le Conseil présidentiel de transition (CPT), coordonné en apparence par une figure “progressiste”, supportée par une partie de la gauche haïtienne, peine à convaincre d’une réelle volonté de rupture. Les ouvriers attendent toujours une revalorisation salariale, pourtant réclamée depuis des mois face à une inflation galopante. Les revendications sont ignorées, les négociations suspendues, comme sous les gouvernements précédents.
Des gangs en expansion, une crise de sécurité entretenue
Pendant ce temps, les gangs continuent de gagner du terrain. Des communes sont livrées à la violence armée, des routes sont bloquées, des populations déplacées, sans qu’aucune politique de sécurité cohérente ne soit mise en œuvre. Les mêmes méthodes d’inaction ou de collusion, longtemps reprochées à Jovenel Moïse et Ariel Henry, persistent aujourd’hui. Les gangs armés, jadis utilisés comme levier de contrôle politique, semblent encore bénéficier d’une complaisance tacite.
Résurection d’un référendum contesté
Autre ironie de la situation : le projet de référendum constitutionnel, fortement critiqué sous Jovenel Moïse, est discrètement remis sur la table. Sous couvert de “réformes institutionnelles”, le CPT semble reprendre à son compte les vieux rêves de concentration de pouvoir, au détriment d’un vrai processus démocratique et populaire. Là encore, les impératifs du peuple haïtien sont écartés au profit d’une réforme technocratique, pilotée depuis l’extérieur.
Corruption, duplicité, soumission
Des membres du CPT sont déjà indexés dans des affaires de corruption, sans que cela n’entraîne la moindre enquête sérieuse. Le peuple haïtien assiste, impuissant, à la reconduction d’un pouvoir opaque, complice des intérêts étrangers, indifférent aux souffrances quotidiennes.
Derrière le décor d’un changement politique, c’est la même politique de pillage, au service des institutions internationales, des grandes ambassades, et de l’élite économique locale, qui se poursuit. La population continue de payer au prix fort l’impunité, la dépendance et le mépris d’un système façonné depuis plus d’une décennie par le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK).
La transition annoncée n’est qu’un mirage. Elle reconduit, avec de nouveaux visages, une même logique d’exclusion, de soumission aux diktats impérialistes, et de mépris pour les revendications populaires. Plus que jamais, le peuple haïtien est en droit d’exiger une véritable rupture, non pas dans les discours, mais dans les actes.
Par: Lominy EDMOND
Journaliste rédacteur, avocat au barreau de Petit-goâve, Psycho-énergéticien.
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