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Haïti pleure l’un de ses plus grands génies artistiques. Frankétienne, de son vrai nom Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, est décédé ce jeudi 20 février 2025 à son domicile de Delmas, à l’âge de 89 ans. Figure emblématique de la littérature, de la peinture et du théâtre haïtien, il laisse derrière lui une œuvre immense qui a marqué plusieurs générations.
Né le 12 avril 1936 à Ravine-Sèche, dans le département de l’Artibonite, Frankétienne a grandi dans un milieu rural créolophone avant de se rendre à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti pour poursuivre ses études. Son immersion dans la langue française ne l’a jamais éloigné de sa passion pour le créole, qu’il défendra toute sa vie comme un élément central de l’identité haïtienne. Il devient plus tard enseignant et directeur d’école, contribuant ainsi à la formation intellectuelle de nombreux jeunes.
Artiste aux multiples talents, il s’est distingué aussi bien en littérature qu’en peinture et en musique. Il est surtout connu comme le créateur du mouvement « Spiraliste », une approche littéraire caractérisée par une écriture tourbillonnante et une réflexion profonde sur la complexité du monde, influencée par Les Chants de Maldoror de Lautréamont.
Son roman Dézafi, publié en 1975, est une œuvre pionnière de la littérature créole haïtienne. Ce récit, qui explore les réalités sociopolitiques du pays à travers une écriture vibrante et imagée, a été réédité en français en 2010, élargissant ainsi son impact à un public international. En 2017, Dézafi a été mis à l’honneur lors de la quatrième édition du Marathon du Livre à Petit-Goâve, témoignant de son importance dans le patrimoine littéraire haïtien.
Outre son travail d’écrivain, Frankétienne s’est illustré dans les arts visuels. Ses peintures, souvent marquées par des spirales et des couleurs éclatantes, traduisent sa vision tourmentée mais profondément poétique du monde. Son engagement culturel ne s’arrêtait pas là : il était aussi un musicien et un dramaturge prolifique, utilisant chaque médium pour exprimer son amour pour Haïti et ses questionnements existentiels.
Son talent et son engagement lui ont valu de nombreuses distinctions. En 2010, il a été Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en France et a reçu le titre d’Artiste de l’UNESCO pour la paix. Ces reconnaissances internationales ont consacré son rôle d’ambassadeur de la culture haïtienne à travers le monde, bien qu’il ait toujours privilégié un ancrage profond dans sa terre natale.
Sa disparition marque la fin d’une ère pour la culture haïtienne. Penseur visionnaire, il a révolutionné la littérature, la peinture et le théâtre en Haïti, imposant son style unique et son engagement indéfectible envers son pays. À travers ses œuvres, il a su exprimer les tourments, les espoirs et la résilience du peuple haïtien. Son héritage indélébile continuera de traverser le temps, inspirant les générations futures et nourrissant l’âme artistique d’Haïti.
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