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Un Conseil présidentiel en quête de légitimité
Depuis la mise en place du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) en mai 2024, Haïti espérait amorcer une sortie de crise après des années d’instabilité politique. Composé de 9 membres issus de divers secteurs de la société, le CPT avait pour mission de restaurer l’ordre sécuritaire et de préparer des élections libres. Cependant, plus d’un an après sa création, cette structure établie par la communauté internationale peine à asseoir sa légitimité. Les critiques fusent quant à son manque de transparence, son incapacité à prendre des décisions consensuelles et son éloignement des préoccupations de la population. Des observateurs soulignent que le CPT, censé être une instance de transition, est devenu un symbole de l’immobilisme politique.
La tenue d’élections est l’une des principales missions du CPT. Pourtant, l’insécurité généralisée, notamment dans la capitale Port-au-Prince, rend cette tâche quasi impossible. Les groupes armés contrôlent une grande partie très stratégique du territoire, rendant difficile l’organisation de scrutins libres et équitables. Les tentatives du gouvernement pour reprendre le contrôle de la situation, comme l’utilisation de drones Kamikazes, ont suscité des controverses et des inquiétudes quant aux violations des droits humains. De plus, la population, épuisée par des années de violence et de promesses non tenues, manifeste un désintérêt croissant pour le processus électoral.
La place des femmes dans la transition politique
Par ailleurs, malgré les discours en faveur de l’inclusion, les femmes restent largement sous-représentées dans le processus de transition. Le CPT ne compte qu’une seule femme, qui n’est même pas parmi les membres votants. Les postes clés du gouvernement sont majoritairement occupés par des hommes. Cette exclusion va à l’encontre des engagements internationaux d’Haïti en matière d’égalité des sexes. Des organisations féministes dénoncent cette situation et appellent à une participation pleine et entière des femmes à la vie politique. Elles soulignent que sans une représentation équitable, la transition risque de reproduire les mêmes schémas d’exclusion et d’injustice.
Vers une sortie de crise ?
La situation actuelle en Haïti est alarmante. Le CPT, censé être un instrument de transition, semble incapable de répondre aux défis auxquels le pays est confronté. L’insécurité persistante, l’absence de perspectives électorales claires et l’exclusion des femmes du processus politique compromettent les espoirs d’un retour à la stabilité. Pour sortir de cette impasse, une refondation du processus de transition serait nécessaire, avec une participation inclusive de tous les secteurs de la société, notamment les femmes, et un engagement réel en faveur de la sécurité et de la démocratie, estiment des observateurs.
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