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Alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), dirigé par Laurent Saint-Cyr, prône la tenue prochaine d’un scrutin, une réalité incontournable persiste : une large partie de la population haïtienne n’est toujours pas dotée d’une carte d’identité. Dans ces conditions, peut-on parler d’électron ou de la démocratie sans assurer la détention de carte d’identité nationale pour les citoyens ?
Depuis plusieurs années, la délivrance des cartes d’identité connaît de sérieux retards, liés à des problèmes techniques, un manque de volonté politique et des dysfonctionnements au sein de l’Office National d’Identification (ONI). Conséquence : des milliers de citoyens en âge de voter sont exclus du système électoral. Or, sans carte, pas d’inscription sur les listes électorales, donc pas de vote. Organiser des élections sans résoudre la question de l’identification revient à planifier un scrutin excluant, injuste et peu représentatif.
Malgré les annonces du CPT, 85 % des centres de vote identifiés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP), 70 % du personnel électoral mobilisé, et un financement de 60 millions de dollars, la réalité sur le terrain est bien différente. Selon les données disponibles, plus de 600 000 personnes inscrites dans la base de l’ONI n’ont toujours pas reçu leur carte d’identification nationale. Et ce chiffre pourrait être bien plus élevé si l’on prend en compte les citoyens non encore enregistrés.
Cependant, aucune mesure concrète n’a été annoncée pour remédier à cette situation avant l’échéance électorale prônée. Ignorer ce problème revient à organiser une parodie de démocratie, où des centaines de milliers d’Haïtiens resteront invisibles aux urnes.
Annoncer des élections sans garantir l’accès universel à la carte d’identification nationale, « c’est maquiller un profond dysfonctionnement institutionnel sous des promesses démocratiques creuses», croient certains observateurs. Tant que des milliers d’Haïtiens resteront invisibles aux yeux de l’État, la démocratie pourrait rester hors de portée.
Alors qu’en aucun pays du monde, le droit de vote n’est pas un luxe, mais un droit fondamental, Haïti risque une fois de plus de simuler une élection dans un pays où l’électeur n’existe même pas sur papier.
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