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Alors que la crise sécuritaire et institutionnelle atteint un niveau inédit, l’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) interpelle le gouvernement de transition sur la gravité de la situation nationale. Dans une note adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et au Conseil Présidentiel de Transition, l’organisation dénonce l’effondrement progressif de l’État haïtien, devenu incapable d’assurer la sécurité publique, la justice et la protection des droits fondamentaux. Les chiffres publiés par l’institution sont accablants : plus de 3 000 morts et 1 500 enlèvements entre janvier 2024 et septembre 2025, tandis que plus de 80 % de la capitale est sous l’emprise de groupes armés.
Les zones comme Martissant, Croix-des-Bouquets, Carrefour-Feuilles et Cité Soleil échappent à tout contrôle étatique. Les forces de l’ordre, démunies et démoralisées, peinent à endiguer la violence. Les tribunaux, eux, tournent au ralenti, minés par les menaces et les assassinats d’acteurs judiciaires. Pour l’INDDESC, cette déliquescence traduit la disparition d’un État régulateur, remplacé par un ordre parallèle fondé sur la peur. Les droits humains sont piétinés : droit à la vie, à la sécurité, à la santé et à l’éducation ne sont plus garantis, en violation flagrante de la Constitution de 1987 et des conventions internationales signées par Haïti.
Le rapport dénonce également l’échec du gouvernement de transition dans ses principales missions : restaurer l’ordre public, garantir la transparence administrative et organiser des élections crédibles. Pire encore, l’INDDESC pointe du doigt le scandale du référendum constitutionnel annulé, qualifié de “gaspillage inacceptable” de fonds publics. Selon Me Frédo Jean Charles, président de l’institution, cette tentative illégitime et arbitraire a symbolisé “le mépris des priorités nationales et le déficit de légitimité politique du pouvoir actuel.”
Face à cette situation, l’INDDESC appelle à un sursaut collectif et à la refondation morale de l’État. L’organisation exige l’adoption urgente d’un plan national de sécurité, d’un programme d’aide aux déplacés et d’un calendrier électoral clair élaboré avec la société civile. À l’approche de février 2026, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. Pour l’institution, seule une responsabilité partagée et une gouvernance transparente permettront d’éviter l’effondrement définitif de la République.
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