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Trump II : retour d’un homme d’affaires au pouvoir
Avant son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump n’avait cessé d’affirmer qu’il aurait pu mettre fin à la guerre en Ukraine en seulement 24 heures. Après avoir battu Kamala Harris lors des élections de 2024, son investiture a été marquée par un enchaînement de décisions fortes, parmi lesquelles la signature de nombreux décrets au profit de son pays. Le président américain, qui a échappé à deux tentatives d’assassinat, a déclaré dans son discours d’investiture qu’il avait survécu pour “sauver l’Amérique”.
Malgré les 34 accusations judiciaires dont il a fait l’objet, Trump a retrouvé le pouvoir pour un second mandat, promettant de durcir sa politique migratoire avec la plus grande vague de déportations de l’histoire américaine. Son slogan “America First” reste au cœur de son programme, illustrant sa vision nationaliste et économique.
Convoitise américaine et enjeux géopolitiques
L’Ukraine, riche en minerais stratégiques comme le titane, le graphite et les terres rares, constitue un enjeu majeur dans la politique étrangère américaine. Trump a ouvertement exprimé son désir d’obtenir quelque chose en retour des 500 milliards de dollars investis dans l’aide à Kiev, notamment en accédant aux ressources minières ukrainiennes. Il n’a pas hésité à envisager l’achat de ces minerais, y compris auprès de la Russie, ce qui a immédiatement suscité des tensions diplomatiques.
Face à cette approche transactionnelle, Vladimir Poutine a répliqué en mettant en avant la supériorité des réserves russes de terres rares par rapport à celles de l’Ukraine. Pendant ce temps, les dirigeants européens ont multiplié les visites à Washington pour plaider en faveur du soutien à l’Ukraine. Emmanuel Macron, Keir Starmer et Volodymyr Zelensky ont tenté de convaincre Trump de maintenir son engagement, mais la situation a rapidement dégénéré.
Lors d’une rencontre tendue à Washington le vendredi 28 février 2025, une dispute télévisée entre Trump et Zelensky a illustré la fragilité des relations américano-ukrainiennes. Le président américain a accusé son homologue ukrainien d’être “ingrat” et de “jouer avec la Troisième Guerre mondiale”, avant d’annoncer l’annulation d’un accord sur les ressources minières.
Une ambition expansionniste assumée
Quelques semaines plus tôt, Trump avait déclaré vouloir faire du Canada le 51ᵉ État américain, ravivant un vieux rêve expansionniste qui remonte à la guerre de 1812. Si cette déclaration a suscité de vives réactions, elle s’inscrit dans une logique plus large de redéfinition des alliances américaines. Peu après, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a rencontré Trump avant d’annoncer son intention de quitter son poste, un événement qui alimente les spéculations sur une possible pression exercée par Washington.
Le président américain convoite également le Groenland, une île stratégique appartenant au Danemark. Sur son réseau Truth Social, il a affirmé que sa prise de contrôle était « une nécessité absolue pour la sécurité nationale des États-Unis ». Dans la même veine, il a déclaré vouloir « reprendre le contrôle du canal de Panama », un point névralgique du commerce mondial.
Le rapport de force avec l’Europe
L’approche de Trump vis-à-vis de l’Europe repose sur un bras de fer économique et politique. Il a annoncé son intention d’imposer des droits de douane de 25 % sur les produits européens, dénonçant une Union Européenne créée « pour entuber les États-Unis ». Cette déclaration a immédiatement suscité une réponse du Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a rappelé que l’UE avait été fondée pour garantir la paix.
En parallèle, Trump a écarté toute possibilité d’intégration de l’Ukraine à l’OTAN, affirmant que l’Europe devait assumer davantage sa propre sécurité. Or, l’article 5 de l’Alliance stipule qu’une attaque contre un membre engage la défense collective. En minimisant son engagement envers l’OTAN, Trump inquiète ses alliés européens et pousse ces derniers à envisager d’autres alternatives sécuritaires.
Le revirement de la politique étrangère américaine sous Trump II illustre une vision purement pragmatique des relations internationales. Comme l’avait souligné Charles de Gaulle, « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Face à une administration américaine imprévisible, les alliés des États-Unis, notamment les membres de l’OTAN et de l’Union Européenne, devraient repenser leur stratégie. L’avenir de l’ordre mondial dépendra de leur capacité à s’adapter à ce nouveau paradigme, où le rapport de force prévaut sur les engagements traditionnels.
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