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Le deuxième dimanche du mois de juin est officiellement reconnu comme la Fête des enfants en Haïti. Cette célébration, instaurée par une loi votée le 9 mai 1960, et publiée le 23 juin de la même année, est devenue une tradition ancrée dans les pratiques religieuses et sociales du pays.
Dans les milieux ecclésiastiques, ce sont les enfants qui assurent le déroulement des services avec le soutien des responsables. Dans les quartiers, des animations sont organisées en leur honneur : petites fêtes, cadeaux, friandises, tout est mis en œuvre pour faire briller des sourires sur leurs visages. Bien souvent, le “big boss” de la zone, généralement une figure d’autorité locale, se charge d’offrir des présents, dans une atmosphère conviviale et festive.
Mais derrière cette apparente joie, une question fondamentale persiste : que fêtons-nous exactement, lorsque la majorité de nos enfants sont privés de leur droit à l’éducation, à la sécurité, et à la dignité ?
Une fête sans école
En 2025, alors que le pays traverse une crise sécuritaire aiguë, les chiffres sont alarmants. Selon un rapport de l’UNICEF publié en février 2025, près de 70 % des enfants en Haïti n’ont pas accès à l’éducation. Une réalité accablante qui devrait inciter l’État à transformer cette fête en journée nationale de réflexion sur la condition de l’enfance.
Un enfant ne devrait pas uniquement recevoir des jouets ce jour-là. Il mérite aussi des livres, des cahiers, des crayons, des outils qui nourrissent la tête et préparent l’avenir. Le célèbre proverbe haïtien dit bien : “Timoun jodi a, granmoun demen”. Mais que deviendront ces grands de demain si, aujourd’hui, leurs têtes sont vides d’instruction et leur quotidien rempli de précarité ?
Des enfants sans toit, sans voix
Dans les rues, nombreux sont les enfants qui dorment à la belle étoile, sans abri, sans sécurité, sans avenir. Pourtant, ce dimanche-là, ils “fêtent”… du moins en apparence. En réalité, beaucoup souffrent même le jour de leur fête, pas de repas chaud, pas de vêtements décents, pas de moment d’insouciance comme tant d’autres enfants à travers le monde.
L’État devrait agir, pas seulement applaudir
Face à une telle réalité, l’État haïtien ne pourrait continuer à se contenter de laisser la fête se dérouler dans les quartiers, sans engagement réel. Il devrait assumer sa responsabilité de garant des droits de l’enfant, en investissant dans :L’éducation gratuite et accessible, comme dans la sécurité scolaire.
Le soutien aux fondations et associations, qui œuvrent avec passion en faveur de l’enfance, comme la Fondation de Frère Luckson “Zòn pa fè moun”, entre autres.
Une célébration qui doit être un engagement
Fêter les enfants, c’est bien. Mais les accompagner, les éduquer, les protéger, et les valoriser, c’est encore mieux. Il ne suffit pas de les faire danser un jour par an, il faudrait leur offrir les conditions nécessaires pour qu’ils puissent rêver, apprendre, grandir.
En cette Fête des enfants, rappelons-nous que la vraie fête commence dans la tête, une tête remplie de savoir, de confiance en soi, et d’espérance.
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