Fête de l’agriculture et du travail 2025: Le Sud-est célèbre la résilience agricole autour du manioc

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Dans une ambiance festive et engagée, la Direction Départementale Agricole du Sud-Est (DDASE) et la Table de Concertation du Secteur Agricole du Sud-Est (TCSASE) ont célébré avec éclat la fête nationale de l’agriculture et du travail, à Jacmel ce jeudi 1er mai 2025.
Avec la principale thématique « Kilti manyòk ka ede kont ensekirite alimantè ak chanjman klimatik », les organisateurs ont placé le manioc, culture traditionnelle, au centre des débats comme une solution locale face aux grands défis de l’heure.

Deux journées de réflexions avant le grand lancement

En amont des festivités, les 28 et 29 avril derniers, deux journées de conférences ont été organisées à Jacmel. Chercheurs, agronomes, paysans et représentants d’organisations agricoles se sont réunis pour débattre et partager leurs expériences autour de la culture du manioc. Parmi les personnalités phares de ces assises, l’agronome Scutt Ricot, responsable de recherche au sein du bureau agricole du Sud-Est, a captivé l’auditoire par ses interventions.

Quelques responsables agricoles dans le département du Sud-Est.


Selon lui, « le manioc n’est pas seulement une plante vivrière. C’est une culture stratégique qui offre une véritable alternative face aux sécheresses répétées et à la dégradation des sols. Sa valorisation peut devenir un levier pour assurer la sécurité alimentaire dans nos communautés et renforcer leur capacité à faire face au changement climatique ».

Les débats ont également porté sur les techniques modernes de production, la transformation agro-industrielle du manioc et les perspectives d’exportation des produits dérivés. Ces échanges ont permis de raviver l’intérêt des agriculteurs pour une culture parfois négligée, mais dotée d’un fort potentiel économique et écologique.

Une foire agricole grandiose à Jacmel

Le 30 avril, la DDASE et la TCSASE ont donné le coup d’envoi de la foire agricole, prélude aux festivités du 1er mai. La mairie de Jacmel, parée pour l’occasion, a accueilli une exposition riche et variée, mettant en lumière la diversité et la richesse de l’agriculture du Sud-Est. Racines, tubercules, fruits, légumes, semences améliorées, plants forestiers, mais aussi des produits transformés à base de manioc tels que le cassave, la farine, les biscuits et même des boissons énergétiques étaient fièrement exposés.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le directeur du bureau agricole, Adler Laffleur, a salué la mobilisation de tous les acteurs du secteur agricole. « Cette foire est plus qu’un simple événement, c’est une vitrine du savoir-faire de nos producteurs et une opportunité pour le grand public de redécouvrir le potentiel de notre agriculture locale, notamment à travers la culture du manioc qui peut répondre à nos défis actuels », a-t-il déclaré.

Une mobilisation au-delà de Jacmel

Il est important de noter que le bureau agricole du Sud-Est n’a pas été le seul à marquer cette journée historique. D’autres communes du département, comme Belle-Anse, Marigot et La Vallée, ont également organisé des foires agricoles et des activités culturelles pour célébrer le 1er mai. Cette dynamique témoigne de l’engagement des communautés rurales à promouvoir l’agriculture comme pilier du développement économique local.

Le manioc : une culture d’avenir pour Haïti

Dans un contexte où l’insécurité alimentaire s’aggrave en Haïti, notamment en raison de la crise socio-politique et des effets du changement climatique, la relance de la culture du manioc apparaît comme une piste sérieuse. Résistant à la sécheresse, peu exigeant en intrants, et doté d’une valeur nutritionnelle appréciable, le manioc est de plus en plus considéré par les experts comme un « super-aliment » capable de contribuer à la souveraineté alimentaire nationale.

L’agronome Scutt Ricot l’a d’ailleurs martelé lors de ses interventions : « Si nous accompagnons nos producteurs avec des variétés améliorées, des formations et un meilleur accès aux marchés, le manioc peut devenir une réponse structurante à nos défis alimentaires et climatiques. Il est temps de redonner à cette culture la place qu’elle mérite dans nos politiques agricoles ».

Une fête, mais aussi un appel à l’action

Au-delà des festivités et de l’effervescence qui a animé la mairie de Jacmel en ce 1er mai 2025, cette fête de l’agriculture et du travail a surtout résonné comme un appel à l’action. Les autorités agricoles, les organisations paysannes, les chercheurs et les partenaires techniques sont unanimes : il faut investir davantage dans la recherche, la formation et la valorisation des cultures résilientes comme le manioc pour bâtir une agriculture capable de nourrir la nation et de résister aux chocs climatiques.

Ainsi, cette célébration ne se limite pas à un hommage aux travailleurs de la terre, mais s’affirme comme une étape cruciale dans le processus de transformation du secteur agricole du Sud-Est et, plus largement, d’Haïti.

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